Marine Le Pen en meeting à
Châlons-en-Champagne (Marne), le 18 mars 2026. (ARTUR LEBEDEV / SIPA) Après le second tour, le
Rassemblement National va multiplier le nombre de mairies qu'il dirige par six. La progression du parti d'extrême droite repose notamment sur les villes moyennes et son ancrage dans le sud-est et le nord de la France. La boucle WhatsApp des maires du
Rassemblement National ne comptait qu'une dizaine de membres, mais elle va voir ses effectifs grimper. Le parti d'extrême droite a remporté les municipales dans 57 villes de plus de 3 500 habitants et une vingtaine d'autres communes plus petites. "On va être à peu près 70", se réjouit
Ludovic Pajot, maire de
Bruay-la-Buissière (
Pas-de-Calais), réélu dès le premier tour. Tous sont invités, mardi 24 mars, à
Paris, pour un déjeuner autour de
Marine Le Pen et
Jordan Bardella. Avec un peu plus de 3 000 conseillers municipaux élus (le double de son précédent record de 2014), autant de grands électeurs rejoignent les rangs du RN, ce qui devrait lui permettre de constituer un groupe au Sénat pour la première fois de son histoire après les élections sénatoriales en septembre prochain et de faciliter la quête des 500 parrainages pour la présidentielle. Si le RN reste très en deçà de l'ancrage local du Parti socialiste ou des Républicains, il confirme sa progression, en particulier dans ses fiefs, grâce à l'implication de ses élus, à une droite locale parfois affaiblie et à de bons scores dans les villes moyennes.Dans le détail, c'est surtout dans les régions où le RN engrangeait déjà de bons scores qu'il progresse. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, il parvient ainsi à décrocher plusieurs villes, dont des communes de plus de 10 000 habitants, comme Menton (Alpes-Maritimes), Agde (Hérault), La-Seyne-sur-Mer (Var), Monteux, Carpentras et Orange (Vaucluse), Rognac et Tarascon (Bouches-du-Rhône). Dans les
Hauts-de-France, le RN s'installe à Crépy-en-Valois (Oise) et Liévin (
Pas-de-Calais). Dans le
Grand Est, il l'emporte à Saint-Avold et Amnéville (Moselle), Val-de-Briey en Meurthe-et-Moselle ainsi qu'à Wittelsheim (Haut-Rhin)."Il y a une très grande concentration de communes gagnées dans ses zones de force, en Paca, en Occitanie, dans les
Hauts-de-France et le Grand-Est. Certes, le RN perce à La Flèche et Vierzon, mais cela reste marginal", remarque
Gilles Ivaldi, chercheur au Cevipof."Le RN avait d'ailleurs concentré beaucoup de ses forces dans ses bastions et choisi des communes où il était très fort, car il manque encore de forces vives sur le terrain."
Gilles Ivaldi, politologueà franceinfoAu
Rassemblement National, on estime que ces conquêtes dans des territoires déjà acquis au parti sont le signe d'une "normalisation" à l'échelon municipal. "Nos gestions ont rayonné dans tout le bassin minier", se réjouit
Ludovic Pajot. "En 2014, on a gagné Hénin-Beaumont, puis
Bruay-la-Buissière en 2020. En 2026, on remporte 12 communes entre ces deux villes." Signe selon lui que certaines victoires du RN peuvent "rassurer les électeurs" des villes voisines qui hésiteraient à soutenir l'extrême droite.La présence de députés RN a également joué un rôle dans les scrutins municipaux. Ainsi, le parti s'impose à Montargis et Amilly, deux villes dans la circonscription de Thomas Ménagé, député du Loiret très impliqué dans la campagne. "Ça fait partie des leviers, avec un effet d'entraînement important : un député bénéficie d'une exposition médiatique plus importante, de réseaux, il peut impulser une dynamique", note Eddy Vautrin-Dumaine, sondeur pour le groupe Verian.
Marine Le Pen et
Jordan Bardella n'ont pas non plus ménagé leurs efforts dans cette campagne, enchaînant les meetings et déplacements pour soutenir leurs candidats.Le RN progresse sur tout l'arc méditerranéen et en Occitanie, avec des victoires à Carcassonne (préfecture de l'Aude) et Castres (sous-préfecture du Tarn). "Dans ces villes, les candidats RN adoptent même stratégie que Louis Aliot à Perpignan : ils siphonnent la droite locale, en s'inscrivant dans l'héritage des maires sortants de droite, tout en prônant une forme de dégagisme, et cela fonctionne car le front républicain ne se met pas ou peu en place", poursuit Eddy Vautrin-Dumaine."La stratégie de la cravate en version locale a marché."Eddy Vautrin-Dumaine, sondeurà franceinfoLe contexte local a parfois été propice au dégagisme. "A Menton, le succès d'Alexandra Masson est pour partie lié à déliquescence de l'équipe municipale sortante", pointe Gille Ivaldi. Dans la ville des citrons, la députée RN l'a emporté alors que les affaires judiciaires ont plombé le dernier mandat du maire de droite sortant, qui ne se représentait pas. Le RN avait d'ailleurs fait de cette ville une de ses cibles. "Gagner une ville pour nous, s'il n'y a pas une crise municipale, c'est difficile", reconnaissait un cadre interrogé par franceinfo avant le premier tour.A travers ces résultats, se dessine une carte de villes moyennes, préfectures et sous-préfectures, où le RN progresse dans les mairies. "Le vote RN s'est élargi mais il repose très fortement sur le clivage entre les zones rurales ou péri-urbaines et les zones urbaines. Ses scores sont d'ailleurs souvent indexés à la taille de la commune", souligne
Gilles Ivaldi."Plus les communes sont de petite taille, plus le vote RN est élevé."
Gilles Ivaldi, politologueà franceinfoCela tient au profil des habitants, "des classes populaires et moyennes", et aux thèmes de campagne du RN, porteurs dans ces territoires, comme "la sécurité, les services publics et le coût du carburant", poursuit le chercheur. "C'est une forme de rééquilibrage entre le local et le national : autant aux élections nationales, le RN est le premier parti de France, autant au niveau local, il est loin d'arriver au niveau de LR et du PS", relève Eddy Vautrin-Dumaine.En revanche, ce scrutin montre que si le RN progresse dans un certain nombre de grandes villes, notamment Marseille, il peine à y briser son plafond de verre. Même s'ils étaient en tête au premier tour, Laure Lavalette et Julien Sanchez ont échoué à conquérir Toulon et Nîmes. Sur France 2, le député Laurent Jacobelli a rejeté la faute sur "la droite la plus bête du monde", qui a préféré "faire gagner un communiste à Nîmes" plutôt que de soutenir les candidats RN. "Il y a une sociologie dans les grandes métropoles, en tous les cas dans les grandes villes, qui aujourd'hui ne nous est pas favorable", analyse le député Sébastien Chenu sur France Inter, estimant que ces métropoles sont peuplées de "populations trop aidées", avec "un clientélisme de gauche" et "de populations trop bourgeoises". A un an de la présidentielle de 2027, cet électorat reste un angle mort de la stratégie du RN. Kylian Mbappé : "toutes les rumeurs sur ma blessure, c'était bidon !" En Colombie, un avion de l'armée s'écrase et fait au moins 8 morts et 83 blessés Quatre disparus dans l'Aveyron : un ex-policier activement recherché L'émotion de Jean Dujardin aux obsèques de Bruno Salomone Armement : quelle participation de la France dans la guerre ? En Guyane, la première femme élue maire du village d’Awala-Yalimapo Procès hors norme contre la DZ Mafia : le double meurtre de 2019 jugé à Aix-en-Provence Charles-de-Gaulle : le porte-avions localisé par une application Céline Dion fera son retour sur scène à
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