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Greenpeace a affirmé, mercredi 1er avril, que les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d'euros de « surprofits » par jour dans les pays de l'UE depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, grâce à une augmentation de leurs marges. Publié le : 03/04/2026 - 16:46 3 min Temps de lecture Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du pétrole à la pompe a bondi. En cause, la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz et les frappes sur les infrastructures énergétiques. © Brendan McDermid / REUTERS Pour le mois de mars, ces « surprofits » supposés représenteraient environ 2,5 milliards d'euros. Pour arriver à ce chiffre, l'étude commandée par
Greenpeace s'est penchée sur l'écart entre le prix du pétrole brut et le prix du carburant en station, entre janvier et février 2026 d'un côté, et les trois premières semaines de mars de l'autre. Or, d'après ces calculs, cette marge a augmenté. « Le rapport montre que l'augmentation des prix à la pompe est largement supérieure à celle des prix sous-jacents du pétrole brut », résume
Greenpeace dans son communiqué. L'augmentation des marges est bien plus importante sur le diesel que sur l'essence : « Par rapport aux mois d'avant-guerre, les compagnies pétrolières ont réalisé un bénéfice quotidien excédentaire de 75,3 millions d'euros grâce à la vente de gazole pour voitures et camions. Les ventes d'essence ont contribué à hauteur de 6,1 millions d'euros par jour », indique le document. Parmi les pays où les marges ont le plus augmenté, on retrouve les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, l'Autriche et l'Allemagne. Couplé aux volumes de vente, c'est en Allemagne que les « surprofits » sont les plus importants, à hauteur de 23,8 millions d'euros par jour, suivie de la
France, avec 11,6 millions d'euros par jour. En revanche, en
France, les marges sur l'essence ont légèrement baissé, de 3,4 centimes par litre. «
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Greenpeace France appelle les gouvernements européens à introduire des taxes permanentes supplémentaires sur les profits des entreprises pétrolières et gazières, dont le produit serait utilisé pour réduire les factures d'énergie et accélérer l'indépendance énergétique européenne », ajoute l'ONG dans son communiqué. À lire aussiLes agriculteurs français mis en difficulté avec la flambée des prix en raison de la guerre au Moyen-Orient L'option de la taxe sur les superprofits Chez les militants, dans les ONG ou dans les partis politiques, les superprofits font réagir. Pour Diane Strauss, directrice de l'ONG Transport et environnement, qui œuvre à décarbonner les transports et les carburants, mettre une taxe sur les superprofits générés par Total Energies, Shell ou Eni est la meilleure option. « Elle peut permettre d’être redistribuée sous forme d’aide aux ménages les plus vulnérables, mais aussi sous forme d’investissement pour décarboner et pour structurellement sortir de ce problème qu’est la dépendance au pétrole », indique Diane Strauss. Après l’invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, l'Europe avait taxé les compagnies pétrolières. Mais les 67 millions d’euros récupérés par la
France avaient été réinjectés dans le budget global, plutôt que dans la transition énergétique. Cette fois, Diane Strauss est plus optimiste. « Là, le gouvernement a l’air d’être plus à l'aise sur l’idée d’accélérer l'électrification avec son plan électrification, c’est quelque chose qui va dans le bon sens puisqu’il faut vraiment répondre structurellement à notre dépendance aux énergies fossiles », souligne-t-elle. En
France, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté cette semaine une feuille de route sur l’électrification. Il envisage cette taxe, mais il n'a pas donné de date précise pour sa mise en application. À lire aussiCarburant en
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