Procès du viol et du meurtre de Justine Vayrac : l’avocate générale requiert la réclusion criminelle à perpétuité pour l’accusé

Le Figaro Legal & JudicialNews ReportFR 9 min read 50% complete by Par Guillaume PoingtMarch 21, 2026 at 03:19 PM
Procès du viol et du meurtre de Justine Vayrac : l’avocate générale requiert la réclusion criminelle à perpétuité pour l’accusé

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Le 21 mars 2026 à 16h47 La représentante du ministère public, Émilie Abrantes, a demandé à la cour d’assises que la peine de Lucas Larivée soit assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Passer la publicité Passer la publicité L’avocate générale, Émilie Abrantes, a demandé à la cour d’assises de la Corrèze de condamner Lucas Larivée à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol et le meurtre de Justine Vayrac en Corrèze en octobre 2022. «Justine Vayrac a vécu un supplice, elle n’a eu aucune échappatoire», a estimé la magistrate. Considérant que l’accusé doit être reconnu coupable des deux crimes, la représentante du ministère public a requis une période de sûreté de 22 ans assortie à cette peine. La magistrate a défendu une peine, «la seule qui soit juste», qui permet de «sanctionner Lucas Larivée» mais aussi de «protéger la société». C’est la sanction la plus lourde qu’elle pouvait requérir. Passer la publicité Si la cour décide de suivre ses réquisitions, cela ne signifie pas que Lucas Larivée sortirait «automatiquement» au bout de 22 ans. Il pourra en revanche demander un aménagement de peine au terme de ce délai. C’est ensuite un tribunal de l’application des peines, composé de trois juges, qui doit statuer. Lucas Larivée avait croisé la victime à la sortie d’une discothèque de Brive-la-Gaillarde dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022 alors que la jeune femme était très alcoolisée et titubante. L’agriculteur, qu’elle avait déjà croisé en soirée, l’avait ramenée chez lui en voiture, à environ une demi-heure de trajet, à Beynat, en Corrèze, dans des circonstances qui restent encore inexpliquées. Le cadavre de Justine Vayrac, mère d’un petit garçon, avait été retrouvé enterré quatre jours plus tard dans une décharge sauvage à proximité du domicile de l’agriculteur. Une ficelle bleue enserrait son cou. Justine Vayrac est morte d’une «strangulation par un lien», selon l’autopsie. Au terme de ses réquisitions, l’avocate générale a adressé ses derniers mots à l’accusé : «Victor Hugo a pu dire que la dignité de l’homme réside dans sa conscience. Vous avez assisté, comme nous tous durant ce procès, à l’incarnation la plus aboutie de la dignité humaine par la famille de Justine Vayrac. Pour votre part, vous avez fait le choix de rester prisonnier de vos mensonges». «Je forme le vœu, peut-être pieux, que vous pourrez vous inspirer de cette dignité humaine sur le chemin de votre amendement», a-t-elle ajouté. La dignité «exceptionnelle» de la famille de la victime «Je souhaiterais adresser mes premiers mots à la famille de Justine Vayrac. Vous avez été d’une dignité que je peux qualifier d’incroyable, d’exceptionnelle», avait salué Émilie Abrantes en débutant ses réquisitions, évoquant «une leçon d’humanité pour nous tous». La magistrate a rappelé cette scène surréaliste, jeudi, lorsque la mère de Justine Vayrac a couru au fond de la salle d’audience pour porter secours à un journaliste qui venait de faire un malaise. «Nous sommes restés pantois, cette scène illustre ce que vous êtes», a poursuivi la magistrate, avant de rendre hommage au témoignage poignant du père de la victime. «Nous avons ressenti à quel point, au plus profond de votre chair, Justine vous manque», a-t-elle ajouté. Passer la publicité Procureure de la République de Brive en octobre 2022, Émilie Abrantes était en première ligne au moment des investigations et en contact direct avec les parents de Justine Vayrac. «Je suis fière d’avoir porté cette enquête avec des enquêteurs chevronnés qui ont travaillé jour et nuit pour tenter de retrouver Justine et d’interpeller celui qui avait pu lui faire du mal. Je suis fier d’eux. Il est important que justice soit faite pour Justine», a-t-elle estimé. «Les faits, rien que les faits» Charismatique et éloquente, Émilie Abrantes fait partie des magistrats qui captent l’attention de l’auditoire quand elle prend la parole. Avec pédagogie et précision, elle s’est attachée à revenir sur les «éléments objectifs débattus» pendant les cinq jours de procès. «Les faits, rien que les faits. La science, rien que la science», a-t-elle résumé. La magistrate a rappelé la thèse défendue par la défense : une strangulation accidentelle survenue au cours d’une relation sexuelle consentie et un unique coup de poing porté par Lucas Larivée à Justine Vayrac. Quant à la ficelle retrouvée autour du cou de la victime, la défense soutient qu’elle se serait retrouvée là par un mécanisme d’enroulement. Des morceaux de ficelles se trouvaient en effet dans la décharge où Justine a été découverte. «On vous a joué cette petite musique pendant cinq jours», a dit Émilie Abrantes en se tournant vers les jurés, fustigeant «une thèse absurde, fantaisiste et contredite par la science». En se basant sur les expertises médico-légales, la magistrate a défendu la thèse d’un «déchaînement de violence dans cette chambre», avec un viol, durant lequel la victime «s’est débattue», suivi d’un meurtre. Elle a énuméré plusieurs constatations : les coups sur le visage de Justine Vayrac, ses cinq dents cassées, les deux hématomes sur son col de l’utérus, les projections de sang sur les murs de la chambre ou encore les griffures de défense sur le torse de l’accusé. La magistrate a cité les conclusions des médecins légistes concernant la ficelle retrouvée très serrée autour du cou de la victime. «Ce serrage a été tellement fort qu’il est apparu sur les chairs apparentes et sur les muscles», a-t-elle rappelé, avant d’ironiser : «Les nœuds ne se font pas tout seuls». Après avoir enterré Justine Vayrac, Lucas Larivée s’est emparé d’une éponge, a nettoyé les traces de sang dans la chambre, changé les draps, brûlé des affaires de la jeune femme, pris une douche et, enfin, est allé chercher une autre jeune fille en voiture. Ils auront deux relations sexuelles dans le lit où Justine Vayrac venait d’être tuée deux heures auparavant. «Lucas Larivée va mettre en place une mécanique que je qualifie de machiavélique et de glaçante, elle est minutieusement huilée. Il va s’efforcer de faire disparaître les preuves avec un immense souci du détail pour couvrir sa responsabilité dans les faits», a considéré Émilie Abrantes. Revenant sur les relations sexuelles avec l’autre jeune fille, la magistrate a dénoncé «des faits choquants qui dépassent l’entendement». Passer la publicité Émilie Abrantes a enfin décrit «la double facette» de l’accusé, longuement évoquée lors des débats. D’un côté, «le jeune homme joyeux, souriant, fêtard, apprécié de sa famille et de ses amis, prêt à rendre service, séducteur avec la gent féminine», «bon copain qui joue au foot, passionné par les animaux». De l’autre, «un jeune homme décrit comme dénigrant et violent envers ses compagnes». Au deuxième jour du procès, une ancienne petite amie avait raconté ses violences verbales et physiques après leur rupture, qu’il n’acceptait pas. L’agriculteur avait un jour débarqué dans leur ancien appartement pour savoir avec quels garçons elle parlait. Les insultes avaient fusé : «Grosse pu**», «Grosse sa****», «T’es qu’une merde». Une autre fois, il l’avait bousculée et mise au sol, avant de la harceler par message, de la suivre et de l’attendre sur son lieu de travail. «Je vais te pourrir jusqu’au bout, c’est que le début», lui aurait-il asséné. La magistrate a aussi rappelé l’incendie volontaire d’un bâtiment agricole pour lequel Lucas Larivée a été condamné sur fond de vengeance envers un maître d’apprentissage. «Il ne supporte la frustration et les remontrances faites à son ego», a-t-elle estimé, rappelant que l’expert psychiatre a mis en exergue ses «regrets autocentrés, froids et détachés» et l’a diagnostiqué «psychopathe». L’accusé «s’est considérablement contredit au cours de cette audience», a jugé l’avocate générale. «Le mensonge est l’élément qui frappe le plus chez Lucas Larivée. Il ment pour s’en sortir et ne pas perdre la face», a-t-elle ajouté avant de citer du Lincoln : «Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge». «Son comportement autour de cette audience et sa rigidité dans sa posture ne laissent pas augurer un bon pronostic. Il ne lâche rien. À l’issue de ce procès, il emportera avec lui les réponses qu’il n’a pas voulu communiquer à la cour, à sa famille et à la famille de Justine», a encore indiqué la magistrate, pointant un profil «particulièrement dangereux». De son côté, Me Michel Labrousse, l’avocat de l’accusé, a demandé à la cour d’assises d’acquitter son client du meurtre et du viol mais de le punir pour des «coups mortels». «Il dit qu’il reconnaît les violences, les coups mortels. Il parle d’un geste volontaire violent qui a entraîné la mort mais il ne voulait pas la donner», a répété le pénaliste lors du procès. Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont punies de quinze ans de réclusion criminelle, moitié moins qu’un meurtre. Le verdict de la cour d’assises de la Corrèze est attendu dans la soirée. La rédaction vous conseille «Elle était ce que j’avais de plus cher au monde» : au procès du viol et du meurtre de Justine Vayrac, le chagrin incommensurable de son père «Elle était incroyablement belle»: au procès du meurtre de Justine Vayrac, sa mère lui rend hommage et vient en aide à un journaliste ayant fait un malaise Procès du viol et du meurtre de Justine Vayrac : l’avocate générale requiert la réclusion criminelle à perpétuité pour l’accusé S'ABONNER «Ce dossier nous a marqués» : au procès du meurtre de Justine Vayrac, des policiers déconcertés par le «caméléon» Lucas Larivée COMPTE RENDU D’AUDIENCE - La «capacité de résistance» de l’accusé a marqué les enquêteurs. Alors âgé de 21 ans, il avait fini par «craquer» en fin de garde à vue, admettant avoir tué et enterré Justine Vayrac. «Je ne sais pas» : le «trou noir» de Lucas Larivée, incapable d’expliquer la mort par strangulation de Justine Vayrac COMPTE RENDU D’AUDIENCE - La cour est revenue en détail sur la nuit du 22 au 23 octobre 2022 au cours de laquelle le jeune agriculteur est accusé d’avoir violé et tué Justine Vayrac. Lucas Larivée et son avocat se réfugient derrière une mort accidentelle liée à un «jeu sexuel». Cinéma : avec un recul des entrées de l’ordre de 14 %, l’année 2025 se montre décevante Avec 156,8 millions d’entrées, contre 181,5 en 2024, la fréquentation des salles obscures est en net recul. Cependant, de nouveaux espoirs se dessinent, liés aux salles d’art et d’essai et à de nouveaux dispositifs de la sortie au cinéma. «Les belles-mères devraient rester à leur place» : les étés en famille de Suzanne, 82 ans et 15 petits-enfants En Corrèze, Suzanne accueille chaque été ses enfants et petits-enfants dans la maison familiale. Entre gestion logistique, souvenirs de belle-mère et nécessité de lâcher prise, elle raconte comment les vacances peuvent souder une tribu, à condition de ne pas vouloir tout diriger. «Il va finir par y avoir un mort» : dans le Limousin, tensions et invectives autour de la présence du loup RÉCIT - Si la colère des éleveurs limousins couve depuis plusieurs années face aux attaques du loup, celle-ci a récemment été exacerbée par la confirmation de l’installation de deux mammifères défendus par des associations avec qui le dialogue semble rompu. «On a vraiment peur que ça se perde»: à Travassac, les derniers ardoisiers de France veulent faire perdurer un savoir-faire en danger REPORTAGE - Les pierres prélevées dans ces carrières immergées de Corrèze couvrent les toits de monuments historiques, comme l’abbaye du mont Saint-Michel. Mais cet artisanat, concurrencé par l’Espagne, est en voie de disparition. 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Key Claims (5)

AI-Extracted

Justine Vayrac's body was found buried four days later in a landfill near the farmer's home.

factual — Article100% confidence

Abrantes requested a 22-year minimum security period.

factual — Émilie Abrantes100% confidence

Lucas Larivée met the victim at a nightclub in Brive-la-Gaillarde on the night of October 22-23, 2022.

factual — Article100% confidence

Justine Vayrac died of strangulation by a ligature.

factual — Autopsy report100% confidence

Émilie Abrantes requested a life sentence for Lucas Larivée for the rape and murder of Justine Vayrac.

factual — Émilie Abrantes100% confidence
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Source
Le Figaro
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News Report
Classification Confidence
90%
Geographic Perspective
Corrèze

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