La quantité de chaleur accumulée par la
Terre a atteint un niveau record en 2025, avec des conséquences à craindre pour des centaines, voire des milliers d'années, alerte lundi l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l'
ONU. Publié le : 23/03/2026 - 06:34Modifié le : 23/03/2026 - 06:35 3 min Temps de lecture La silhouette d'un homme devant un soleil de plomb (image d'illustration). AFP - FABRICE COFFRINI « Le climat mondial est en état d'urgence. La
Terre est poussée au-delà de ses limites. Tous les indicateurs climatiques clés sont dans le rouge », a averti le Secrétaire général de l'
ONU Antonio Guterres à l'occasion de la publication du rapport annuel de l'état du climat de l'OMM. Les grandes coupables sont les énergies fossiles que nous utilisons : gaz, pétrole et charbon... a rappelé
Antonio Guterres. « Alors que la guerre menace le monde, la crise climatique met en lumière une autre vérité : notre dépendance aux énergies fossiles déstabilise à la fois le climat et la sécurité mondiale. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons accélérer la transition juste vers les énergies renouvelables. Les énergies renouvelables garantissent la sécurité climatique, la sécurité énergétique et la sécurité nationale », a-t-il insisté. Déséquilibre énergétique de la
Terre Pour la première fois, ce rapport intègre parmi les indicateurs climatiques clés le déséquilibre énergétique de la
Terre, qui rend compte de la vitesse à laquelle l'énergie entre et sort du système de la planète. Dans un climat stable, la quantité d'énergie solaire entrante est à peu près égale à la quantité d'énergie sortante. Mais cet équilibre est rompu par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre (CO2, méthane et protoxyde d'azote) qui entraînent un réchauffement continu de l'atmosphère et de l'océan ainsi que la fonte des glaces. À lire aussiClimat: l'Ouest américain subit une vague de chaleur «sans précédent» en ce mois de mars Le déséquilibre s'est accentué depuis le début des relevés d'observation en 1960 et en particulier au cours des 20 dernières années, pour atteindre « un nouveau record en 2025 », constate l'OMM. « Les activités humaines perturbent de plus en plus l'équilibre naturel, et nous devrons vivre avec ces conséquences pendant des centaines, voire des milliers d'années », prévient la Secrétaire générale de l'organisation
Celeste Saulo. Dans son rapport, l'OMM confirme que les années 2015 à 2025 sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées, et que l'année 2025 se classe au deuxième ou troisième rang, avec une température supérieure d'environ 1,43 degrés à la moyenne de la période 1850-1900. Élévation du niveau de la mer L'année 2024, qui a débuté sous l'influence d'un puissant épisode El Niño, reste l'année la plus chaude jamais observée, souligne encore l'organisation. « Les phénomènes extrêmes survenus partout dans le monde, notamment les épisodes de chaleur intense, les fortes pluies et les cyclones tropicaux, ont causé des perturbations et des dégâts, et mis en évidence la vulnérabilité de nos économies et sociétés interconnectées », rappelle l'OMM. À lire aussiCes riches qui ravagent la planète Le réchauffement océanique et la fonte des glaces entraînent une élévation à long terme du niveau mondial moyen de la mer, qui s'est accélérée depuis le début des mesures satellitaires, en 1993. Ce niveau était en 2025 supérieur d'environ 11 cm à celui enregistré au début des relevés. L'excédent de chaleur est stocké à 91% dans l'océan, qui joue le rôle de tampon contre la hausse des températures sur les terres émergées. Mais selon l'OMM « le contenu thermique de l'océan a atteint un nouveau record en 2025, et le taux de réchauffement a plus que doublé entre la période 1960-2005 et la période 2005-2025 ». Dans le même temps, les calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland ont toutes deux perdu une masse considérable, et l'étendue moyenne annuelle de la glace de mer arctique en 2025 se classe au premier ou au deuxième rang des étendues les plus faibles jamais mesurées depuis le début de l'ère satellitaire, relève l'organisation onusienne. Je fais le prélèvement d'eau pour la mesure du PH et du carbone inorganique dissous. 01:20 [Reportage] A Villefranche-sur-Mer, des chercheurs étudient le phénomène d'acidification des océansJeanne Richard Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail