"Monsieur Doucet, vous avez l'écharpe de maire, mais vous n'avez plus toutes les clefs de la ville" le ton est donné entré
Jean-Michel Aulas et
Grégory Doucet. Le maire réélu a reçu l’écharpe tricolore des mains de
Jean-Michel Aulas lors de l’installation du nouveau conseil municipal. Un geste chargé de symbole, rapidement suivi par l'ouverture des hostilités par le nouveau chef de l'opposition. Résultats des élections municipales 2026 C'est groupés, en arrivant à pied par la rue de la République, que les 46 élus de la majorité de gauche arrivent à l'hôtel de ville de
Lyon vers 13h20 ce vendredi. Le maire
Grégory Doucet affiche un large sourire, après avoir sauvé son siège d'une courte tête dimanche avec 50,67% des voix. Les 46 élus de la majorité sont arrivés groupés par la rue de la République à
Lyon, le 27 mars 2026. • © FTV/Arnaud JACQUES Aux abords de la salle du conseil municipal de
Lyon, avant la séance, les élus de tous bords sourient, laissant les crispations de la campagne des municipales derrière eux. C'est
Jean-Michel Aulas, doyen du conseil, qui doit remettre l'écharpe de maire à son rival
Grégory Doucet. Un moment attendu par une soixantaine de journalistes en salle de presse. L'ex-président de l'OL fait dans la métaphore sportive pour en parler.Ce que fait le doyen est parfaitement républicain. Être doyen, c'est faire preuve de sagesse et d'expérience. Et au gré des expériences, on connaît des succès et des défaites qu'il faut apprendre à contourner.
Jean-Michel Aulas, conseiller municipal à
Lyon Jean-Michel Auas est arrivé au côté du maire du 2e arrondissement
Pierre Oliver. • © FTV/Arnaud JACQUES Le rôle clé du doyen dans la séanceAprès un mot introductif,
Grégory Doucet la parole à
Jean-Michel Aulas, en tant que doyen de l'assemblée. C’est en effet à l'élu le plus âgé de prendre la présidence de ce nouveau conseil municipal. Il organise le vote, supervise le scrutin et proclame le résultat. Ce rôle s’appuie sur un article du Code général des collectivités territoriales, qui encadre l’élection du maire, explique
Jean-Michel Aulas en ouvrant la séance. Le nouveau conseiller municipal procède à l'appel et écorche les noms de ses opposants comme
Audrey Hénocque ou
Valentin Lungenstrass. "Il y a un reflet, j'ai du mal à lire" s'excuse
Jean-Michel Aulas.L'ex-président de l'OL demande aux élus de voter pour leur maire à bulletin secret. Le scrutin est une formalité,
Grégory Doucet étant le seul à être candidat. Après ce vote,
Grégory Doucet redevient maire de
Lyon avec 46 voix.. Dans la foulée,
Jean-Michel Aulas remet respectueusement l'écharpe à son adversaire politique. Par tradition, le doyen devient celui qui incarne cette transition. Mais l'attitude républicaine s'est arrêtée là pour l'opposition, dont les bancs n'ont pas applaudi le nouveau maire. Le maire de
Lyon, Gregory Doucet, récemment réélu, assiste à la séance inaugurale du conseil municipal à
Lyon, le 27 mars 2026. • © OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP Dans son discours pour ce nouveau mandat,
Grégory Doucet a rappelé ses promesses sur la garantie municipale des loyers, l'accès aux soins avec le "déploiement de centres de santé" et la mise en place d'une "mutuelle municipale". En matière de sécurité, l'édile souhaite renforcer sa police municipale pour lutter entre autres contre le "narcotrafic" et les violences faites aux femmes.Il demande au conseil municipal de "regarder lucidement le défi climatique", et promet de continuer à végétaliser la ville et les cours d'écoles, de "laisser sa place à l'eau et à l'air".Avec ce nouveau mandat,
Grégory Doucet parle de l'ouverture d'une "page institutionnelle inédite, avec deux majorités (à la ville et à la métropole) aux formations politiques distinctes". Lui dit ne pas y voir de raison de blocage contrairement à d'autres. "Les habitantes et habitants de
Lyon n'attendent pas une guerre de compétences, mais que chacun assume son rôle".Une relation sous tension pendant la campagneCette scène de remise de l'écharpe prend une résonance particulière à
Lyon. Ces derniers mois, les relations entre
Grégory Doucet et
Jean-Michel Aulas se dégradent pendant la campagne pour les élections municipales. Les candidats s'écharpent sur les embouteillages à
Lyon créés lors du mandat des écologistes, ou le "grand projet du passé" d'un méga tunnel défendu par Aulas, et pour finir sur une affiche rouge distribuée par l'ancien président de l'OL sur "l'alliance de la honte" entre les écologistes et LFI."La campagne a été agressive et difficile à supporter, avoue Jena-Michel Aulas qui se veut malgré tout bon joueur. À l'arrivée on a une situation que beaucoup voudraient avoir. Notre formation a la présidence à la métropole et la principale opposition à la ville".La promesse d'un nouveau bras de ferGrégory Doucet passe ensuite la parole à
Jean-Michel Aulas, avec la casquette de chef de file de l'opposition cette fois.Je mentirais si je vous disais que j'aurais imaginé cette scène. Vous à cette place et moi à la mienne. Vous non plus, avouez-le.
Jean-Michel Aulas, élu d'opposition à Grégory DoucetL'ancien candidat s'appuie sur la majorité fragile de
Grégory Doucet, qui a été élu au second tour grâce à une fusion technique avec LFI, qui se retrouve avec une métropole de l'autre camp. "Nous entrons dans l'ère de la concertation obligatoire et du dialogue inévitable. Vous n'avez plus toutes les clés de la ville. Les Lyonnaises et les Lyonnais vous ont placé sous tutelle démocratique." La bienveillance du doyen n'aura pas fait long feu. La nouvelle majorité d'union de la gauche au conseil municipal de
Lyon, le 27 mars 2026. • © FTV/Arnaud JACQUES De son côté,
Grégory Doucet estime attaquer ce nouveau mandat sereinement et avoir "déjà sollicité une entrevue avec Véronique Sarselli", la nouvelle présidente de la Métropole. "Nous avons deux collectivités distinctes, avec des prérogatives qui leur sont propres, il faut collaborer."