Au lendemain de la diffusion de la photo d'Ali Shouaib vêtu d'un uniforme du Hezbollah, l'armée israélienne avait effectivement admis avoir partagé une image "éditée" du journaliste. Trois journalistes libanais ont été tués dans une frappe israélienne sur une voiture à Jezzine (Liban), le 28 mars 2026. (AHMED KADDOURA / ANADOLU / AFP) L'Association de la presse étrangère à Jérusalem, FPA, a accusé mercredi 15 avril l'armée israélienne d'avoir tenté de discréditer un journaliste libanais tué en mars en diffusant une "fausse" image générée par intelligence artificielle, le montrant vêtu d'un uniforme du Hezbollah pro-iranien. Au lendemain de sa publication, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée, avait reconnu sur X que l'image avait été "éditée" et en avait diffusé une autre, peu nette, censée être une photo d'Ali Shouaib "portant un uniforme du Hezbollah"."Bien que l'armée ait apporté une clarification au sujet de la [première image], celle-ci n'aurait jamais dû être diffusée", étant donné qu'elle est "fausse", a dénoncé mercredi la FPA, qui représente plusieurs centaines de journalistes couvrant Israël et les Territoires palestiniens pour des médias étrangers. "Lors des guerres récentes, il est devenu courant que l'armée israélienne cherche à discréditer des journalistes et à semer le doute en diffusant des informations inexactes et en formulant des accusations sans fournir de preuves claires", a-t-elle ajouté dans un communiqué.L'armée israélienne n'a fourni aucune preuve à l'appui de l'accusation visant le journaliste, et publié sur X une image montrant Ali Shouaib portant un gilet dont l'inscription presse est à moitié recouverte d'une version retravaillée de la même photo le montrant vêtu d'un uniforme du Hezbollah. La légende affirme que "le gilet de presse n'était qu'une couverture pour le terrorisme".Trois journalistes libanais, dont Ali Shouaib, correspondant d'Al-Manar, chaîne de télévision du mouvement islamiste, ont été tués le 28 mars par une frappe israélienne sur leur voiture dans la région de Jezzine, dans le sud du Liban. L'armée israélienne avait revendiqué peu après la frappe et la mort du correspondant, le qualifiant de "terroriste de l'unité de renseignement de la force al-Radwan", unité d'élite du Hezbollah, opérant "sous le couvert d'un journaliste".