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SAT · 2026-03-21 · 06:05 GMTBRIEF NSR-2026-0321-27644
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NSR-2026-0321-27644News Report·FR·Economic Impact

Pourquoi les dégâts sur les sites gaziers dans le golfe Persique risquent d'avoir des conséquences à long terme

Des attaques récentes contre des installations gazières clés au Moyen-Orient, notamment au Qatar, en Arabie saoudite et au Koweït, ont fait bondir les prix du gaz sur les marchés mondiaux. L'Iran a ciblé le complexe de Ras Laffan au Qatar, le plus grand site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, en représailles à des frappes israéliennes.

franceinfoFrance InfoFiled 2026-03-21 · 06:05 GMTLean · CenterRead · 5 min
Pourquoi les dégâts sur les sites gaziers dans le golfe Persique risquent d'avoir des conséquences à long terme
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Des attaques récentes contre des installations gazières clés au Moyen-Orient, notamment au Qatar, en Arabie saoudite et au Koweït, ont fait bondir les prix du gaz sur les marchés mondiaux. L'Iran a ciblé le complexe de Ras Laffan au Qatar, le plus grand site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, en représailles à des frappes israéliennes. Ces attaques ont provoqué des incendies et des dommages considérables, suscitant des inquiétudes quant à des perturbations durables de l'approvisionnement mondial en gaz. Le prix du gaz en Europe a connu une forte augmentation, bien qu'il reste inférieur aux sommets atteints au début de la guerre en Ukraine. Les experts estiment que la remise en état des installations endommagées pourrait prendre plusieurs mois, voire des années, ce qui pourrait entraîner une crise énergétique durable.

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The Ras Laffan gas production site in Qatar was targeted in an attack.

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Qatar represents about 20% of the world's LNG supply.

statisticThierry Bros (économiste)
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Attacks on energy facilities in the Middle East are causing gas prices to rise.

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Iran has intensified its strikes against energy facilities in several Gulf countries.

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The repair of the facilities could take between four months and a year if the conflict persists.

predictionThierry Bros (économiste)
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Le site industriel de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au Qatar, le 6 février 2017. (KARIM JAAFAR / AFP) Les attaques contre des installations énergétiques clés au Moyen-Orient font bondir les prix du gaz sur les marchés et leurs conséquences pourraient se faire sentir pendant des mois, voire des années, selon les experts, et ce, jusqu'en France. Après le pétrole, ce sont désormais les infrastructures gazières qui sont visées. L'Iran a intensifié ses frappes contre les installations énergétiques de plusieurs pays du Golfe, faisant craindre des perturbations durables sur l'approvisionnement mondial en gaz. Mercredi 18 mars au soir, Téhéran a ciblé, au Qatar, le plus grand site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cette attaque a visé le complexe de Ras Laffan, opéré par le groupe public QatarEnergy, qui a évoqué des "dommages considérables". Elle a été menée en représailles à des frappes israéliennes sur le gisement iranien de South Pars. D'autres installations ont également été touchées dans la région. En Arabie saoudite, un drone s'est écrasé sur la raffinerie de Samref, à Yanbu, sur la mer Rouge. Au Koweït, des attaques ont provoqué des incendies dans les raffineries de Mina Abdullah et Mina Al-Ahmadi. Ces tensions ont immédiatement secoué les marchés. Jeudi, le principal indicateur du prix du gaz en Europe, le TTF néerlandais, a bondi de 21,18%, à 66,24 euros le mégawattheure, après une hausse allant jusqu'à 35%, avant de ralentir légèrement en cours de matinée. A titre de comparaison, le mégawattheure était à 32 euros environ en janvier. Au lendemain des explosions, vendredi 20 mars, le prix du gaz était en repli, le contrat à terme du TTF néerlandais cédant 3,01% à 59,99 euros le mégawattheure. Il reste encore très loin des sommets de 2022, au début de la guerre en Ukraine, où il avait dépassé les 300 euros. Mais pour les spécialistes interrogés par franceinfo, le choc pourrait s'inscrire dans la durée. "Le Qatar représente environ 20% de l'offre mondiale de GNL", rappelle l'économiste Thierry Bros. Selon lui, la remise en état des installations pourrait prendre "entre quatre mois et un an si le conflit persiste", ce qui rend une crise "certaine et durable". Sur franceinfo, Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique, souligne même que "certains experts commencent à parler d'années". La longue réhabilitation des infrastructures s'explique par la difficulté de transformer le gaz en liquide. "La liquéfaction demande des installations sophistiquées et, à la différence du pétrole, les exportations sont plus contraintes", précise Thierry Bros. Il estime que le manque lié à l'arrêt partiel de ces infrastructures pourrait "se faire sentir sur la facture d'énergie dès le mois de mai" en Europe et en France. Avant même ces attaques, le ministère de l'Economie avait déjà anticipé une hausse des prix. Le 6 mars, Bercy a évoqué une augmentation des factures de gaz au 1er mai pour les ménages ayant des contrats à prix variable, soit environ 60% des abonnés. Cette hausse, liée à l'indexation sur les marchés avec un mois de décalage, resterait limitée selon le gouvernement, à moins de 10 euros par mois, soit une progression de 5 à 10%. Les clients ayant opté pour une offre à prix fixe, environ 40% des abonnés, ne seraient pas concernés. Mais Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), a affirmé sur RMC que les prix sur les factures d'énergie allaient grimper davantage, avec des augmentations aux alentours de 15%. Des annonces qui confirment les prédictions de Nicolas Goldberg, responsable du pôle énergie du think tank Terra Nova. Il a jaugé, jeudi sur franceinfo, que les hausses sur la facture pourraient dépasser les 10% et expliqué que les clients les plus touchés en 2026 ne seraient pas "les petits malins qui ont opté pour des offres de marché à prix bloqué" mais ceux qui ont choisi "un prix indexé sur les marchés, l'ancien tarif réglementé". Avec l'arrivée des beaux jours, ces particuliers ne ressentiront pas immédiatement l'impact de la guerre, mais ils verront une hausse de leur facture "dès le mois de novembre". "C'est difficile cependant de connaître le pourcentage exact que vont subir les ménages sur leur facture. On est encore dans le flou", affirme Sylvain Bersinger, économiste et fondateur du cabinet Bersingéco. Les experts anticipent donc un impact inflationniste avec des hausses de l'énergie, mais plus modéré qu'en 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Il avait notamment provoqué un triplement de la facture énergétique pour l'industrie manufacturière française, de 15 milliards d'euros en 2021 à 45 milliards d'euros en 2023, selon les chiffres du gouvernement. "On pourrait revivre un scénario similaire, mais moins violent", estime Sylvain Bersinger, en raison d'une meilleure préparation des marchés. Reste que la situation pourrait se dégrader en cas d'escalade du conflit. Thierry Bros prévient que cette crise pourrait se traduire également par "une désindustrialisation progressive" dans des secteurs gourmands en énergie comme "l'engrais, le verre ou la chimie". "Ils pourraient être touchés dès les prochaines semaines", appuie Sylvain Bersinger, tout en tempérant. "Des entreprises ont retenu la leçon lors de la crise énergétique de 2022. Elles sauront mieux anticiper le manque de gaz, mais ce n'est pas le cas de toutes." Philippe Chalmin considère, au micro de franceinfo, qu'il est possible de commencer à parler "d'un véritable choc énergétique, pas seulement d'ailleurs pétrolier, mais peut-être encore plus, au regard du comportement des marchés depuis quelques heures, d'un véritable choc gazier". Selon Thierry Bros, il faudra "au moins jusqu'en 2027", date espérée de la réhabilitation des infrastructures, pour retrouver un équilibre, à condition que la situation géopolitique ne se dégrade pas davantage. 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