L'Australie et l'Union européenne ont signé ce mardi 24 mars à
Canberra un vaste accord de libre-échange, conclu au terme d'années de négociations pour stimuler le commerce bilatéral. Les deux partenaires sont également convenus de renforcer leur coopération en matière de défense et d'améliorer l'accès européen aux minéraux critiques australiens. Publié le : 24/03/2026 - 02:42 3 min Temps de lecture La présidente de la Commission européenne,
Ursula Von der Leyen, et le Premier ministre australien,
Anthony Albanese, au moment de la signature de l'accord commercial entre les deux partenaires, le 24 mars 2026. © Lukas Coch / AP « L'Union européenne et l'Australie sont peut-être géographiquement très éloignées, mais nous ne pourrions être plus proches dans notre vision du monde », a déclaré la présidente de la Commission européenne,
Ursula Von der Leyen. « Nous envoyons un signal fort au reste du monde : l'amitié et la coopération comptent encore plus en période de turbulences », a-t-elle ajouté.Les principaux points de discorde, à savoir l'utilisation par l'Australie d'appellations géographiques européennes et l'accès du boeuf australien au marché européen ont été surmontés, permettant un accord après huit ans de négociations. Ce compromis permettra notamment aux viticulteurs australiens d'utiliser le terme « prosecco » sur le marché intérieur, mais ils devront cesser de l'utiliser pour les exportations après 10 ans. L'Australie pourra également continuer d'utiliser certaines appellations géographiques, comme « feta » et « gruyère », lorsque les producteurs utilisent ces noms depuis au moins cinq ans.De leur côté, les constructeurs automobiles européens bénéficieront du relèvement du seuil de la taxe australienne sur les voitures de luxe pour les véhicules électriques, qui permettra aux trois quarts des véhicules électriques d'en être exonérés. Avec cet accord commercial, l'UE s'attend à augmenter ses exportations vers l'Australie d'un tiers au cours de la prochaine décennie, avec une hausse de 50 % dans les secteurs des produits laitiers et de l'automobile.Le quota de boeuf australien autorisé à entrer dans l'UE sera multiplié par plus de dix au cours de la prochaine décennie, même s'il reste en deçà du niveau demandé par les agriculteurs australiens. Le nouveau quota, fixé à 30 600 tonnes de viande bovine australienne, comprendra 55 % de viande d'animaux nourris à l'herbe exemptée de droits de douane, et 45 % bénéficiant de droits de douane réduits à 7,5 %. Seulement un tiers du quota sera appliqué pendant les cinq premières années, avant sa pleine entrée en vigueur. L'UE autorisera aussi l'entrée de 25 000 tonnes de viande ovine et caprine australienne issue d'animaux nourris à l'herbe, avec une mise en place progressive sur sept ans. L'Australie et l'Union européenne ont également conclu un accord visant à améliorer l'accès de l'UE aux matières premières critiques, indispensables à la fabrication de nombreux produits, des batteries aux panneaux solaires. « L'Australie est un important producteur de matières premières, notamment d'aluminium, de lithium et de manganèse, qui sont vitales pour la sécurité économique et la compétitivité globales de l'UE », indique un communiqué de la Commission européenne. « L'accord facilite l'accès de l'UE aux matières premières critiques australiennes, avec des dispositions spécifiques rendant le marché plus prévisible et plus fiable pour les entreprises de l'UE », ajoute le texte.Les deux partenaires ont également convenus ce 24 mars de renforcer leur coopération en matière de défense face aux « défis de sécurité actuels », ont indiqué l'UE et l'Australie. Ils collaboreront pour « renforcer la coopération dans la sécurité maritime, la cybersécurité, la lutte contre les menaces hybrides et contre la manipulation de l'information et l'ingérence étrangères », a indiqué la Commission européenne dans un communiqué.L'accord entrera en vigueur après l'approbation du Conseil européen. Les entreprises de l'UE ont exporté 37 milliards d'euros de marchandises vers l'Australie l'année dernière, et 31 milliards d'euros de services en 2024.