Le
Parlement sénégalais a voté le 11 mars une loi doublant les peines réprimant les relations homosexuelles. Ce qui a provoqué la panique chez les homosexuels, qui cherchent à quitter le pays. Les appels se multiplient sur la ligne d'écoute de l'association française. Des bénévoles de l'association
Stop Homophobie, mars 2026. (ELIE DUCOS / RADIO
France) "Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays." Ce sont les mots d'une députée sénégalaise, mercredi 11 mars. Le
Parlement sénégalais a voté à la quasi-unanimité une loi qui double les peines réprimant les relations homosexuelles. Ces dernières sont considérées comme une déviance et une mode occidentale importée pour saper la culture locale. Elles sont punies de cinq à dix ans de prison. Si la loi est promulguée, le
Sénégal va devenir, avec le
Nigeria et l'
Ouganda, l'un des pays africains les plus répressifs contre les personnes LGBT+. Sur place, la panique est montée d'un cran chez les homosexuels, qui cherchent à quitter le pays. C'est ce que constate en
France l'association
Stop Homophobie, dont la ligne d'écoute internationale est saturée d'appels en provenance du
Sénégal. L'association transmet les dossiers au
Ministère des Affaires étrangères tout en admettant qu'il n'y a pas, pour le moment, de solution miracle.Sur le téléphone de l'association, une longue liste de numéros avec l'indicatif +221. Plus de quarante coups de fil à passer. Face à l'explosion du nombre d'appels depuis le
Sénégal,
Stop Homophobie forme des bénévoles pour pouvoir répondre à tout le monde. Cet homme vient de fuir le
Sénégal, il appelle depuis
Nouakchott, en
Mauritanie, pays de transit de beaucoup d'homosexuels sénégalais. "J'ai fui parce qu'on m'avait envoyé un message pour me dire qu'on avait arrêté telle personne, alors qu'on était très proches", explique-t-il."Je savais que tôt ou tard, si je restais, ils allaient venir me chercher."Un homme qui a fui le
Sénégalà franceinfoAvec des voix fatiguées, les jeunes hommes comme lui racontent à
Inès Sanoussi, bénévole référente, l'idée du suicide comme dernier recours, les menaces de mort, la peur d'être emprisonnés, de voir la police fouiller leur téléphones pour traquer leurs amis, les arrêter à leur tour, et ainsi de suite. "Dès qu'il y a eu l'annonce du durcissement de la loi, les gens ont été alertés, ils veulent absolument quitter le
Sénégal, observe-t-elle. Ils ont très peur et disent qu'ils ont l'impression de pouvoir être arrêtés à tout moment. Ils se désinscrivent des applications, ils coupent les ponts avec leurs amis de la communauté LGBT, certains ont peur d'aller chercher leur traitement contre le VIH."Quand les bénévoles demandent "Comment ça va ?", leur réponse est "C'est un peu compliqué", un euphémisme pudique pour témoigner d'une détresse palpable. Ils expliquent survivre, cachés depuis des années, car les homosexuels au
Sénégal étaient déjà dans la terreur bien avant le durcissement des lois.À cette situation, pas de solution miracle, si ce n'est signaler ces dossiers au
Ministère des Affaires étrangères ou, dans de rares cas, accueillir.
Stop Homophobie héberge des demandeurs d'asile sénégalais, comme Souleymane, arrivé il y a quelques mois. "Moi et mon partenaire, nous avons subi une agression qui a coûté la vie à mon partenaire, raconte-t-il. C'est au cours d'une bagarre qu'il a été poignardé. C'était tellement horrible. C'est ce jour-là que j'ai senti qu'il n'y avait plus de sécurité. Après sa mort, ma famille proférait des menaces en me disant : 'si tu ne changes pas, tu seras le prochain'."Au
Sénégal, le contexte politique désinhibe la population, qui n'hésite pas à faire sa propre justice envers les personnes LGBT. Il y a eu un avant et un après le vote de cette loi qui, à la panique, a rajouté du désespoir. Le témoignage de
Stop Homophobie sur la situation dramatique des homosexuels au
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