BFM-EconomiePublié aujourd'hui à 09h32 Lire dans l'appLe maire du Havre Édouard Philippe, le dimanche 22 mars 2026. - BFMTVUn sondage publié ce week-end par
BFMTV et La Tribune Dimanche place Édouard Philippe en tête des candidatures de la droite et du centre face à
Jordan Bardella. L’ancien Premier ministre, redevenu maire du Havre, apparaît aujourd’hui comme le mieux placé dans son camp. Faut-il y voir l’émergence d’un favori crédible à un peu plus d’un an de l’échéance présidentielle?Le parcours récent d’Édouard Philippe invite à la prudence. Après un net recul en fin d’année, sa réélection au Havre lui a offert un point d’appui politique non négligeable. Il est, à ce stade, le seul candidat déclaré à avoir affronté le verdict des urnes dans un scrutin local récent. Surtout, il est le seul à se situer dans une fourchette de 20 à 25% d’intentions de vote au premier tour.L’Edito de Raphaël Legendre : Élysée, beaucoup de candidats... aucune idée - 30/053:43Ce niveau reste toutefois très inférieur à celui de
Jordan Bardella, qui domine largement les enquêtes d’opinion, autour de 35 à 38%. Mais il place Édouard Philippe nettement devant ses concurrents potentiels, qu’il s’agisse de
Gabriel Attal ou de
Gérald Darmanin, tous deux cantonnés sous la barre des 10 à 12%.Ces écarts suffisent-ils à structurer durablement la compétition? Rien n’est moins sûr. À près de 400 jours du scrutin, la campagne reste largement ouverte. L’histoire de la Ve République incite d’ailleurs à la retenue: sur neuf Premiers ministres candidats à l’élection présidentielle, seuls
Georges Pompidou et
Jacques Chirac sont parvenus à accéder à l’Élysée. D’autres, pourtant donnés favoris — Édouard Balladur,
Lionel Jospin,
François Fillon ou encore Alain Juppé — ont échoué, parfois à la veille de la victoire annoncée.Dans ce contexte, l’hypothèse d’un duel entre Édouard Philippe et
Gabriel Attal attire déjà l’attention. Mais cette focalisation sur les personnes tend à masquer une faiblesse plus profonde: l’absence de débat de fond. À ce stade, ni l’un ni l’autre n’a véritablement formulé de propositions structurantes ni esquissé de vision économique ou sociale d’ensemble.Absence de capCertes, les campagnes électorales ne se gagnent pas uniquement sur des programmes. Mais peut-on durablement s’en dispenser? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que la France traverse une phase de fragilisation économique. L’érosion du pouvoir d’achat, le ralentissement de la croissance et l’absence de cap stratégique alimentent un sentiment de déclassement.Le précédent de 2022 reste, à cet égard, éclairant. L’absence de véritable confrontation d’idées avait laissé place à un second quinquennat d’Emmanuel Macron dont la cohérence et la lisibilité sont aujourd’hui contestées.Le constat, partagé jusque dans les rangs gouvernementaux, est désormais explicite.
Gérald Darmanin le résumait récemment: les Français ne veulent plus de combinaisons politiques, mais des orientations claires, des choix assumés, des solutions concrètes.Car le contexte dans lequel se prépare l’échéance de 2027 est particulièrement incertain. Les tensions internationales, durables, font peser des risques accrus d’inflation et de ralentissement économique. À l’échelle nationale, cela pourrait se traduire par une progression du chômage, une croissance atone et une pression accrue sur le pouvoir d’achat.Autant de facteurs susceptibles d’alimenter les votes de rupture et les discours les plus radicaux.Dans cette perspective, la question essentielle demeure, pour l’heure, sans réponse: au-delà des candidatures et des équilibres de sondages, quel projet pour le pays? À défaut d’y répondre rapidement, la campagne présidentielle pourrait bien se résumer à une compétition d’ambitions — sans véritable horizon politique.