La mort de l'ancien Premier ministre socialiste
Lionel Jospin, dimanche 22 mars, laisse orpheline la « gauche plurielle » dans un paysage politique plus morcelé que jamais, qui a rendu hommage à « un homme d'État » à la « conception élevée de l'action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité ». Publié le : 23/03/2026 - 11:37Modifié le : 23/03/2026 - 11:51 3 min Temps de lecture L'ancien Premier ministre
Lionel Jospin (à droite) aux côtés de
François Hollande lors de la campagne présidentielle victorieuse de ce dernier en 2012. AFP - PASCAL PAVANI Décrivant sa « tristesse »,
Jean-Luc Mélenchon, à qui
Lionel Jospin avait mis le pied à l'étrier en le nommant ministre entre 2000 et 2002, a rendu hommage à « un modèle d'exigence et de travail ». « Il restera l'homme des 35 heures, de l'alliance rouge rose vert, du refus de toucher à l'âge de départ à la retraite. Et une présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive », a encore déclaré le leader insoumis. À lire aussiLionel Jospin, ancien Premier ministre et grande figure de la gauche française, est mort Alors que l'échiquier politique est plus polarisé que jamais et que les gauches semblent être devenues « irréconciliables »,
Lionel Jospin reste celui qui a permis à une « gauche plurielle », réunissant socialistes, écologistes et communistes, de gouverner et de multiplier des réformes emblématiques. Celui qui se définissait lui-même comme un « austère qui se marre » a mené ce rassemblement à la victoire surprise des élections législatives de 1997, convoquées par le président
Jacques Chirac après une dissolution censée au contraire conforter son pouvoir. Mais il n'avait pas réussi à transformer l'essai. Et coup de tonnerre le 21 avril 2002 : c'est
Jean-Marie Le Pen qui s'était qualifié au second tour de la présidentielle, en duel contre
Jacques Chirac. « Un homme d'État » comme on n'en voit plus beaucoup « C'était un homme d'État et je n'en vois pas beaucoup aujourd'hui, à droite comme à gauche, c'était un véritable homme de gauche, c'est-à-dire d'une gauche qui, bien sûr, a des valeurs », a souligné
Martine Aubry, qui était la numéro 2 du gouvernement entre 1997 et 2002. Exprimant son « immense affection » et son « admiration » pour l'homme, l'ancienne maire de Lille a loué sa « puissance de pensée ». L'ancien président
François Hollande, très proche de
Lionel Jospin et qui était premier secrétaire du Parti socialiste (PS) pendant son séjour à Matignon, a salué un « homme engagé » qui avait fait preuve de sa « conception élevée de l'action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité ». Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire (PS), a, quant à lui, « dédié » sa victoire à l'ancien Premier ministre, ancien député de Paris, à qui « nous devons tant ». « Lionel a été une figure tutélaire pour plusieurs générations, et a inlassablement ouvert la voie. » Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité. « Monstre sacré de la gauche » pour Marine Tondelier (Écologistes), « dernière apparition d'un homme de gauche au pouvoir prenant des mesures radicales comme les 35 heures », pour Manuel Bompard (LFI) : bien au-delà du PS, les personnalités de gauche saluent un homme qui a porté une génération de responsables politiques. «
Lionel Jospin est celui qui nous a accompagnés pendant toutes ces années, qui a été celui qui a permis à une génération de gouverner, à une autre génération, la mienne, de se former », a déclaré son lointain successeur à la tête du PS, Olivier Faure, vantant « une référence ». « Un grand destin français » pour Macron Même à droite et au centre, la figure morale de
Lionel Jospin a été saluée. Le président Emmanuel Macron a vanté un « grand destin français », rendant hommage à la « rigueur », au « courage » et à l'« idéal de progrès » de l'ancien Premier ministre. Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité. « Il emmène avec lui une part de la gauche laïque, attachée à l'universalisme républicain », a également réagi sur X le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), quand son homologue à l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, vantait un homme « respecté au-delà de sa famille politique pour son intégrité et son sens de l'État ». Reconnaissant « un adversaire politique », Marine Le Pen a également rendu hommage à « un homme de gauche intègre ». Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail