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SAT · 2026-03-21 · 07:22 GMTBRIEF NSR-2026-0321-27596
News/Pour la première fois dans l'histoire, un pays va rejoindre …
NSR-2026-0321-27596News Report·FR·Economic Impact

Pour la première fois dans l'histoire, un pays va rejoindre l'UE alors qu'il utilise l'euro depuis... 2002: comment le traumatisme d'une inflation à 314.000.000% a conduit le Monténégro à adopter l'euro

Le Monténégro utilise l'euro depuis 2002 sans accord officiel avec l'Union européenne, une situation inédite alors que le pays est en voie d'adhérer à l'UE. Cette euroïsation remonte à la dislocation de l'ex-Yougoslavie et aux crises économiques des années 1980-1990, où le deutschemark servait de monnaie refuge.

BFM TV EconomieFiled 2026-03-21 · 07:22 GMTLean · Center-RightRead · 7 min
Pour la première fois dans l'histoire, un pays va rejoindre l'UE alors qu'il utilise l'euro depuis... 2002: comment le traumatisme d'une inflation à 314.000.000% a conduit le Monténégro à adopter l'euro
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Le Monténégro utilise l'euro depuis 2002 sans accord officiel avec l'Union européenne, une situation inédite alors que le pays est en voie d'adhérer à l'UE. Cette euroïsation remonte à la dislocation de l'ex-Yougoslavie et aux crises économiques des années 1980-1990, où le deutschemark servait de monnaie refuge. L'hyperinflation du dinar yougoslave, culminant à un pic mensuel de 314.000.000% en 1992-1994, a conduit à l'adoption de facto de l'euro comme monnaie stable et unique. L'intégration du Monténégro à l'UE pose un défi aux institutions européennes, car il s'agirait du premier pays à rejoindre l'UE tout en utilisant déjà l'euro sans être membre de la zone euro.

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For the first time in EU history, a country is preparing to join while already using the euro.

quoteAlexandre Sokic, economist
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In 1992-1994, hyperinflation reached 314,000,000% in January 1994 in Yugoslavia.

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Montenegro has been using the euro since 2002 without an official agreement with the EU.

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Montenegro is preparing to join the EU.

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Montenegro adopted the euro due to hyperinflation in Yugoslavia.

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BFM-Economie-Economie et Social-Union européenneALAN COPSON / Robert Harding Premium / robertharding via AFPPublié hier à 08h22 Lire dans l'appRésultat d'une histoire chahutée, l'Euro circule depuis 2002 au Monténégro, sans accord officiel avec l'Union européenne. Alors que le pays s'apprête à rejoindre le bloc européen, l'affaire s'avère un casse-tête pour les institutions européennes.Dans les rues de la ville de Kotor, épicentre touristique du Monténégro perché sur les rives de la mer Adriatique, un visiteur français débarqué de son bateau de croisière risque d'être surpris. S'il a bien quitté l'Union européenne en passant la frontière monténégrine, aucun passage par un bureau de change ne lui sera nécessaire pour garnir son portefeuille. Dans le petit pays balkanique, nulle trace d'une monnaie locale: dans les rayons des magasins, comme sur les cartes des restaurants et derrière les vitrines des boutiques, tous les prix sont indiqués en euros. Résultat d'une histoire récente chahutée, le Monténégro a choisi de faire circuler la monnaie unique – et elle seule – sur son territoire, hors de tout accord officiel avec les institutions européennes. Les Monténégrins règlent leurs achats, remplissent leurs comptes bancaires et perçoivent leurs salaires en euros depuis 2002, soit depuis aussi longtemps que les Français, les Italiens ou les Allemands. Or, dans ces circonstances, une question épineuse se profile à l'horizon: bon élève dans les négociations avec Bruxelles, le Monténégro est bien parti pour être le prochain pays à intégrer l'UE."Pour la première fois dans l'histoire de l'UE, un pays s'apprête à la rejoindre en utilisant déjà l'Euro... et sans être membre de la zone Euro", résume l'économiste Alexandre Sokic, enseignant-chercheur à l'ESCE International Business School.L'Euroïsation du Monténégro trouve ses racines dans la dislocation de l'ex-Yougoslavie dans les années 1980-1990, alors que les conflits armés déchirent les Balkans et que s'enchaînent les crises économiques. Dans ce contexte, le deutschemark s'impose en tant que monnaie parallèle dans la région, jouant le rôle d'unité de repère et d'épargne pour des habitants préoccupés par la possible dépréciation des monnaies nationales. "Plusieurs épisodes d'hyperinflation majeurs ont complètement sapé la confiance des agents économiques dans le dinar yougoslave", au moment où le pays se désagrège, explique l'économiste. En 1992-1994, lors du plus sévère d'entre eux, l'inflation atteint un pic mensuel démesuré de 314.000.000% en janvier 1994.Un billet de 500.000.000.000 dinars yougoslaves imprimé dans les années 1990, au moment d'une hyperinflation en Yougoslavie. © Banque nationale de SerbieLe Monténégro, lui, reste uni à la Serbie au sein d'une version réduite de l'ancien État communiste où circule toujours le dinar yougoslave. Mais les relations se dégradent rapidement entre les deux entités fédérées et, en 1999, les autorités indépendantistes du Monténégro actent leur volonté d'émancipation et adoptent le mark allemand en tant que monnaie à cours légal, tout en gardant le dinar. Deux ans plus tard, ce dernier est totalement abandonné au profit du mark. "Il n'y a eu aucune supervision officielle de la Bundesbank, mais il est clair que, si elles ont franchi ce pas, c'est qu'il y a eu un certain soutien dans cette direction", observe Alexandre Sokic, qui évoque notamment le contexte géopolitique de l'époque où l'on cherche à isoler la Serbie.Vers une adhésion en 2028?En 2002, lorsque les Allemands passent à l'Euro, les Monténégrins sont entraînés dans la bascule. La banque centrale nationale se charge d'échanger ses avoirs en deutschemarks pour des euros auprès de la Banque centrale européenne, de plein droit, comme peut alors le faire n'importe quel détenteur des devises remplacées par l'Euro. L'histoire s'enchaîne rapidement: à la suite d'un référendum, le Monténégro Euroïsé proclame son indépendance en juin 2006, dépose sa demande d'adhésion à l'UE dès décembre 2008 puis ouvre les négociations avec Bruxelles en juin 2012.Podgorica – qui enchaîne les réformes à grande vitesse – espère décrocher deux tickets pour 2028, ou 2029 au plus tard. "Le scénario de référence est que le Monténégro puisse adhérer au bloc d’ici à la fin du mandat de la Commission actuelle [en 2029, ndlr]. Au moment où nous entrerons dans l’UE, l’idéal serait d’entrer aussi dans la zone Euro", déclarait en septembre dernier son président Jakov Milatović à l'occasion du Forum de Bled, en Slovénie, selon des propos rapportés par l'agence Bloomberg.Côté européen, on temporise. Même s'il utilise déjà l'Euro, le pays ne bénéficiera pas d'un traitement de faveur. Le cas monténégrin est "une situation particulière que l'on connaît depuis longtemps", assure un fonctionnaire européen connaisseur du dossier, pour qui une entrée simultanée dans les deux cercles est "complètement exclue". L'entrée du Monténégro dans la zone Euro "ne pourra se faire qu'en 2030-2031 au plus tôt, et c’est une hypothèse optimiste" dans le cas où il rejoindrait l'UE en 2028-2029, appuie-t-il, évoquant un délai incompressible de deux ans entre les deux adhésions.Avant d'obtenir un feu vert pour rejoindre la zone Euro, un pays doit en effet faire ses preuves en matière de stabilité économique et monétaire – ce sont les fameux "critères de Maastricht" qu'aucun candidat ne peut éviter [voir encadré]. L'un de ces critères exige une participation d'au moins deux ans au mécanisme de taux de change européen (MCE II) sans connaître de "tensions graves". C'est là que l'affaire se transforme en casse-tête: comment comparer la capacité d'un pays à maintenir un taux de change stable de sa monnaie vis-à-vis de l'Euro... pour un pays qui utilise déjà l'Euro depuis vingt ans? De même, examiner ses performances en termes d'inflation n'aura "aucun sens" dans le cas du Monténégro, étant donné que sa banque centrale "ne maîtrise pas la monnaie qui circule" sur son territoire, ajoute Alexandre Sokic.La convergence des taux d'intérêt, l'un des autres critères examinés, "ne reflète pas forcément la confiance des investisseurs internationaux dans la signature du Monténégro, car les taux d’intérêt monténégrins sont largement influencés par les taux d'intérêt de l’Euro", ajoute-t-on, de source européenne.Cette situation atypique "nécessite une vigilance accrue quant à la capacité du pays à garantir la stabilité monétaire lorsqu'il sera membre de la zone Euro, étant donné qu'il n'a pas pu jusqu'alors utiliser certains outils nécessaires à cette stabilité", estime-t-on de source européenne. Cela nécessitera de prendre en compte des "critères alternatifs supplémentaires", tels que les flux de capitaux ou l'évolution de la balance des paiements, afin de s'assurer qu'il "sera en mesure de faire à l'exposition internationale", précise-t-on. Autre singularité dans le dossier monténégrin: puisqu'elle n'émet pas sa propre monnaie aujourd'hui, la Banque centrale du Monténégro (CBCG) n'aura aucune prérogative d'autorité monétaire à transférer dans les mains de la BCE.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Monténégro, Jakov Milatovic,lors d'une conférence de presse conjointe à l'issue de leur rencontre à Podgorica, au Monténégro, le 31 octobre 2023 (photo d'illustration). © SAVO PRELEVIC / AFPDans les faits, l’arrivée imminente du Monténégro suscite peu de craintes au sein de l'UE, compte tenu des efforts soutenus déployés par le pays pour se conformer aux normes communes et de la détermination politique constante des autorités locales à intégrer le bloc européen, en dépit des alternances politiques à Podgorica. Par ailleurs, ce petit pays de 14.000 km² (sa population de 620.000 habitants est comparable à celle du Luxembourg) n'est pas de nature à déséquilibrer la zone Euro.Ne pas créer un précédentEn réglant ce sujet, les Européens doivent surtout éviter de créer un précédent qui pousserait d'autres États non-membres de l'UE à introduire l'Euro de leur propre chef, avec l'intention d'obtenir ensuite une entrée accélérée dans la zone Euro. L'Union européenne "ne peut juridiquement pas empêcher un État souverain d'introduire l'Euro de manière unilatérale", mais elle peut "envoyer un signal politique fort" pour décourager d'éventuels pays qui seraient tentés de le faire, souligne-t-on de source européenne. Même si, pour l'heure, aucune vélléité de ce type n'a pas été évoquée sur le Vieux continent parmi les requérants à l'UE.L'adhésion du Monténégro sera probablement l'occasion d'une déclaration des États membres qui rappelleront que le Monténégro est un cas exceptionnel qui ne pourra servir d'exemple à d'autres... à l'exception du Kosovo. Depuis 2002, l'autre petit pays des Balkans est aussi passé à l'Euro, résultat là encore de son histoire récente. Mais l'épineux dossier du Kosovo, alors qu'il n'a pas encore obtenu le statut de candidat ni même été reconnu comme indépendant par l'ensemble des États membres, est loin d'arriver à la table des négociations. D'ici là, le Monténégro aura montré la voie.Quels sont les critères à respecter pour rejoindre la zone Euro ?Pour rejoindre la zone Euro, quatre critères "de convergence économique" doivent être respectés par le pays candidat, tel qu'institués par le traité de Maastricht en 1992:- Des prix stables: un taux d'inflation qui ne dépasse pas de plus de 1,5 point de pourcentage celui des trois États membres aux meilleurs résultats, sur une période d'un an avant l'examen par l'UE- Des finances publiques soutenables: un déficit budgétaire annuel qui n'excède pas 3% du PIB ainsi qu'une dette publique globale qui n'excède pas 60% du PIB au moment de l'examen par l'UE- Des taux de change stables: une participation au mécanisme de taux de change européen (MCE II) sans connaître de tensions graves (telles qu'une dévaluation de la monnaie nationale par rapport à l'Euro) pendant au moins deux ans avant l'examen par l'UE- Des taux d'intérêts convergents: un taux d’intérêt nominal moyen à long terme qui ne dépasse pas de plus de 2 points de pourcentage celui des trois États membres aux meilleurs résultats, sur une période d'un an avant l'examen par l'UEÀ ces critères s'ajoute la convergence juridique, c'est-à-dire l'alignement de la législation nationale avec les traités, en particulier vis-à-vis des statuts du Système européen de banques centrales et de la Banque centrale européenne.
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