Le 21 mars 2026 à 18h09 Alors qu’ils attendent désespérément des aides du gouvernement, l’
Union des Armateurs à la Pêche Française (UAPF) et l’
Association nationale des organisations de producteurs (ANOP) alertent sur les difficultés auxquelles ils font face depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Passer la publicité Passer la publicité Ils espèrent un arbitrage gouvernemental en leur faveur dans les prochaines heures, peut-être ce lundi 23 mars, mais ils n’en sont pas moins inquiets. Alors que le gazole représente leur premier poste de dépense, les pêcheurs craignent le pire pour les semaines à venir, si le prix des carburants continue d’exploser. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, ce poste de dépense «a bondi de plus de 80%», déplorent deux structures professionnelles - l’
Union des Armateurs à la Pêche Française (UAPF) et l’
Association nationale des organisations de producteurs (ANOP) - dans un communiqué publié ce samedi 21 mars. «La situation est aujourd’hui critique», alertent-ils, pointant les conséquences concrètes de la hausse des prix du carburant : «certains navires opèrent déjà à perte, et d’autres s’apprêtent à rester à quai. Cette situation entraîne des arrêts forcés, une réduction progressive de l’activité et, à très court terme, un risque de désorganisation des chaînes d’approvisionnement en produits de la mer». Avant de rappeler que les pêcheurs ne sont pas en mesure de répercuter la hausse de leurs charges sur les prix de vente des poissons, fixés aux enchères, à la criée. «C’est simple, nous ne sommes absolument pas maîtres du prix d’achat de notre poisson, qui n’est d’ailleurs jamais le même d’un jour à l’autre», précise le secrétaire général adjoint de l’UAPF
Jérôme Jourdain. Passer la publicité Des aides «pas à la hauteur du choc en cours» Pour se maintenir à flot, les organisations professionnelles réclament donc des aides financières, de l’État ou de l’Union européenne, tout en restant très prudents sur la portée de celles-ci. Pour l’
Union des Armateurs à la Pêche Française (UAPF) et l’
Association nationale des organisations de producteurs (ANOP), les craintes sont en effet très fortes que les dispositifs envisagés ne soient «pas à la hauteur du choc en cours». Ils craignent notamment que les aides - telles qu’elles sont envisagées par la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche
Catherine Chabaud - ne prennent pas en compte certaines «réalités opérationnelles». Ce qui risquerait selon eux «l’exclusion d’une partie significative de la flotte» dont les spécificités ne correspondent pas aux critères des aides débloquées, «comme lors de la crise énergétique de 2022». «Qu’ils n’imaginent pas faire un copier-coller de ce qui avait été fait en mars 2022», tacle d’emblée
Jérôme Jourdain, faisant référence à l’aide exceptionnelle équivalente à 35 centimes par litre de gazole obtenue de l’État, quelques semaines après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Tout simplement parce que celle-ci était à l’époque «réservée aux navires faisant leur plein en
France», souligne-t-il. «Il fallait présenter des factures de carburants livrés sur le territoire national. Mais en
France, il y a des navires côtiers mais d’autres, hauturiers, qui font de la pêche lointaine dans les eaux européennes, dans le sud de l’Atlantique et jusque dans l’océan indien», poursuit le secrétaire général adjoint de l’UAPF. Et de prendre l’exemple des thoniers qui pêchent dans l’océan indien : «en 2022, il y avait encore trois armements (entreprises qui peuvent opérer plusieurs navires, ndlr) qui faisaient du thon en
France, exclus de cette aide. L’un d’entre eux, Via Ocean (ex-Saupiquet), a cessé son activité après cette crise. Sans aide, ça a été le coup de grâce», dénonce
Jérôme Jourdain. Autre problème selon lui, les aides étaient plafonnées par entreprise, et non par bateaux. Résultat : l’entreprise qui opérait plusieurs navires atteignait très vite le plafond, et ne pouvait plus être aidée ensuite. Et de lancer : «nous souhaitons des aides proportionnées et efficaces (...) nous voulons continuer notre activité mais nous ne le ferons pas à perte». Contacté, Bercy «ne confirme rien» sur d’éventuelles aides à venir mais invite tout de même à attendre lundi, après les élections municipales. En attendant, les pêcheurs rappellent que plusieurs États membres ont déjà agi : «l’Italie a mis en place une aide allant jusqu’à 25 centimes par litre, et l’Espagne a annoncé (vendredi) soir un dispositif autour de 20 centimes par litre». «La
France est donc attendue sur une réponse à la hauteur de ces mesures», concluent l’UAPF et l’ANOP. «Certains navires opèrent à perte et d’autres vont rester à quai» : face à l’explosion des prix du gazole, les pêcheurs craignent le pire S'ABONNER Guerre au Moyen-Orient : «Si ceci n’est pas un choc pétrolier, cela y ressemble beaucoup !» ANALYSE - La dynamique de la crise augure d’un choc profond, durable, et international. La perspective d’une fin négociée à la guerre en Iran demeure incertaine DÉCRYPTAGE - Un mois après l’attaque américaine et israélienne, les annonces de Trump de négociations en cours avec l’Iran s’accompagnent de déclarations apaisantes et de menaces d’escalade. Guerre au Moyen-Orient : le port de Jebel Ali, ce cœur logistique de Dubaï dont l’arrêt perturbe un peu plus le commerce mondial Les attaques iraniennes et la fermeture du détroit d’Ormuz empêchent les porte-conteneurs d’accéder au terminal. Véritable porte d’entrée du Moyen-Orient et étape clef du trafic maritime entre l’Europe et l’Asie. Comment le Pakistan s’est imposé comme un médiateur entre l’Iran et les États-Unis DÉCRYPTAGE - Bien vue par la Maison-Blanche, cette puissance nucléaire est liée à l’Arabie saoudite par un accord de défense. Elle veut à tout prix éviter une escalade qui embraserait le golfe Persique. Jeff Israely : «Trump base son pouvoir sur sa capacité de rester à l’écran, tous les jours, sans jamais ennuyer» FIGAROVOX/TRIBUNE - Chez Donald Trump, le pouvoir est un spectacle. Dans une politique devenue performance permanente, l’absence de honte n’est plus une dérive mais une stratégie, selon Jeff Israely, ancien chef du bureau du magazine Time. Guerre en Iran : après un mois de conflit, quel bilan ? Les réponses de notre spécialiste du Moyen-Orient à vos questions VOS QUESTIONS À LA RÉDACTION - Georges Malbrunot, grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient a répondu aux questions des internautes. Les armées occidentales au défi des « guerres d’endurance » ANALYSE - La suprématie militaire ne suffit pas pour gagner la guerre, dont l’enlisement profite souvent aux régimes autoritaires, moins dépendants de l’opinion et susceptibles de faire appel aux démons guerriers pour se renforcer. C’est peut-être ce qui guette Donald Trump en Iran. L’éditorial de Philippe Gélie : « La guerre au centre du monde » De l’Ukraine au golfe Persique, les conflits s’entrelacent et révèlent une même recomposition des rapports de force mondiaux. « Lâches », « tigre de papier » : l’Otan fragilisée par les attaques répétées de Donald Trump DÉCRYPTAGE - Les Européens serrent les dents face à des accusations qui affaiblissent la crédibilité de l’Alliance atlantique. En Corse, le blocage des dépôts de carburant provoque un début de pénurie dans les stations-service Dans l’île, où les supermarchés ne vendent pas d’essence, les distributeurs indépendants protestent contre les prix plafonnés de TotalEnergies, qu’ils dénoncent comme de la concurrence déloyale.