La gauche a conservé
Paris,
Marseille et
Lyon dimanche 22 mars au second tour des municipales, qui ont toutefois signé l'échec général des alliances controversées entre LFI et les socialistes, tandis que la droite et le centre engrangent une belle moisson et que le RN enregistre une vague de victoires dans les villes moyennes. Publié le : 22/03/2026 - 23:39 5 min Temps de lecture
Emmanuel Grégoire, qui a fait le choix de ne pas faire alliance avec LFI, a remporté les élections municipales à
Paris, le 22 mars 2026. © Geoffroy van der Hasselt / AFP Dès l’annonce des résultats, les yeux se sont tournés vers l’élection présidentielle prévue dans treize mois, dont la campagne va maintenant connaître une nette accélération. Prenant la parole en premier juste après 20h, , candidat déclaré à l’Élysée conforté par sa réélection au Havre, a vu « des raisons d’espérer quand tous ceux de bonne volonté se rassemblent dans un discours de vérité et qu’ils écartent les extrêmes et leur facilité. » Mais c'est la question des alliances qui était au cœur du second tour des municipales, pointe Valérie Gas, du service politique. À gauche, le
Parti socialiste et les écologistes devront tirer les leçons de la défaite de la plupart des fusions d’entre-deux-tours avec
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France Insoumise, qui ont valu de nombreuses critiques notamment aux troupes d’Olivier Faure. D’autant qu’à
Paris et
Marseille, où il n’y a pas eu de telles alliances, la gauche hors Insoumis gagne nettement des batailles, qui s’annonçaient plus serrées.
Emmanuel Grégoire s’impose à la mairie de
Paris face à
Rachida Dati, bascule à droite de plusieurs villes stratégiques de gauche Le socialiste
Emmanuel Grégoire balaie l’ex-ministre de droite
Rachida Dati, soutenue par
Emmanuel Macron, pour succéder à dans la capitale. Et dans la cité phocéenne, le sortant
Benoît Payan bat largement le député Rassemblement national
Franck Allisio. Ailleurs, de Toulouse à Limoges, de Clermont-Ferrand à Avignon, les alliances avec le mouvement de gauche radicale de , accusé pendant la campagne, y compris par les socialistes, d’antisémitisme et d’ambiguïté face à la violence politique, sont vaincues. Les écologistes, à Poitiers et Besançon, bastion historique de la gauche, perdent ainsi des mairies remportées lors de la vague verte de 2020. Le parti de droite
Les Républicains en profite pour arracher plusieurs fiefs de gauche (Besançon, Clermont-Ferrand, Limoges…). Même Tulle, ville de François Hollande où ce type d’alliance a été conclu, bascule à droite. Également alliée à LFI, l’écologiste Jeanne Barseghian perd Strasbourg, reconquise par l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann.
Lyon et Nantes, seuls bastions de poids où les alliances avec LFI fonctionnent Rares réussites des alliances avec LFI, celle du maire écologiste de
Lyon Grégory Doucet, qui confirme sa remontada avec une courte avance sur l’ex-patron de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, longtemps favori avec le soutien de LR et de la macronie. Et celle de l’édile socialiste Johanna Rolland à Nantes. Les socialistes sauvent aussi les meubles en gardant Lille et Rennes et en revendiquant la victoire à Pau, où l’ex-Premier ministre centriste François Bayrou essuie un échec personnel majeur après avoir déjà raté son passage à Matignon. «
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France Insoumise fait perdre », a constaté le secrétaire général du PS Pierre Jouvet, tandis que le patron du parti à la rose Olivier Faure a estimé que « la provocation outrancière » et « les dérapages antisémites » étaient « une voie sans issue ». Mais il a appelé la gauche à « se rassembler sur des principes clairs », comme l’écologiste Marine Tondelier, qui a déploré la victoire dimanche des « partisans des gauches irréconciliables ». Le Rassemblement national continue de s’implanter au niveau local « Une réalité s’impose : nous sommes toujours et plus que jamais la première force politique locale », s’est à l’inverse réjoui le patron de LR Bruno Retailleau. Dès lundi, les présidentiables devront tirer les enseignements de ces scrutins locaux, marqués également par une tentative de l’extrême droite pour faire front commun avec la droite, restée dans l’ensemble vaine. Pour le RN, parti sans avoir pu nouer des alliances à droite, c'est l'échec à Toulon ou à Nîmes, qu'il espérait afficher à son tableau de chasse, mais le parti d'extrême droite gagne dans des villes comme Carcassonne, Orange, Liévain, et Nice où son seul allié, l'UDR Éric Ciotti, réussit à s'imposer. Marine Le Pen a salué la victoire dans des « dizaines » de communes, dont Carcassonne (Aude), Saint-Avold (Moselle), La Flèche (Sarthe) ou Menton (Alpes-Maritimes). En parallèle, le député lepéniste Jean-Philippe Tanguy a regretté que « le refus des fusions » de la part de LR ait « permis aux communistes de gagner un certain nombre de villes ». À lire aussiEN DIRECT - Municipales en
France: « percée » du RN, la gauche conserve
Paris,
Lyon et
Marseille Sans perdre un instant, le chef des députés LR Laurent Wauquiez a estimé que « le résultat des municipales doit nous projeter sur 2027 » : « si on est divisés, il n’y aura pas de candidat de droite au second tour ». Et le macroniste Gérald Darmanin a insisté pour qu’il n’y ait à la présidentielle qu’« un seul candidat de la droite et du centre » et peut-être même de la gauche républicaine. LFI s’impose au second tour à Roubaix, La Courneuve et Vénissieux Le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, dont le parti ne remporte que peu de nouvelles villes, dont Bordeaux et Annecy, a d’ailleurs tendu la main aux électeurs de la gauche républicaine « écœurés » par les « accords » entre le PS et LFI. Après Saint-Denis, deuxième ville d’Île-de-
France dès le premier tour, LFI remporte une autre grande ville, Roubaix (Nord) avec le député David Guiraud, fort d’une large avance dimanche dernier. Le mouvement mélenchoniste s’implante dans la périphérie des grandes villes, avec des victoires à La Courneuve et Vénissieux, et son coordinateur national Manuel Bompard affirme que sa « percée » du premier tour se « renforce ». Comme au premier tour, la participation a été historiquement basse à ce second tour, si l’on fait exception de celle encore plus faible de 2020, en plein Covid-19. Elle s’affiche à environ 57 % selon les institutions de sondage, même s’il y a un sursaut dans plusieurs villes où les batailles comprenaient le RN ou LFI. Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail