Des températures record pour un mois de mars ont été enregistrées, vendredi, le long de la frontière sud entre la Californie et l'
Arizona. Elles sont liées à la formation d'un vaste dôme de chaleur, qui renvoie les perturbations vers le nord, et bloque l'air chaud au sol. Une personne porte un chapeau pour se protéger du soleil brûlant à Redondo Beach, Californie, le 20 mars 2026. (PATRICK T. FALLON / AFP) Des températures caniculaires dès la fin de l'hiver. Une "vague de chaleur historique" frappe depuis plusieurs jours le sud-ouest des Etats-Unis, a écrit dimanche 22 mars le
National Weather Prediction Center, le service météorologique du pays. Des dizaines de villes, de la Californie au
Colorado, ont enregistré leurs températures les plus élevées jamais observées pour un mois de mars. Des températures pouvant atteindre 44,4°C ont été enregistrées, vendredi, le long de la frontière sud entre la Californie et l'
Arizona : un record de chaleur national américain pour le mois de mars.A
Palm Springs, en Californie, un pic à plus de 41,5°C a été relevé le 19 mars. D'après l'agence météo américaine, c'est du jamais-vu à cette période de l'année depuis 1893 et le début des relevés de températures. A
Phoenix, capitale de l'
Arizona, 41,1°C ont été mesurés samedi, signant "une semaine record", selon le site quotidien local The
Arizona Republic. Il s'agit de "niveaux plus typiques de la fin du printemps ou du début de l'été", relève le site spécialisé AccuWeather auprès du quotidien USA Today.Alors que la vague de chaleur s'étend vers l'est du pays, "s'intensifiant sur les Grandes Plaines et atteignant le
Tennessee", de nombreuses régions ont enregistré de nouveaux records de températures pour un mois de mars. A Chanute, une petite ville du
Kansas presque au centre des Etats-Unis, les températures sont passées d'un record de froid de -10,5°C le 16 mars à un record de chaleur de 32,8°C le 20 mars, soit une amplitude thermique de 43,3°C en quatre jours. A
Kansas City, dans le
Missouri, et North Platte, dans le
Nebraska, la température a atteint 33,3°C.L'agence météo américaine a publié cette carte des Etats-Unis montrant une partie des villes où les records de températures pour la saison ont été battus ou égalés. The footprint of historic March heat expanded yesterday—intensifying across the Plains while extending as far east as
Tennessee.Shown are select cities where March high temperature records were tied or broken last week. pic.twitter.com/woxy3hgbJb — NWS Weather Prediction Center (@NWSWPC) March 22, 2026Ces températures élevées et précoces sont liées à un dôme de chaleur qui s'est implanté sur l'ouest des Etats-Unis. Ce phénomène est le fruit d'un large anticyclone, qui couvre principalement la Californie, le Nevada, l'
Arizona, l'Utah, le Nouveau Mexique, le
Colorado, le Wyoming et l'Idaho, comme le montre CNN.Sous l'effet de ce dôme de chaleur, le ciel est clair, sans nuage et "les perturbations qui viennent de l'océan Pacifique sont déviées vers le nord", explique à franceinfo le climatologue Fabio d'Andrea, directeur adjoint du Laboratoire de météorologie dynamique. La chaîne américaine ABC News l'a illustré dans son bulletin de dimanche soir.Les dômes de chaleur se caractérisent notamment par un "mouvement vertical de l'air, qui se dirige vers le bas", résume Fabio d'Andrea. Avec les hautes pressions en altitude, "la chaleur reste bloquée au sol". Les températures continuent de grimper avec la compression qui fait chauffer l'air dans le dôme. Dans le même temps, les hautes pressions bloquent les nuages "les empêchant de protéger le sol des rayons du soleil", ce qui contribue à faire grimper les températures, expliquait Météo-France en 2023.Depuis plusieurs jours, un dôme de chaleur s'est installé sur la Méditerranée engendrant de fortes chaleurs sur le Sud-Est de la France et dans plusieurs pays européens.❓Mais savez vous ce que c'est ❓La réponse ici ⤵️ pic.twitter.com/eYgfvEfj5x— Météo-France (@meteofrance) July 20, 2023 Des dômes de chaleur peuvent théoriquement survenir un peu partout dans le monde, mais l'ouest de l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest sont des régions particulièrement propices à leur formation, relève Fabio d'Andrea. L'Ouest américain a ainsi été touché par des dômes de chaleur en 2021, 2022 et 2023. La France en a subi en 2021, 2022, 2023 et 2025. Et si l'expression "dôme de chaleur" a commencé à être popularisée en 2021 à l'occasion d'une canicule extrême au Canada, il ne s'agit pas d'un mécanisme nouveau, souligne le spécialiste : "Avant, on appelait ça des 'blocages'."Le phénomène actuellement en place, à l'origine de températures pouvant dépasser de 17°C les moyennes saisonnières, aurait été "quasi impossible à cette période de l'année dans un monde sans changement climatique", estime le World Weather Attribution, un groupe de scientifiques internationaux étudiant les liens entre événements météorologiques extrêmes et changement climatique.En revanche, les dômes de chaleur ne sont pas plus fréquents en raison du réchauffement, remarque Fabio d'Andrea. "Ce sont les seuils de chaleur qui sont de plus en plus hauts", souligne-t-il, engendrant des situations plus extrêmes et éprouvantes pour les organismes. La survenue de telles températures à cette période de l'année n'a toutefois rien de surprenant, dans un monde réchauffé. C'est "malheureusement" conforme à ce qu'avaient anticipé les modèles de prévision des climatologues, assure Fabio d'Andrea. Ces températures extrêmes pour la saison risquent d'avoir des conséquences sur la végétation. "L'une de nos préoccupations concernant cette vague de chaleur précoce en Californie du Sud est qu'elle entraînera un brunissement du couvert végétal beaucoup plus tôt que d'habitude, ce qui pourrait poser problème et augmenter le risque d'incendie (…) en avril ou en mai", a expliqué le météorologue Tom Kines à USA Today.Sans compter que les thermomètres risquent d'afficher des valeurs élevées dans les mois à venir, selon l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique. "Les prévisions de température pour la période d'avril à juin indiquent des températures supérieures à la normale sur la majeure partie de l'ouest des Etats-Unis, jusqu'à une grande partie des Grandes Plaines", a-t-elle écrit le 20 mars.Depuis le XIXe siècle, la température moyenne de la Terre s'est réchauffée de 1,3°C. Les scientifiques ont établi avec certitude que cette hausse est due aux activités humaines, consommatrices d'énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Ce réchauffement, inédit par sa rapidité, menace l'avenir de nos sociétés et la biodiversité. Mais des solutions – énergies renouvelables, sobriété, diminution de la consommation de viande – existent. Découvrez nos réponses à vos questions sur la crise climatique.