Le chanteur britannique
Harry Styles lors de la 68e cérémonie des
Grammy Awards, à
Los Angeles, le 1er février 2026. (JOHN SALANGSANG / SIPA) Depuis la séparation de
One Direction en 2015, le chanteur britannique de 32 ans, qui vient de sortir son quatrième album, "Kiss All The Time. Disco, Occasionally.", a réinventé sa musique et son image. Quatre ans après Harry's House qui lui a valu le Grammy Award de l'album de l'année,
Harry Styles s'offre un retour spectaculaire. Son quatrième album, disponible depuis vendredi 6 mars, se classe numéro 1 en
France, selon les chiffres du Syndicat national de l'édition phonographique relayés par Pure Charts. En une semaine, Kiss All The Time. Disco, Occasionally., s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires dans le monde, d'après
The Hollywood Reporter. Un record pour le chanteur britannique qui, en une décennie de carrière solo, n'a cessé de se défaire de son passé au sein du boys band
One Direction.A seulement 32 ans,
Harry Styles a été une superstar la moitié de sa vie. Le chanteur, originaire d'une petite ville du nord-ouest de l'Angleterre, n'a que 16 ans lorsque le public britannique découvre son visage d'ado souriant et sa tignasse brune dans le télécrochet "X Factor". La production l'associe alors avec quatre autres candidats,
Niall Horan,
Zayn Malik,
Liam Payne et
Louis Tomlinson, pour former ce qui deviendra le boys band le plus populaire des années 2010.Avec sa pop adolescente et son image millimétrée,
One Direction génère un engouement alors comparé à la "Beatlesmania". Les jeunes garçons remplissent des stades dans le monde entier et vendent plus de 50 millions d'albums en cinq ans d'existence. En 2015, quelques mois après le départ d'un des membres, le groupe se sépare. Tous se lancent dans des carrières solos, avec plus ou moins de réussite. Aucun n'atteint la reconnaissance critique et commerciale d'
Harry Styles.Pour exister en dehors de
One Direction, le chanteur est celui qui s'est le plus éloigné des sonorités du boys band. Après la disparition du groupe, "j'ai essayé d'explorer ma propre musique, mais à ce moment-là, je sentais que beaucoup de gens croyaient en moi et je ne voulais pas les décevoir", se souvient-il dans The Times.En 2017,
Harry Styles sort son premier single, Sign of the Times : une ballade au piano et aux accents rock de près de six minutes, qui puise davantage son inspiration dans ses premières idoles, de David Bowie à Fleetwood Mac, que dans le registre commercial et très calibré de
One Direction."L'identité de Styles en tant qu'artiste solo ne s'est pas construite d'emblée ; elle s'est forgée au fil du temps, d'expérimentations et d'un perfectionnement constant", décrypte The New York Times. En 2019,
Harry Styles s'essaye à des mélodies plus dansantes. Watermelon Sugar, single funk-pop et métaphore sexuelle dont le chanteur ne fait pas mystère, remporte le Grammy Award de la meilleure chanson pop.La consécration arrive en 2022, avec Harry's House. La sortie de ce troisième album est propulsée par As It Was. Le titre aux airs de synthpop des années 1980 se classe au sommet des ventes dans 35 pays, dont la
France, s'impose comme la chanson la plus écoutée sur Spotify de l'année, cumulant plus de 1,5 milliard de streams. "La chanson parle de métamorphose, d'acceptation du changement et de l'ancien soi, de changement de perspective", explique-t-il en interview.Avec Kiss All the Time. Disco, Occasionally.,
Harry Styles poursuit sa mue et opte pour des productions plus électroniques et plus pointues, inspirées des clubs de Berlin, où l'album a été en partie enregistré et de la dance-punk des années 2000 de LCD Soundsystem. Décrit comme "tantôt délicieux", "tantôt obscur" par certains critiques, ce quatrième album a le mérite de permettre à l'artiste de "sortir de sa zone de confort pour remettre en jeu son titre de pop star masculine", relève Le Monde.En dix ans, le Britannique a aussi réinventé son image. Pour rompre avec la figure du minot de boys band,
Harry Styles se met au cinéma. Il joue ainsi un soldat de la Seconde Guerre mondiale dans Dunkerque (2017) de Christopher Nolan et interprète un époux des années 1950 dans Don't Worry Darling (2022) d'Olivia Wilde en 2022.Surtout, le chanteur s'est construit un personnage à travers sa garde-robe. Exit le look de lycéen modèle.
Harry Styles s'entoure de stylistes de grandes maisons de luxe. Mini-jupe à sequins et polo en perles colorées pour le magazine Rolling Stone, chemisier en mousseline transparente au Met Gala, justaucorps à paillettes bariolées aux
Grammy Awards, manteau en plumes roses sur scène... L'artiste ne craint ni d'être excentrique ni de casser les codes vestimentaires. En 2020, il pose en robe en dentelle en couverture de Vogue et devient le premier homme à apparaître seul en une du magazine américain.A l'image de son parcours musical, son look évolue. Depuis la promotion de son dernier album,
Harry Styles a troqué les costumes à la Elton John pour un style que le magazine Dazed qualifie de "mamie Chanel", autour de vestes de tailleur cintrées et de gilets courts en léopard."
Harry Styles s'inscrit comme un héritier de Bowie dans son questionnement sur l'identité. Il évolue effectivement en hystérisant un peu les codes du féminin, tout en les mélangeant à ceux des années 1970 et à l'univers du sportswear", analyse Alexandre Samson, conservateur au Palais Galliera, musée de la mode à Paris, auprès des Echos."Aujourd'hui, il est plus facile d'exprimer sa masculinité de multiples façons", clame-t-il encore lors d'un entretien au magazine i-D aux côtés de l'acteur Timothée Chalamet, autre visage de cette génération à laquelle on attribue une nouvelle forme de masculinité."Je pense qu'il y a une grande part de masculinité à être vulnérable et à s'autoriser à être féminin, et je suis très à l'aise avec ça."Harry Stylesau magazine "i-D""
Harry Styles a présenté très tôt des formes de masculinité qui ne sont pas habituelles dans les codes des pop stars, surtout pour un chanteur venu d'un boys band censé s'adresser à un public féminin et incarner une certaine hétérosexualité", analyse Déborah Gay, maîtresse de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université de Toulouse. Pour la chercheuse, "c'est cette non-conformité" qui lui a valu, dans les médias et sur les réseaux sociaux, "des accusations de queerbaiting", c'est-à-dire une stratégie d'appropriation des codes de la communauté LGBT+, sans dire s'il en fait partie ou non, dans le but de toucher un public plus large."Les gens semblent accorder beaucoup d'importance à mes vêtements, et certains m'ont accusé de faire du 'queerbaiting'", a souligné
Harry Styles début mars dans l'émission humoristique "Saturday Night Live". "Mais est-ce que vous êtes déjà dit que, peut-être, vous ne saviez pas tout de moi ?", a-t-il interrogé, avant d'embrasser quelques minutes plus tard un membre de l'émission américaine. "Ça, c'est du queerbaiting", a-t-il rétorqué avec humour et provocation."Est-ce que j'essaie de semer des zones d'ombre sur ma sexualité pour être plus intéressant ? Non", balayait-il dès 2019 dans une interview au Guardian. Depuis le lancement de sa carrière solo,
Harry Styles se fait plus discret. Un positionnement qui tranche avec la surexposition médiatique de son 'adolescence. "Lorsque j'ai débuté [avec
One Direction], on nous encourageait à nous dévoiler beaucoup, à laisser les gens apprendre à nous connaître", raconte-t-il début mars dans un podcast."Quand j'ai commencé à travailler sur mes propres projets, (...) j'ai appris à connaître mes limites et j'ai essayé de préserver une partie de ma vie personnelle."Harry Stylesdans une émission de podcastLa mort de
Liam Payne a aussi affecté le chanteur. L'ancien membre du boys band, qui s'était confié publiquement sur son mal-être et son alcoolisme, a chuté du balcon d'un hôtel en Argentine, en octobre 2024, après avoir consommé de l'alcool, de la cocaïne et des antidépresseurs. "C'est tellement difficile de perdre un ami. Ça a été un moment vraiment important pour moi, car il m'a permis de faire le point sur ma vie et de me demander qu'est-ce que je veux faire de ma vie, comment est-ce que je veux la vivre ?" se livre
Harry Styles dans une autre interview.Peut-être est-ce l'un des événements qui l'a poussé à circonscrire ses prochains concerts à sept lieux, dont Londres, seule ville européenne à figurer au calendrier de cette tournée mondiale. "Je pense que le spectacle en sera meilleur (...), que cette formule me permet de rester dans ma vie pendant que je travaille [sur le show], et de mieux prendre soin de moi, ce qui, je pense, me rend plus performant", justifie-t-il.Mais à force d'avoir tout fait pour se construire en opposition à son passé de star de boys band, le chanteur s'est-il perdu en route ? C'est ce que suggère l'influent site musical Pitchfork pour qui son dernier album semble avoir été conçu dans une quête de "respectabilité maximale". "Qui es-tu vraiment, au-delà des pantalons larges, des slogans contre le harcèlement et, bien sûr, des pantalons encore plus larges ?", se demande le média, regrettant un projet qui n'ose offrir qu'"une version édulcorée" des sonorités électroniques dont
Harry Styles s'est inspiré."On a parfois l'impression que l'image d'
Harry Styles, superstar mondiale, était tellement préétablie que personne n'a pensé à lui demander ce qui le passionnait vraiment ou ce qui animait sa musique."Le site Pitchforkdans sa critique de "Kiss All the Time. Disco, Occasionally.""Dans Kiss All the Time. Disco, Occasionally., on a l'impression que Styles veut nous montrer qu'il a grandi", "mais il n'y parvient pas vraiment", enfonce le magazine américain Esquire, pour qui qu'il "est tentant de fermer les yeux sur les choix de
Harry Styles, car cet album semble être une transition dans son évolution d'artiste de scène, de performer, à artiste sérieux". Et tacle : "Qui est
Harry Styles ? Même lui n'en est pas sûr." Melchior Leroux, le réalisateur derrière les clips de Theodora Gims interpellé dans une affaire de blanchiment en bande organisée Ému, Jean-Paul Rouve reçoit la Légion d’honneur des mains d’Emmanuel Macron L'émotion de Jean Dujardin aux obsèques de Bruno Salomone Céline Dion fera son retour sur scène à Paris à l'automne 2026 "Le milieu agricole est extrêmement difficile" Ana Girardot Plus de 100.000 fans réunis à Séoul pour le retour sur scène de BTS Esports Nation Cup : la coupe du monde des jeux vidéo "Mes parents se demandaient ce que j'allais faire de ma vie" François Damiens Nicholas Brendon, star de "Buffy contre les vampires", est mort à l'âge de 54 ans Isabelle Mergault : "Je voudrais mourir en faisant rire" L'acteur américain Chuck Norris est mort à l'âge de 86 ans L'actrice et réalisatrice Isabelle Mergault est morte à l'âge de 67 ans On a tous travaillé gratuitement en jouant à Pokémon Go Patrick Bruel visé par au moins deux plaintes pour des violences sexuelles Jean Dujardin : "Avec Bruno Salomone, on s'est aimés immédiatement" Impôts : les cartes Pokémon dans le viseur du fisc "Projet dernière chance" : "le film le plus difficile" de Ryan Gosling "Bruno Salomone a fait sa demande en mariage sur son lit d'hôpital" "Une bataille après l'autre" triomphe, Michael B. Jordan sacré... Les moments forts des Oscars 2026 Oscars 2026 : la cérémonie est-elle sous la menace de l'Iran ?