Un total de 107 députés étaient candidats têtes de listes aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026. (TELMO PINTO / NurPhoto / AFP) Les mandats de maire et de député ne pouvant être cumulés, cette petite quarantaine d'élus va devoir choisir entre le fauteuil de maire ou son siège à l'
Assemblée Nationale. Pas moins de 107 députés avaient décidé de tenter leur chance aux élections municipales des dimanches 15 et 22 mars, avec des raisons différentes pour chacun : "passer à autre chose", lassitude des travaux de l'
Assemblée Nationale ou encore stratégie de carrière. A l'issue de ce scrutin, selon le décompte de franceinfo, le pari a été gagnant pour 39 d'entre eux, victorieux dans leur commune. Dans le détail, 22 ont été élus au soir du second tour. C'est par exemple le cas de l'insoumis
David Guiraud à
Roubaix (Nord), du macroniste
Thomas Cazenave à
Bordeaux ou de la candidate du Rassemblement national
Alexandra Masson à
Menton (Alpes-Maritimes). Une semaine plus tôt, 17 candidats avaient fêté la victoire au soir du premier tour, à l'image du socialiste
Julien Gokel à Cappelle-la-Grande (Nord) ou du député LR Fabien Di Filippo à Sarrebourg (Moselle). Tous les députés candidats sous les couleurs LR ont été élus. A l'inverse, les groupes écologiste et communiste ne voient aucun de leurs députés terminer en tête du scrutin municipal. L'
Assemblée Nationale pourrait donc connaître un petit chamboulement, avec 39 députés qui vont devoir choisir entre leur mandat parlementaire et leur fauteuil de maire, les deux mandats ne pouvant être cumulés. Franceinfo passe en revue les résultats au sein des différents groupes parlementaires.Rassemblement national : huit élus sur 35 députés têtes de listeEn mal d'ancrage municipal, le RN a misé sur son groupe parlementaire, le plus important à l'Assemblée, pour battre campagne dans les communes des circonscriptions déjà conquises. Près d'un tiers des députés RN étaient têtes de listes pour ce vote, avec des résultats très contrastés en fonction des territoires, et aucune conquête retentissante dans les grandes villes. Deux députés ont été élus dès le premier tour, le 15 mars : Nicolas Meizonnet à Vauvert (Gard) et Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Au second tour, six députés RN ont remporté leur scrutin. Le RN rêvait de victoire dans deux métropoles du sud, Toulon et Marseille. Dans la cité varoise, Laure Lavalette échoue face à la maire sortante divers droite, tandis que Franck Allisio fait les frais du front anti-RN à Marseille. Dans les Bouches-du-Rhône, le RN échoue également à prendre Aubagne avec Joëlle Mélin, vaincue par l'union de la gauche de Jean-Pierre Squillari ; Sénas avec Romain Baubry, défait par le divers droite Philippe Ginoux ; et Martigues avec Emmanuel Fouquart, largement battu par la gauche. Dans le Var, le RN peut se consoler avec la victoire de Frédéric Boccaletti à Six-Fours-les-Plages, mais doit composer avec la défaite de Philippe Schreck à Draguignan. Dans le Vaucluse, Hervé de Lépinau l'emporte à Carpentras, mais Bénédicte Auzanot est battue d'une courte tête à Cavaillon par la droite de Gérard Daudet.Dans les Alpes-Maritimes,
Alexandra Masson l'emporte à
Menton, malgré la candidature du très médiatique Louis Sarkozy, soutenu par LR, qui avait fusionné avec une dissidente de droite. Dans l'Hérault, Aurélien Lopez-Liguori est victorieux à Agde. Dans l'Aude, Christophe Barthès termine premier du second tour à Carcassonne, tandis que Frédéric Falcon échoue à s'imposer à Narbonne. Dans le Gard, Pascale Bordes s'est imposée à Bagnols-sur-Cèze.Le RN visait aussi des victoires dans le nord du pays, mais Thierry Tesson a été nettement défait au second tour à Douai. Le parti a aussi encaissé deux déceptions de taille dans le Pas-de-Calais, où Marc de Fleurian a été éliminé dès le premier tour par la maire sortante à Calais, tout comme Bruno Clavet à Lens.La France insoumise : quatre élus sur 19 députés têtes de listePlusieurs cadres de La France insoumise se sont investis dans ces élections municipales, avec des résultats divers. D'un côté, plusieurs victoires d'ampleur témoignent d'une véritable percée dans les grandes villes. C'est le cas pour les députés
David Guiraud (Nord), Aly Diouara (Seine-Saint-Denis), Idir Boumertit et Abdelkader Lahmar (Rhône), qui se sont imposés respectivement à
Roubaix, La Courneuve, Vénissieux et Vaulx-en-Velin, quatre grandes villes en périphérie de métropoles.De l'autre, le parti n'a pas réussi à convertir l'essai à Toulouse, où François Piquemal échoue à faire gagner la gauche, comme Damien Maudet à Limoges. Au rang des déceptions pour LFI, la députée de l'Essonne Farida Amrani s'est inclinée dès le premier tour, à Evry-Courcouronnes. Enfin, à Marseille, Sébastien Delogu est arrivé quatrième du premier tour et s'est retiré de la course sans fusion avec la liste de Benoît Payan, face au "risque" d'une victoire du candidat RN Franck Allisio, lui aussi député des Bouches-du-Rhône.Présente au second tour, LFI n'a finalement pas perturbé la réélection des maires socialistes de Rennes (Ille-et-Vilaine), avec Marie Mesmeur, ou de Montpellier (Hérault), avec Nathalie Oziol. Si Sophia Chikirou a décidé de se maintenir après avoir terminé troisième de la course à la mairie de Paris malgré ses appels en direction du député PS Emmanuel Grégoire, elle demeure troisième au second tour. Elle aussi troisième, à Lyon (Rhône), Anaïs Belouassa-Cherifi a opéré une fusion technique avec le maire sortant écologiste, Grégory Doucet, avec une victoire de la gauche à la clé.Parti socialiste : trois élus sur 12 députés têtes de listePour le groupe PS à l'
Assemblée Nationale, les yeux étaient braqués sur Paris, où se présentait Emmanuel Grégoire. Le parlementaire de la capitale est parvenu à succéder à Anne Hidalgo, en battant Rachida Dati au second tour. Il était également concurrencé sur sa gauche par Sophia Chikirou, elle aussi députée de Paris. Derrière cette bataille très médiatisée, les députés PS ont connu des fortunes diverses, avec quelques revers à noter, comme ceux de Philippe Brun à Louviers (Eure), Marc Pena à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Marietta Karamanli au Mans (Sarthe) ou encore Paul Christophle à Valence (Drôme).En revanche, deux députés du groupe ont réussi leur pari de devenir ou redevenir des élus locaux dès le premier tour, comme
Julien Gokel, à Cappelle-la-Grande (Nord), ou Stéphane Hablot à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). Si le premier a choisi son mandat municipal et enfilé l'écharpe de maire, le deuxième restera à l'Assemblée, car c'est un de ses colistiers qui a été élu maire par le conseil municipal.Ensemble pour la République : quatre élus sur 10 députés têtes de listeAvec des ambitions mesurées, les députés du groupe Ensemble pour la République limitent la casse. Deux députés offrent ses plus belles victoires au parti présidentiel : soutenu par la droite,
Thomas Cazenave ravit la mairie de
Bordeaux (Gironde) aux Ecologistes menés par Pierre Hurmic. Beaucoup plus à l'est du pays, à Annecy (Haute-Savoie), Antoine Armand bat lui aussi au second tour le camp écologiste, incarné par Alexandre Mulatier-Gachet. En outre, Stéphane Mazars a repris la mairie de Rodez (Aveyron), qu'il a occupée de 2008 à 2017. Egalement en Ile-de-France, Franck Riester a lui été élu dès le premier tour à Coulommiers (Seine-et-Marne).Derrière ces quatre succès mis en avant par le patron du groupe et du parti Renaissance, Gabriel Attal, les résultats sont plus mitigés. Karl Olive a été vaincu à Poissy (Yvelines), ville dont il était déjà maire de 2014 à 2022. Violette Spillebout a été nettement distancée à Lille (Nord), où elle termine en quatrième position, comme Jean Terlier, qui a terminé quatrième au premier tour à Castres (Tarn), avant son ralliement à la liste du divers droite d'Arnaud Bousquet. Arrivé troisième au premier tour à Halluin (Nord), Vincent Ledoux a préféré se retirer au second tour. Anthony Brosse, à Pithiviers (Loiret), et Ludovic Mendes, à Metz (Moselle), ont été respectivement battu et éliminé au premier tour du scrutin.Les Républicains : neuf élus sur neuf députés têtes de listeTous les députés LR candidats ont été élus, dont six dès le premier tour. Il faut souligner que la plupart briguaient la mairie d'une commune dans laquelle ils étaient déjà solidement implantés. François-Xavier Ceccoli a été élu à l'unanimité dès le premier tour dans le village corse de San Giuliano, étant le seul candidat, comme Jérôme Nury à Tinchebray-Bocage (Orne). Toujours au premier tour, l'ancien rapporteur du budget Philippe Juvin l'a emporté à La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), comme Fabien Di Filippo à Sarrebourg (Moselle), Jean-Pierre Taite à Feurs (Loire) et Michèle Tabarot au Cannet (Alpes-Maritimes). Cette dernière va rester à l'Assemblée, c'est le numéro 2 sur sa liste qui a été élu maire par le conseil municipal.Au second tour, l'ancienne ministre du gouvernement Bayrou Véronique Louwagie a été choisie par les électeurs de L'Aigle (Orne), où elle avait déjà été maire. A Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), Guillaume Lepers est gagnant, et le scrutin de Clamart est remporté par Jean-Didier Berger. Ce dernier ayant été nommé le 26 février au gouvernement de Sébastien Lecornu, il va quitter son fauteuil de député des Hauts-de-Seine dès le 26 mars. En outre, Les Républicains menacent de l'exclure après son entrée dans l'exécutif macroniste.MoDem : quatre élus sur cinq députés têtes de listeChez les députés centristes du parti de François Bayrou, Didier Padey, qui était le seul candidat à Jongieux (Savoie), 300 habitants, a été élu dès le premier tour. L'ancien ministre des Outre-mer, Philippe Vigier, a lui aussi été élu dès le 15 mars à Châteaudun (Eure-et-Loir), 12 800 habitants, face à trois autres candidats.Au second tour, Olivier Falorni s'est imposé à La Rochelle (Charente-Maritime), où il avait perdu en 2020. Candidat face à la maire sortante d'Avrillé, ville de 15 000 habitants dans le Maine-et-Loire, Philippe Bolo l'emporte. Surprise à Mont-de-Marsan dans les Landes : l'ancienne ministre et ex-maire de la ville Geneviève Darrieussecq est battue.Horizons : trois élus sur cinq députés têtes de listeLe parti d'Edouard Philippe, qui se veut un parti d'élus locaux, voit plusieurs de ses députés l'emporter aux municipales. Le président du groupe, Paul Christophe, a été élu au premier tour à Zuydcoote, une commune de 1 600 habitants dans le Nord, qu'il a déjà dirigée de 2008 à 2017. Michel Criaud a lui aussi été élu dès le 15 mars à Muzillac (Morbihan). Le suppléant d'Anne Le Hénanff avait dû quitter son fauteuil de maire lorsqu'elle avait été nommée au gouvernement en octobre. Jean Moulliere l'emporte au second tour à Templeuve-en-Pévèle (Nord), 7 000 habitants.En ballotage défavorable à Chamonix (Haute-Savoie), ville de 8 700 habitants qui compte sur son territoire le Mont-Blanc, Xavier Roseren a annoncé le retrait de sa liste pour le second tour. Déception aussi pour Henri Alfandari à Tours (Indre-et-Loire), qui n'a pas réussi à se qualifier pour le second tour, avec seulement 7,59% des voix.Parti communiste : aucun élu sur quatre députés têtes de listePour les députés communistes, les regards étaient braqués sur Le Havre (Seine-Maritime), où Jean-Paul Lecoq défiait Edouard Philippe. Le parlementaire de gauche n'est pas parvenu à l'emporter face à l'ancien Premier ministre et probable candidat à la présidentielle. A Moulins (Allier), Yannick Monnet a perdu face à un candidat divers droite, Benoît Faivre. Enfin, deux des quatre députés du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) étaient en lice à La Réunion. A Saint-Pierre, Emeline K/Bidi s'est inclinée dans un second tour dominé par le divers droite David Lorion. De l'autre côté de l'île, Frédéric Maillot a terminé deuxième dans une quadrangulaire à Sainte-Suzanne.Les Ecologistes : aucun élu sur trois députés têtes de listeLes trois députés du groupe écologiste qui s'étaient présentés aux élections municipales ont tous perdu leur bataille. Dès le premier tour, le député de l'Essonne Steevy Gustave s'est incliné à Brétigny-sur-Orge face au maire sortant, divers centre. Toujours au premier tour, Jean-Louis Roumégas a terminé en huitième position (4,72%) à Montpellier (Hérault), très loin derrière le maire PS sortant, Michaël Delafosse, et la liste LFI de la députée Nathalie Oziol. Au second tour, Damien Girard a échoué à faire repasser la mairie de Lorient (Morbihan) à gauche face au maire sortant Fabrice Loher.Liot : un élu sur deux députés têtes de listeParmi les 22 députés de ce groupe hétéroclite, deux menaient des listes municipales. Olivier Serva a échoué à conquérir la mairie des Abymes, à Grande-Terre, en Guadeloupe. En revanche, Harold Huwart, a gagné le vote à Nogent-le-Rotrou. Il avait été élu maire de cette commune de 9 300 habitants d'Eure-et-Loir en 2020, avant de partir pour l'Assemblée en 2024.Union des droites pour la République : deux élus sur deux députés têtes de listeC'est la victoire la plus retentissante du camp RN-UDR lors de ces municipales : Eric Ciotti, qui a créé l'UDR en 2024 après avoir rallié Marine Le Pen, a gagné l'élection à Nice face à son frère ennemi Christian Estrosi. Le président du groupe de 17 députés avait prévenu qu'il quitterait l'Assemblée s'il gagnait le scrutin niçois. Dès le premier tour, Antoine Valentin a été réélu maire de son village de Saint-Jeoire (Haute-Savoie), une formalité puisqu'il était le seul candidat en lice. Il a choisi de laisser le fauteuil de maire à sa colistière afin de rester député.Non inscrits : un élu sur une tête de listeLionel Vuibert, député des Ardennes qui ne siège dans aucun groupe à l'Assemblée, était l'unique candidat du village de Faissault, et l'a donc logiquement emporté. La chaleur accumulée par la Terre atteint un record "En 2027, il n'y a pas d’alliance, il n'y a pas de négociation de liste", lance Manuel Bompard (LFI) au lendemain des municipales Collision mortelle à l'aéroport New York LaGuardia "Gauche plurielle", 21 avril 2002...Lionel Jospin, une figure emblématique du PS Lionel Jospin, ancien Premier ministre, est mort à 88 ans Élections municipales : quel bilan pour les partis politiques ? 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