La situation à
Lyon est inédite. Ce dimanche 22 mars, à l'issue des élections municipales et métropolitaines, les électeurs ont tranché. La ville reste à gauche, avec l'écologiste
Grégory Doucet. Mais, la métropole sera dirigée par la droite de
Véronique Sarselli. Comment les deux collectivités vont-elles gérer les années à venir ? Résultats des élections municipales 2026 Mobilités, urbanisme, logement... Autant de thématiques du quotidien qui impactent la vie des grands lyonnais. En plaçant les listes de droite "
Grand Coeur Lyonnais" en tête sur la métropole, les électeurs ont sanctionné six années de gestion de gauche. Mais, particularité : à
Lyon, le maire sortant
Grégory Doucet, écologiste, a été réélu.Au soir du second tour, les questions ne manquent pas. Qu'en sera-t-il des grands projets souhaités par la ville ? Encadrement des loyers, aménagement de la rive droite du
Rhône, Zone à Trafic Limité en centre-ville…Pour tenter de répondre,
Daniel Navrot, politologue et spécialiste de la politique locale, explique : "La métropole a obtenu une majorité nette, les marges de négociations pour
Lyon et
Villeurbanne sont limitées".Il va falloir rechercher le compromis. On est sur un dialogue entre deux collectivités. Il y aura discussion sur les priorités.
Daniel Navrot, politologue, directeur de Prospective
Rhône-AlpesSelon l'expert, les élus, différentes tendances politiques confondues, n'auront pas le choix : il faudra discuter. Certains projets seront sans doute amendés ou retoqués. "On verra clair à l'automne", selon
Daniel Navrot, "le temps de mener des études". Les transports en commun lyonnais, une compétence de la métropole. • © Eric Soudan, Alpaca Productions / Sytral Mobilités Discuter, négocier, des tendances qui semblent se dégager du côté de la principale concernée. Lors de la soirée du second tour,
Véronique Sarselli a donné sa vision. "Je serai la présidente de tous les grands lyonnais, des communes et des maires", a-t-elle rappelé.Nous sommes en majorité dans un grand nombre de circonscriptions. Les électeurs ont validé un projet ambitieux. Un projet pour eux. Un projet pour leur vie quotidienne et l'avenir de la métropole.
Véronique Sarselli, "
Grand Coeur Lyonnais" (DVD).Concernant le programme qu'elle défendait, comme la création d'une nouvelle ligne de métro, une nouvelle traversée sous le tunnel sous Fourvière ou encore la refonte de la Zone à Trafic Limité, elle a affirmé : "Ces projets seront enclenchés en concertation avec les maires. Il faudra travailler avec tous les maires, y compris celui de
Lyon".Une balle saisie au bond par le maire de
Lyon. "J'ai entendu Madame Sarselli qu'elle sera à l'écoute des maires, je saurai lui rappeler au besoin", a déclaré
Grégory Doucet. Mais, les échanges promettent d'être tendus.On aura du fil à retordre à la métropole. Nous serons un rempart contre une politique de regression et rétrograde. Mais on aura besoin de travailler ensemble comme on travaille avec la région, même avec des couleurs poltiques différentes.
Grégory Doucet, candidat réélu écologiste à la mairie de
Lyon Le siège de la Métropole de
Lyon, dans le quartier de la Part Dieu. • © France tv Jusqu'alors, la ville de
Lyon, avec sa voisine
Villeurbanne, occupait une place centrale au sein de la métropole. Le maire de
Lyon devenait, de fait, le président de l'agglomération. Avec ce nouveau scrutin au suffrage universel direct, les choses ont changé. Les cartes sont rebattues. Toute la question est de savoir quelle sera la place qu'occuperont désormais
Lyon et
Villeurbanne, à gauche, au milieu d'une métropole de droite.L'élection pour la présidence de cette "super collectivité" de quatre milliards d'euros se déroulera jeudi 26 mars.
Véronique Sarselli a annoncé sa candidature et a proposé à Jean-Michel Aulas de siéger comme premier vice-président.