podcast (Nouvelle fenêtre) flux rss (Nouvelle fenêtre) La sociologue Azadeh Kian affirme que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a détruit plus de 50 000 immeubles et fait environ 5 000 morts, tandis que le Croissant-Rouge iranien estime à plus de 81 000 les sites civils touchés. Ces chiffres suscitent débats et critiques. Publié le 24/03/2026 08:45 Mis à jour le 24/03/2026 08:45 Des pompiers iraniens déblayer les décombres d'un immeuble résidentiel détruit, à Téhéran, le 23 mars 2026. (- / AFP) La sociologue franco-iranienne Azadeh Kian a affirmé que "plus de 50 000 immeubles ont été détruits" à travers l'Iran depuis le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre le régime iranien, dimanche 22 mars dans le 8h30 de franceinfo. "Le nombre de tués se situe aux alentours de 5 000 personnes pour l'instant", a-t-elle ajouté, assurant que "de plus en plus de gens en Iran sont contre la guerre".Ces déclarations ont fait réagir sur les réseaux sociaux. À la fois positivement, avec un commentaire du directeur adjoint de l'Iris, Didier Billion, qui estime qu'Azadeh Kian est "une véritable spécialiste de l'Iran qui sait faire preuve de rigueur et de lucidité sur l'ampleur des destructions et des pertes humaines dans un Iran subissant un déluge de bombardements israélo-américains aveugles". Mais aussi négativement, avec les critiques vives de l'association Femmes Azadi, opposée au régime et qui relaie fréquemment les prises de parole du prince héritier en Iran. Cette association dénonce une confusion entre les victimes et les destructions militaires et civiles.Le Croissant-rouge iranien a estimé, à la mi-mars, que "54 550 logements ont été endommagés" depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février 2026. Cette estimation est rapportée dans plusieurs médias, tels que El Watan et Saba, l'agence de presse yéménite. Depuis, le Croissant-rouge iranien a revu son estimation à la hausse.Le 22 mars, l'ONG iranienne, qui travaille avec la Croix rouge, a estimé que 81 365 sites civils avaient été endommagés depuis le début de la guerre, lors d'une prise de parole partagée par le gouvernement iranien sur X. Cela inclut aussi bien des "bâtiments résidentiels et commerciaux, des écoles, des centres médicaux et des véhicules", précise l'AFP, sans donner de proportions pour chaque type de site civil.C'est un chiffre très difficile à vérifier. Le correspondant de franceinfo à Téhéran, Siavosh Ghazi, confirme de nombreuses destructions dans des zones d'habitations, à la fois de logements que de commerces, mais ne peut pas pour autant les chiffrer. Des journalistes de l'AFP ont aussi signalé des dégâts sur plusieurs immeubles résidentiels et d'autres infrastructures civiles, mais n'ont pas non plus pu vérifier les bilans chiffrés. De même, il nous est impossible de compter nous-mêmes les dégâts via des images satellites, car celles qui nous sont fournies, notamment par des entreprises américaines, ne nous montrent que les cibles militaires qui ont été atteintes et non les quartiers résidentiels. Quelques exceptions sont tout de même possibles, qui ont notamment permis de confirmer qu'une école accolée à un site du corps de la marine des gardiens de la révolution iranienne avait été détruite lors de frappes à Minab, tuant 160 personnes dont des écolières, selon les autorités iraniennes.Par ailleurs, peu de sources essaient de compter les dégâts de la guerre sur les bâtiments civils. L'ONG Human Rights Activists News Agency essaie de le faire depuis les États-Unis en s'appuyant sur des témoignages et sur quelques images qui fuitent depuis un Iran privé de connexion internet. Mais elle ne peut pas s'appuyer sur des observations de terrain. Cette ONG fait une estimation beaucoup plus basse que celle du Croissant-rouge iranien. En compilant les chiffres des cibles atteintes listées dans ses rapports journalistes, nous comptons plus de 800 bâtiments endommagés, à la fois civils et militaires.Cette ONG estime que plus de 3 200 personnes ont été tuées en Iran depuis le début de la guerre, dont au moins 1 400 civils, parmi lesquels plus de 200 enfants. C'est à peu près autant que les dernières estimations des victimes civiles données par le ministère de la Santé iranien, qui parlait le 21 mars de 1 500 civils tués, selon Associated Press.L'association Femme Azadi estime que ce bilan civil est moindre à côté de celui du régime, qui a potentiellement tué plus de 30 000 personnes en réprimant la révolte des iraniens des 8 et 9 janvier 2026, selon deux membres du ministère de la Santé iranien au Time. Patinage artistique : comment apprend-on les sauts ? Pâtes, chocolat, céréales... 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