La gauche a conservé
Paris, Lyon et
Marseille, et des ténors de la politique ont été battus, à l'image de
François Bayrou à Pau ou
Christian Estrosi à
Nice. Publié le 23/03/2026 12:57 Mis à jour le 23/03/2026 13:39
Eric Ciotti brandit l'Aigle, symbole de la ville, à l'annonce de sa victoire aux élections municipales de
Nice (Alpes-Maritimes), le 22 mars 2026. (VALERY HACHE / AFP) D'immenses sourires de soulagement chez les uns, des larmes et des visages fermés pour les autres. De la virée victorieuse en Vélib' d'
Emmanuel Grégoire à
Paris, à l'aigle emblème de
Nice brandi comme trophée par
Eric Ciotti, en passant par les larmes de Léonore Moncond'Huy, maire écologiste sortante à Poitiers, franceinfo a sélectionné quinze photos et vidéos marquantes de la soirée du second tour des municipales, dimanche 22 mars. L'accolade de
Benoît Payan et
Amine Kessaci à
Marseille Après sa victoire aux municipales,
Benoît Payan enlace
Amine Kessaci à
Marseille, le 22 mars 2026. (THIBAUD MORITZ / AFP)
Marseille est "restée unie", a lancé
Benoît Payan, confortablement réélu à la tête de sa liste d'union de la gauche excluant La France insoumise. Avec 54,34% des voix, le maire sortant a obtenu 14 points de plus que le député Rassemblement national
Franck Allisio (40,30%). Le militant
Amine Kessaci, figure de proue de la lutte contre le narcotrafic dans la cité phocéenne, était en troisième position sur la liste de l'édile et fait donc son entrée au conseil municipal de
Marseille. "
Marseille a su se tenir debout", a réagi le jeune homme, venu célébrer la victoire électorale sur le Vieux-Port, aux côtés d'autres représentants de la liste de la gauche unie.La défaite de
François Bayrou à Pau, à 344 voix prèsSéisme politique dans le Béarn. Contre toute attente,
François Bayrou a été battu dans son fief de Pau, qu'il dirigeait depuis bientôt douze ans. L'ancien Premier ministre a été devancé par le socialiste
Jérôme Marbot, à la tête d'une liste d'union de la gauche sans LFI, qui devient maire avec 42,45% des voix. "Il faut faire confiance à la démocratie quand on gagne, et lui faire confiance quand on perd, de seulement 344 voix", a réagi
François Bayrou, défait, la voix fatiguée. Visiblement sonné, le président du MoDem a adressé "un message de gratitude à cette ville incroyable", devant des centaines de militants à la mine déconfite. Le maire sortant de Pau (Pyrénées-Atlantiques),
François Bayrou, après sa défaite aux élections municipales, le 22 mars 2026. (GAIZKA IROZ / AFP) La virée en Vélib' d'
Emmanuel Grégoire à
Paris...Candidat de la gauche unie hors LFI à
Paris,
Emmanuel Grégoire a été largement élu (50,52%) face à sa rivale de droite, Rachida Dati, qui a totalisé 41,52% des suffrages. Sitôt sa victoire annoncée, le nouvel édile de la capitale, 48 ans, s'est rendu en Vélib' à l'hôtel de ville, où l'attendait la maire sortante, Anne Hidalgo, qui lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la capitale.🔴 C'est le cortège de victoire le plus parisien possible :
Emmanuel Grégoire, élu maire de
Paris devant Rachida Dati rejoint l'Hôtel de Ville à Vélib', suivi par un peloton de sympathisants. pic.twitter.com/ZCAiXqU3pM— franceinfo (@franceinfo) March 22, 2026 ... Et la défaite de Rachida Dati🗣 🔴 Rachida Dati : "Je n'ai pas réussi à convaincre suffisamment que le changement était non seulement possible mais nécessaire", affirme l'ex-ministre de la Culture après sa défaite à
Paris, avant d'ajouter avoir '"aussi subi des attaques indignes en dessous de la ceinture". pic.twitter.com/dYcnSKNhxt— franceinfo (@franceinfo) March 22, 2026 Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu qu'elle n'avait pas réussi à convaincre. "Je veux aussi dire à l'équipe sortante qu'elle ne pourra pas ignorer les attentes de changement exprimées par plusieurs centaines de milliers de Parisiens", a ajouté la maire du 7e arrondissement et ex-ministre de la Culture, déplorant des "attaques en dessous de la ceinture" l'ayant visée pendant la campagne. Tout en n'oubliant pas de pointer "le poison de la division" qui "a produit ses effets".
Eric Ciotti, grand gagnant à
Nice, brandit l'aigle emblème de la ville...
Eric Ciotti brandit l'Aigle, symbole de la ville, à l'annonce de sa victoire aux élections municipales de
Nice (Alpes-Maritimes), le 22 mars 2026. (VALERY HACHE / AFP) Le duel des meilleurs amis devenus ennemis a pris fin.
Eric Ciotti a détrôné le maire sortant de
Nice,
Christian Estrosi (Horizons), en obtenant 48,54% des voix (contre 37,2% pour son rival), offrant la cinquième ville de France à l'extrême droite. "C'est une immense victoire que vous avez construite. Et ce soir, mes premiers mots seront pour vous, Niçois et Niçoises. Cette victoire, elle est belle, elle nous donne de la joie, du bonheur", a lancé le nouveau maire UDR-RN, qui a qualifié la campagne de "dure".... Et
Christian Estrosi fait ses adieux à la vie politique niçoiseDe son côté,
Christian Estrosi, battu, a annoncé, les larmes aux yeux, qu'il abandonnait la vie politique niçoise. "Aujourd'hui, une page se tourne. Ce [dimanche] soir, je vous dis au revoir. Mais pas adieu (…) Je vais désormais prendre le recul nécessaire, me consacrer un peu plus à ma famille et songer à d'autres défis", a-t-il déclaré devant plusieurs dizaines de colistiers et soutiens émus, réunis à sa permanence de campagne. Il a assuré à ses troupes qu'avoir été maire de
Nice pendant dix-huit ans a été "l'honneur" de sa vie.Municipales 2026 :
Christian Estrosi annonce qu'il n'exercera pas ses mandats municipaux, après sa lourde défaite au second tour face à son rival
Eric Ciotti à la mairie de
Nice. Lors de son discours de défaite, l'ancien édile annonce "prendre le recul nécessaire". pic.twitter.com/QKWBXLpOQo— franceinfo (@franceinfo) March 22, 2026 Le soulagement de Grégory Doucet, réélu de justesse à Lyon...Propulsé maire de Lyon avec la vague verte de 2020, l'écologiste Grégory Doucet a réussi à arracher un second mandat, avec 50,67% des voix, après une campagne menée en challenger, bousculé par un rival inattendu, l'ex-président de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas. Seules 2 762 voix les séparent finalement. "Une nouvelle page de Lyon s'est écrite", s'est réjoui Grégory Doucet dans son discours de victoire. Grégory Doucet célèbre sa victoire aux élections municipales au siège des écologistes à Lyon (Rhône), le 22 mars 2026. (BASTIEN DOUDAINE / Hans Lucas) ... Et l'amertume de Jean-Michel Aulas, qui dénonce des "irrégularités" Jean-Michel Aulas s'adresse aux médias après le second tour des élections municipales à Lyon (Rhône), le 22 mars 2026. (ALEX MARTIN / AFP) Longtemps donné ultrafavori, l'ex-homme d'affaires a connu une fin de campagne difficile et n'est finalement pas parvenu à convaincre, terminant deuxième avec 49,33% des voix. Il a annoncé vouloir saisir la justice pour contester la réélection du maire écologiste sortant, "compte tenu des nombreuses irrégularités commises pendant le scrutin". "A l'heure actuelle, on ne sait pas qui a gagné Lyon", a insisté le chef d'entreprise de 77 ans, candidat adoubé par la droite et le centre droit. La nette victoire d'Edouard Philippe au Havre, qui se tourne désormais vers 2027 Edouard Philippe célèbre sa réélection à la mairie du Havre (Seine-Maritime) à l'issue du second tour des élections municipales, le 22 mars 2026. (LOU BENOIST / AFP) Le patron du parti Horizons, qui avait lié son destin national à sa victoire locale, a été réélu au Havre avec 47,71 % des suffrages, devant le député communiste Jean-Paul Lecoq (41,17%), soutenu par le reste de la gauche, et le représentant de l'UDR et du Rassemblement national, Franck Keller (11,12%). "Les Havrais savent qu'il y a des raisons d'espérer quand tous ceux de bonne volonté se rassemblent dans un discours de vérité et qu'ils écartent les extrêmes et leur facilité", a réagi le maire réélu, sourire aux lèvres. L'ex-Premier ministre, qui se retrouve seul candidat déclaré de la droite et du centre à s'être confronté, avec succès, à l'épreuve du suffrage universel à l'occasion de ces municipales, réunira ses soutiens pour un premier meeting à
Paris le 12 avril.Le retour de Catherine Trautmann, qui reconquiert la mairie de Strasbourg Catherine Trautmann s'adresse aux médias depuis la mairie de Strasbourg (Bas-Rhin), après son élection au second tour des élections municipales, le 22 mars 2026. (ROMEO BOETZLE / AFP) Figure du paysage politique français depuis plus de trois décennies, la socialiste Catherine Trautmann, 75 ans, a remporté l'élection municipale à Strasbourg, avec 37% des voix, un quart de siècle après avoir quitté la fonction. La maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian, obtient 31,7% des voix et le LR Jean-Philippe Vetter 31,29%. "Il y avait dans la ville un véritable besoin de changement réparti entre des électeurs progressistes, que j'ai représentés, et des électeurs à droite", a observé cette ancienne ministre de la Culture de Lionel Jospin.Les larmes de la maire sortante de Poitiers, Léonore Moncond'Huy, qui s'incline face à son rival centriste"On a montré que rien n'était joué d'avance", a déclaré, émue, la maire écologiste sortante de Poitiers (Vienne), Léonore Moncond'huy, après sa défaite surprise face au candidat de centre gauche, Anthony Brottier, ex-macroniste, vainqueur avec 47,32% des voix contre 40,79%. Léonore Moncond'huy avait scellé entre les deux tours une fusion avec une liste LFI-PCF menée par l'insoumis Bertrand Geay (14,05% au premier tour). Le candidat socialiste, François Blanchard (11,48%) s'était retiré de la course.Le sourire de Laurence Ruffin, première femme élue maire à Grenoble Laurence Ruffin, qui vient de remporter la mairie de Grenoble (Isère), célèbre sa victoire au côté de son frère, le député François Ruffin, le 22 mars 2026. (MAXIME GRUSS / AFP) Novice en politique, la cheffe d'entreprise Laurence Ruffin a été élue maire de Grenoble à la tête d'une coalition de gauche, avec 56,59% des voix, contre 43,41% des suffrages exprimés pour son concurrent, Alain Carignon (Les Républicains). "Je ne réalise pas encore", a déclaré la sœur du député de la Somme François Ruffin, âgée de 48 ans. "Il y a plusieurs choses qui expliquent notre victoire : on a porté des grandes valeurs qui marquent la ville de Grenoble dans son histoire. On est une ville de la Révolution, qui a œuvré dans le cadre de l’innovation sociale", a notamment analysé celle qui devient la première femme édile de la ville iséroise.Le poing levé de l'insoumis David Guiraud, élu haut la main à Roubaix David Guiraud, candidat de La France insoumise à la mairie de Roubaix (Nord), célèbre sa victoire, le 22 mars 2026. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP) Déjà arrivé très largement en tête au premier tour, le candidat LFI David Guiraud s'est imposé sans difficulté dans une quadrangulaire au second tour à Roubaix (Nord), avec 53,19% des voix, loin devant le sortant divers droite, Alexandre Garcin (25,55%). "Ce [dimanche] soir, nous allons montrer ce que peut faire une municipalité dirigée par un insoumis avec une équipe plurielle, et surtout au service de ses habitants", a déclaré le député La France insoumise depuis l'hôtel de ville.La victoire du macroniste Thomas Cazenave à Bordeaux... Thomas Cazenave face à une nuée de caméras à son QG de campagne à Bordeaux (Gironde), le 22 mars 2026. (DAVID SEPEAU / Hans Lucas) Après six années de gouvernance écologiste, Bordeaux a retrouvé un maire de centre droit avec la victoire du député Renaissance et ex-ministre Thomas Cazenave (50,95% des voix) face au maire sortant, Pierre Hurmic (49,05%), battu de peu, comme il l'avait emporté en 2020. "Ce résultat nous oblige. Dès demain, nous serons au travail, au service des Bordelaises et des Bordelais. Et il y a beaucoup de travail", a déclaré cet inspecteur général des finances, âgé 48 ans, devant des militants réunis à son local de campagne. Outre le gain d'Annecy, la conquête de Bordeaux (265 000 habitants) est le succès qui sauve la campagne du parti Renaissance dans ces municipales.... Et la déception du maire écologiste sortant, Pierre HurmicLes yeux embués, la voix un peu étranglée, celui qui passait il y a quelques mois comme le mieux placé des édiles verts pour être réélu a fait une courte allocution à l'hôtel de ville pour annoncer les résultats après avoir appelé son rival. "Nous sommes fiers du travail accompli", "soyons dignes dans la défaite", "demain est un autre jour, la vie politique continue", a ensuite déclaré Pierre Hurmic, allié au PS, au PCF ainsi qu'à Génération.s, Nouvelle Donne et Place publique. Il a longuement été applaudi par ses soutiens et des militants dans les rues de Bordeaux. En Colombie, un avion de l'armée s'écrase et fait au moins 8 morts et 83 blessés Quatre disparus dans l'Aveyron : un ex-policier activement recherché L'émotion de Jean Dujardin aux obsèques de Bruno Salomone Armement : quelle participation de la France dans la guerre ? 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Christian Estrosi fait ses adieux à la vie politique niçoise
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