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TUE · 2026-03-24 · 12:08 GMTBRIEF NSR-2026-0324-32794
News/«États de corps» d’Atiq Rahimi, les corps dessinés de l’écri…
NSR-2026-0324-32794News Report·FR·Human Interest

«États de corps» d’Atiq Rahimi, les corps dessinés de l’écrivain afghan

L'article est une entrevue avec l'écrivain, cinéaste et dessinateur afghan Atiq Rahimi à l'occasion de son exposition "États de corps" à la galerie Virginie Lesage à Paris. Rahimi, connu pour son roman primé "Syngué sabour.

Siegfried ForsterRFIFiled 2026-03-24 · 12:08 GMTLean · CenterRead · 5 min
«États de corps» d’Atiq Rahimi, les corps dessinés de l’écrivain afghan
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L'article est une entrevue avec l'écrivain, cinéaste et dessinateur afghan Atiq Rahimi à l'occasion de son exposition "États de corps" à la galerie Virginie Lesage à Paris. Rahimi, connu pour son roman primé "Syngué sabour. Pierre de patience", explique son rapport avec le dessin, une passion qu'il a depuis l'enfance et qu'il a renouée après s'être consacré à la littérature et au cinéma. Il décrit comment la peinture lui permet de sublimer le corps, en particulier le corps féminin, en contraste avec les corps blessés et torturés qu'il représente dans ses écrits et ses films. L'entrevue aborde également son nouveau livre, "Kabuliwalla, c’est moi". L'article a été publié le 24 mars 2026.

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Rahimi's exhibition includes two series called 'Comment je suis né' and 'Comment je suis née'.

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Rahimi says painting allows him to extract the 'iron' from the 'flesh' of war.

quoteAtiq Rahimi
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Rahimi says he started drawing when he was very young, when he started school.

quoteAtiq Rahimi
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Rahimi's exhibition « États de corps » is at the Virginie Lesage gallery in Paris.

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Atiq Rahimi became famous with his novel « Syngué sabour. Pierre de patience », winner of the Goncourt Prize in 2008.

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Entretien « Je suis écrivain, cinéaste et quand je ne sais ni écrire ni filmer, je dessine. » Atiq Rahimi est devenu célèbre avec son roman « Syngué sabour. Pierre de patience », lauréat du prix Goncourt en 2008, et du film du même nom, mais il pratique aussi le dessin. À l’occasion de son exposition « États de corps », l'artiste afghan parle pour la première fois de son rapport avec la peinture, et aussi de son nouveau livre, « Kabuliwalla, c’est moi ». Entretien. Publié le : 24/03/2026 - 13:08 6 min Temps de lecture L’écrivain, cinéaste et dessinateur Atiq Rahimi dans son exposition « États de corps », à la galerie parisienne Virginie Lesage, à Paris. © Siegfried Forster / RFI RFI : Vous êtes écrivain, cinéaste, en revanche, ce n'est pas votre première exposition de dessin. Qu'est-ce qui vous a poussé à dessiner ? Atiq Rahimi : Eh bien, justement, l'écriture… C’est la première fois que je parle de mon rapport avec la peinture. J'ai commencé le dessin quand j'étais tout jeune, dès que je suis entré à l'école. Ma mère était professeure dans une école de filles. Elle enseignait les beaux-arts. J’en étais imprégné. Et puis, quand j'étais en première année à l'école, un de mes dessins a fait la couverture d'un magazine pour la jeunesse. Donc c'était une passion dès le début. Ensuite, à l'âge de onze ans, j'ai quitté le dessin pour la littérature. J’ai écrit mon premier poème à ce moment-là. Le cinéma est venu évidemment plus tard, quand j'ai quitté l'Afghanistan et que je suis venu en France. États de corps, de quel corps parlez-vous dans votre exposition ? Le corps… Tout le monde me pose la question, parce que dans l'écriture et dans les films, les corps que je décris et expose sont des corps blessés, blâmés, torturés, meurtriers. Je ne sais pas comment, mais la peinture me pousse vers d’autres corps, des corps sublimés. Pourquoi ça ? Parce que c'est la guerre… Comme disait André Malraux : « La guerre, c'est faire l'impossible pour que des morceaux de fer entrent dans la chair vivante ». Et la peinture me permet d'extraire ce fer de cette chair. Pour moi, c'est ça. Je sublime le corps, et, en particulier, le corps féminin. Pourquoi ? Parce que c'est le seul corps qu'on connaît mieux que notre propre corps. C’est non seulement [vrai] pour les hommes, mais aussi pour les femmes, parce que nous sommes nés dans ce corps, on fait partie de ce corps de femme, de mère, nous avons vécu neuf mois dedans et grâce à ça, on grandit. Donc, c'est la sublimation de ce corps-là. C'est pourquoi ces deux séries s’appellent respectivement Comment je suis né et Comment je suis née, avec un « e » à la fin. Donc féminin-masculin : d’un côté « anima » [l’âme], de l’autre côté « animus » [l’esprit]. Dessin d’Atiq Rahimi, exposé dans « États de corps », à la galerie parisienne Virginie Lesage, à Paris. © Atiq Rahimi / Arnaud Kehon C’est-à-dire, avec l'écriture et le cinéma, vous ne traversez pas les mêmes univers qu’avec le dessin. Ah non. Même si je voulais – et c'est ce que j'ai souvent essayé –, chaque art révèle une autre dimension du corps, d'un événement, d'un personnage, d'une histoire. Ce que révèle le cinéma, la littérature ne peut pas, et inversement. Ce que la littérature sait faire avec le corps, avec les événements, le cinéma ne sait pas faire. Et de la même manière, la peinture... Chaque fois que je me lance, soit au cinéma, soit en littérature, soit en peinture, et même en photographie – parce que je fais aussi beaucoup de photos –, je me pose cette question : quelle dimension serait révélée dans cet art-là ? C'est ça qui m'excite. C'est ça qui me pousse à créer, à passer d'un art à l'autre. Pourriez-vous nous expliquer la « callimorphie », une des spécificités de vos dessins ? « Callimorphie », justement c'est ça : je prends un état du corps et je trouve le mot dans ma langue maternelle, le persan, qui désigne cet état du corps. Ensuite, je transforme ce mot en dessin. Par exemple, ici, c'est le mot en persan qui veut dire « endormie ». C'est souvent ça qui me pousse dans les callimorphies, donc les mots qui m'ont inspiré ou que vous voyez ici, mais sous forme de dessin. Callimorphie, c'est d'une certaine manière la sublimation des corps par le roseau avec lequel je dessine, ou par le fusain, et sur des papiers [tibétains] très particuliers. La callimorphie, c'est une rencontre entre l'encre et les mots, entre le dessin et la littérature. Dessin d’Atiq Rahimi, exposé dans « États de corps », à la galerie parisienne Virginie Lesage, à Paris. © Atiq Rahimi / photo: Arnaud Kehon Vous êtes né à Kaboul, en Afghanistan, en 1964, exilé en France depuis 1984. Dans vos livres, vous avez souvent parlé de votre pays de naissance, l'Afghanistan. Dans votre nouveau roman, Kabuliwalla, c’est moi, vous racontez le destin d'un réfugié afghan en Inde. Une histoire inspirée par une nouvelle du prix Nobel indien Rabindranath Tagore. Avec votre nouveau livre, vous vous éloignez de l'Afghanistan pour trouver d'autres cieux ? Non, ce serait au contraire pour me rapprocher de l'Afghanistan [rires] ! Malheureusement, je ne peux pas retourner dans mon pays pour m'en inspirer encore afin d’écrire, expérimenter, vivre des choses. Donc évidemment, même si je parle du génocide rwandais, je parle aussi de l'Afghanistan d'une certaine manière. Je parle de la guerre interne, de la guerre civile, de cette guerre fratricide, que ce soit en Afrique, en Afghanistan, ou dans le monde entier. Les autres me servent de miroir, comme dans le livre Kabuliwalla, c’est moi. Déjà le titre ! Le personnage est un Afghan en Inde. D'une certaine manière, c'est moi-même. J'étais en Inde et, bien sûr, je voulais faire des films, etc. Donc, où que j'aille, je ne peux pas me débarrasser de l'Afghanistan. Et d'ailleurs, dans le livre, je dis ça : même si je suis fatigué, même si je suis épuisé, même si je suis dingue de l'Afghanistan, de parler tout le temps de malheur, etc. Mais au fond, je parle de moi, de mes racines, de mon identité perdue, de mon exil. Mais en même temps, c'est une ouverture et j'arrive quand même à tirer le regard des gens vers l'Afghanistan. États de corps, exposition d'Atiq Rahimi à la galerie parisienne Virginie Lesage, du 12 au 28 mars. Le livre Kabuliwalla vient d’être publié par les éditions P.O.L. Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail
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