Dans la foulée d'élections municipales sans vainqueur clair, chaque camp politique est attendu, lundi 23 mars, pour tirer les leçons du scrutin, alors que la question des alliances et des stratégies pour la présidentielle domine déjà le débat. Publié le : 23/03/2026 - 07:36 4 min Temps de lecture Un bureau de vote à
Paris lors du second tour des élections municipales, le 22 mars 2026. AFP - KENZO TRIBOUILLARD Dans les trois plus grandes villes –
Paris,
Lyon et
Marseille –, la stabilité est de mise. Dans la capitale, le socialiste
Emmanuel Grégoire savoure sa victoire, après l'avoir célébrée jusque dans le métro ou en déambulant à vélo dans les rues. Favori des sondages pour 2027, le président du
Rassemblement National Jordan Bardella n'a pas manqué de revendiquer « la plus grande percée » de l'histoire du parti, qui a remporté des dizaines de petites et moyennes villes, celle-ci n'est qu'un « commencement », a-t-il promis. À lire aussiMunicipales en
France: la gauche l'emporte à
Paris,
Lyon,
Marseille mais les alliances avec LFI échouent Si le parti d'extrême droite continue d'améliorer son implantation, il n'a pas réussi à faire tomber toutes les barrières entre lui et la droite traditionnelle, qui s'est mise en travers de sa marche à Toulon (Var), Nîmes (Gard), voire à
Marseille. À Nice, son allié Éric Ciotti a remporté une victoire majeure, mais sous l'étiquette de l'UDR. Chantre de l'union des droites, le nouveau maire de Nice affirme que « LR, c'est terminé ». Plusieurs villes importantes pour
Les Républicains (LR) Diagnostic évidemment aux antipodes au parti de droite qui, malgré ses échecs à
Paris et probablement
Lyon, a remporté plusieurs villes importantes : Clermont-Ferrand, Brest, Limoges... De quoi conforter le chef
Bruno Retailleau, déjà candidat à la présidentielle, qui estime avoir montré une « autre voie », entre le « chaos social » insoumis et le « désordre budgétaire » du « programme économique » du RN. La question d'une éventuelle candidature commune de la droite et du centre promet d'agiter encore de nombreux mois l'espace allant de
Renaissance aux Républicains en passant par Horizons. Le parti d'Édouard Philippe peut souffler après la réélection de son champion au Havre qui, selon les derniers sondages, reste en position de se qualifier au second tour de la présidentielle de 2027. De son côté, le parti macroniste
Renaissance, s'il remporte moins de villes que la droite, a conquis Annecy et surtout Bordeaux, reprise aux écologistes. Revigoré, son chef Gabriel Attal a souhaité tendre la main à droite et à gauche, mais avec une « pensée particulière pour tous ces Français de la gauche républicaine qui ont été absolument écœurés » par les accords entre le PS et LFI. À lire aussiSecond tour des municipales en
France: «percée» du RN, la gauche conserve
Paris,
Lyon et
Marseille Comme lui, les caciques du bloc central devraient accentuer ces prochaines semaines leurs critiques sur la volte-face socialiste entre les deux tours. Le choix de candidats locaux socialistes dans une quinzaine de villes de s'allier aux Insoumis s'est fait après la promesse du Parti socialiste (PS) de ne pas conclure d'accord national. D'autant que la stratégie s'est révélée parfois perdante, à Limoges ou à Toulouse notamment où les socialistes avaient rejoint LFI au second tour, mais également à Clermont-Ferrand, Tulle, Brest ou Avignon, perdues par le PS. Le pari a toutefois été remporté à Nantes, conservée par la numéro deux du PS, Johanna Rolland. « La gauche a été toxique pour elle-même » « La provocation outrancière » et « les dérapages antisémites » sont « une voie sans issue », a lancé dimanche le patron du PS, Olivier Faure, en direction de Jean-Luc Mélenchon, tout en estimant que les « gauches irréconciliables » conduiront à une autre « impasse ». Une position qui dénote la difficulté pour le PS à bâtir une stratégie gagnante pour la prochaine présidentielle. Son homologue coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a, lui, vu dans des victoires insoumises à Roubaix, Saint-Denis, La Courneuve, ou encore Vénissieux, un « formidable désaveu » des « calomnies » contre son mouvement. Il a aussi observé une « vague dégagiste » touchant des sortants socialistes et écologistes. « La gauche a été toxique pour elle-même dans cette campagne », a jugé la patronne des écologistes Marine Tondelier. « On est à bord du Titanic », a pointé de son côté François Ruffin, candidat à la primaire de la gauche, appelant celle-ci à ne pas « déconner », sous peine d'être coulée par « l'iceberg
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