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FRI · 2025-12-05 · 09:31 GMTBRIEF NSR-2025-1205-33705
News/Quel est le problème avec le protoxyde d'azote, ce "gaz hila…
NSR-2025-1205-33705News Report·FR·Public Health

Quel est le problème avec le protoxyde d'azote, ce "gaz hilarant" de plus en plus consommé chez les jeunes ?

Un nombre croissant d'accidents mortels en France, dont un récent accident dans le Gard qui a coûté la vie à trois adolescents, sont liés à la consommation de protoxyde d'azote, communément appelé "gaz hilarant". Ce gaz, utilisé médicalement comme anesthésiant et en cuisine, est de plus en plus détourné par les jeunes à des fins récréatives.

Mathilde GoupilFrance InfoFiled 2025-12-05 · 09:31 GMTLean · CenterRead · 9 min
Quel est le problème avec le protoxyde d'azote, ce "gaz hilarant" de plus en plus consommé chez les jeunes ?
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Un nombre croissant d'accidents mortels en France, dont un récent accident dans le Gard qui a coûté la vie à trois adolescents, sont liés à la consommation de protoxyde d'azote, communément appelé "gaz hilarant". Ce gaz, utilisé médicalement comme anesthésiant et en cuisine, est de plus en plus détourné par les jeunes à des fins récréatives. Les autorités peinent à endiguer ce phénomène en raison de l'absence de tests de dépistage fiables. Le maire d'Alès a appelé à renforcer les pouvoirs des maires et de la police municipale pour lutter contre cette consommation. L'utilisation récréative du protoxyde d'azote, autrefois ponctuelle, s'est généralisée auprès d'un public plus jeune depuis une dizaine d'années.

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The mayor of Alès called for increased power for mayors and municipal police to combat the consumption of nitrous oxide.

quoteChristophe Rivenq, maire d'Alès
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Nitrous oxide is used in medicine as a painkiller or anesthetic.

factualAgence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)
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Three teenagers died in a car accident in the Gard region where nitrous oxide canisters were found.

factualArticle
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In 2022, 14% of 18-24 year olds had already experimented with it and more than 3% said they had consumed it during the year.

statisticSanté publique France
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One in ten young people under 35 have already consumed nitrous oxide at parties.

statisticIpsos de la Fondation Vinci Autoroutes
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Full report

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Publié le 05/12/2025 06:01 Mis à jour le 05/12/2025 10:31 Des bonbonnes de protoxyde d'azote dans un parc parisien, le 25 novembre 2025. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP) L'ombre de la consommation du protoxyde d'azote au volant plane sur plusieurs accidents meurtriers survenus ces derniers mois, dont celui qui a coûté la vie à trois adolescents, début décembre, dans le Gard. Un phénomène que les autorités peinent à endiguer. La consommation de protoxyde d'azote responsable de plusieurs accidents mortels survenus ces derniers mois ? Mercredi 3 décembre, trois jeunes de 14, 15 et 19 ans sont morts noyés après que leur voiture, où plusieurs bouteilles de ce "gaz hilarant" ont été retrouvées, a raté un virage et fini sa course dans la piscine d'un pavillon à Alès (Gard). Le 1er novembre, Mathis, 19 ans, a été tué sur l'un des principaux boulevards de Lille par un conducteur qui tentait de fuir la police. Là encore, des bouteilles de protoxyde d'azote ont été trouvées dans sa voiture.Le maire d'Alès, Christophe Rivenq, a appelé jeudi sur Gard-lozre" class="entity-link entity-organization" data-entity-id="62227" data-entity-type="organization">ICI Gard Lozère à "renforcer le pouvoir des maires et de la police municipale" pour lutter contre la consommation de ce gaz de plus en plus détourné par les adolescents et les jeunes adultes. Voici ce qu'il faut savoir sur ce produit aux effets euphorisants, qui pose un défi de taille aux autorités, en l'absence de tests de dépistage fiables.Qu'est-ce que le protoxyde d'azote ?Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé en médecine, comme antidouleur ou anesthésiant, rappelle l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Les cuisiniers s'en servent aussi dans leurs siphons, afin de préparer des crèmes comme la chantilly. Le "proto" est vendu sous la forme de cartouches ou de bonbonnes dans les commerces de proximité et sur internet. Surnommé "gaz hilarant", il est depuis longtemps détourné à des fins récréatives, par exemple en inhalant le gaz par le biais d'un ballon de baudruche."Hors milieu médical, son utilisation s'est d'abord faite de manière très ponctuelle dans les milieux festifs, et ce dès l'ère victorienne", au XIXe siècle, rappelle Hervé Martini, secrétaire général de l'association Addictions France. "Ce qui pose question, c'est que depuis une dizaine d'années, on a une généralisation auprès d'un public beaucoup plus jeune", notamment les "18-20 ans", ajoute le médecin.Selon une enquête Ipsos de la Fondation Vinci Autoroutes menée sur plus de 2 250 personnes et parue en octobre, un jeune de moins de 35 ans sur dix a déjà consommé du protoxyde d'azote en soirée, et, parmi eux, la moitié l'a déjà fait en conduisant. En 2022, 14% des 18-24 ans l'avaient déjà expérimenté et plus de 3% déclaraient en avoir consommé au cours de l'année, d'après Santé publique France.Pourquoi son usage est-il détourné ?Après l'inhalation, le protoxyde d'azote circule dans le système vasculaire, jusqu'à atteindre le cerveau. Là, la molécule de protoxyde se dépose sur des récepteurs qui fixent d'habitude les molécules antidouleurs. Le "proto" active ces récepteurs qui libèrent de la dopamine. La sensation d'euphorie procurée dure quelques minutes, avant de se dissiper, résume la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives."On le prend pour se sentir cool, pour s'amuser, pour se soulager d'un mal-être", remarque l'addictologue Christophe Riou sur franceinfo. La substance n'est pas classée comme stupéfiant et n'est donc souvent pas considérée, par ceux qui en font usage, comme dangereuse."C'est un produit qui est associé à la médecine et à la cuisine. Qui peut penser qu'un gaz pour faire de la crème chantilly est toxique ?"Hervé Martini, secrétaire général de d'Addictions Franceà franceinfoSauf que, "pour avoir le même effet" dans le temps, "on est obligé d'augmenter les doses" au fur et à mesure des prises, pointe Christophe Riou. "On est passé de doses de 80 grammes à 660 grammes et maintenant à des 'tanks'", énumère le médecin, soit des doses de 2 kg.Le "proto" fait par ailleurs l'objet d'un "marketing assez agressif", banalisant sa consommation, notamment chez les jeunes. "Vous avez des publicités ciblées sur les réseaux sociaux, des bonbonnes aromatisées, colorées", relève le biologiste Guillaume Grzych, président du réseau Protoside dédié à la prévention et la prise en charge d'usagers de cette substance."On a par exemple eu des bonbonnes à l'effigie du jeu vidéo 'GTA' ou de la série 'Breaking Bad'."Guillaume Grzych, président du réseau Protosideà l'AFPLes contenus mettant en scène des jeunes hilares après avoir respiré dans un ballon foisonnent par ailleurs sur TikTok, Instagram et Snapchat.Quels sont ses effets sur la santé ?A court terme, le protoxyde d'azote peut causer "des vertiges, des troubles de la coordination et de l'équilibre", liste Hervé Martini. En manipulant les capsules, il est aussi possible d'être "brûlé par le froid" créé par la libération du gaz. Lorsque la quantité consommée est plus importante, le consommateur connaît "un risque de chute, d'asphyxie, mais aussi celui de perdre conscience, voire des problèmes pulmonaires et des vomissements", ajoute le médecin. Ces effets peuvent être "d'autant plus dangereux" que le protoxyde d'azote est "souvent associé à d'autres produits, comme de l'alcool ou le cannabis", pointe Hervé Martini.Des effets graves et durables peuvent aussi apparaître, comme des "troubles de l'humeur", des "troubles de la marche" causés par des fourmillements, une perte d'équilibre ou de force dans les jambes, mais aussi des "troubles psychiatriques". L'usage de "proto" peut devenir une addiction, rappelle le médecin. L'ANSM liste également parmi les effets sur la santé des troubles psychiatriques, tels que la panique, l'amnésie ou l'insomnie, voire des conséquences cardiaques, avec de la tachycardie ou de l'hypertension."Certaines personnes dépendantes ont besoin de consommer plusieurs dizaines de capsules par jour."Hervé Martini, secrétaire général d'Addictions Franceà franceinfoSi les cas de décès sont "rares" pour l'instant, il existe une "augmentation significative" des cas graves associés à la consommation de protoxyde d'azote, note Hervé Martini. Rien que dans les Hauts-de-France, l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives a relevé, entre 2019 et 2022, un passage de 17 à 81 cas annuels ayant nécessité une hospitalisation ou ayant présenté une atteinte clinique grave, significative ou préoccupante.Est-il légal d'en acheter et d'en consommer ?La vente de protoxyde d'azote est interdite aux mineurs, "quel qu'en soit le conditionnement", et ce dans tous les commerces, les lieux publics et sur internet, depuis une loi de 2021. L'interdiction ne s'applique pas aux majeurs, sauf dans certains lieux : bars, discothèques, débits de boissons temporaires et bureaux de tabac. La violation de ces interdictions est passible de 3 750 euros d'amende.Malgré tout, les jeunes consommateurs réussissent à en commander via les réseaux sociaux. "La majorité [des vendeurs] est sur Snap", explique un jeune homme à franceinfo. "Des fois, on voit des pubs qui passent dans des stories [sur le réseau Snapchat], on ajoute la personne, on lui demande la quantité qu'on veut et on fixe un rendez-vous", ajoute un autre. En quelques minutes, les intéressés parviennent à être livrés, au prix de 25 euros la bonbonne de 600 g. "C'est plus facile de s'en procurer pour les mineurs que l'alcool et la drogue", déplore aussi un membre des forces de l'ordre, interrogé par France 3 Corse.Pourquoi sa consommation est-elle difficile à détecter ?Rapidement éliminée de l'organisme par l'expiration, la molécule de protoxyde d'azote se révèle très dure à détecter. Faute de test, la consommation doit être "constatée" en flagrant délit, déplore Clément Coasne, délégué du syndicat Un1té Police, interrogé par l'AFP. Mais une entreprise aixoise, Olythe, a réussi à mettre au point un testeur, ressemblant à un gros stylo noir, "une sorte d'éthylotest", capable, lui, de détecter le protoxyde d'azote."Il suffit de souffler quelques secondes. On a ensuite un résultat pour savoir s'il y a ou non du protoxyde d'azote."Guillaume Nesa, président de l'entreprise Olytheà franceinfoPour l'heure, l'entrepreneur travaille uniquement avec des forces de l'ordre européennes. En France, l'appareil ne peut pas encore être utilisé par les policiers et les gendarmes, le Code de la route ne sanctionnant pas directement la conduite sous protoxyde d'azote.Qu'est-il fait pour lutter contre sa consommation ?En mars, le Sénat a adopté une proposition de loi "visant à renforcer la lutte contre les usages détournés du Protoxyde d’azote", présentée par le sénateur Ahmed Laouedj. Le texte prévoit une interdiction de la vente aux particuliers la nuit, la sanction du jet de cartouches ou bonbonnes sur la voie publique d'une amende de 1 500 euros et un relèvement des sanctions prévues en cas d'infraction aux interdictions de vente aux mineurs. L'élu du Parti radical de gauche refuse néanmoins d'en interdire la vente aux particuliers, alors que le produit "sert aux boulangers, aux hôpitaux, aux horlogers, mais aussi aux particuliers pour faire de la chantilly", explique-t-il à Libération. L'avenir de cette proposition de loi dépend désormais d'une nouvelle lecture à l'Assemblée nationale. Questionné par l'AFP, le député macroniste Vincent Ledoux, très mobilisé sur le sujet, appelle à "frapper très fort" sur la vente illégale de protoxyde d'azote, par "des peines d'emprisonnement" et "des fermetures temporaires" de commerces. Il réclame aussi la création d'une infraction spécifique pour faire condamner la consommation de Protoxyde d’azote en conduisant. Antoine Régley, l'avocat des parents de Mathis, tué début novembre à Lille par un conducteur ayant consommé ce gaz, doit par ailleurs rencontrer le ministre de l'Intérieur le 12 décembre. Il espère ressortir "avec la promesse d'une loi qui passerait dès janvier".Que peuvent faire les pouvoirs publics en attendant ?Les maires et les préfets multiplient les arrêtés pour tenter de restreindre l'accès et/ou la vente du produit. C'est le cas à Bayonne, Cannes, Colmar, Grenoble, Lille, Orléans, Nancy, Rodez, Villeurbanne… Des opérations de police ont aussi eu lieu dans plusieurs villes, aboutissant parfois à des prises importantes. Près de 320 bouteilles de protoxyde d'azote ont été saisies par la police nationale dans une épicerie de Dijon, début juin, selon ICI Bourgogne. Mi-août, la police a saisi 120 cartons de protoxyde d'azote, soit 1,7 tonne de ce gaz hilarant, dans un fourgon à Cenon, dans la banlieue bordelaise, a rapporté ICI Gironde. Quatre personnes ont été placées en garde à vue.Hervé Martini, secrétaire général d'Addictions France, rappelle de son côté la nécessité de renforcer la prévention autour du protoxyde d'azote."On ne veut pas du 'one shot' pendant un an. Il faut des actions qui se construisent dans le temps, donc il faut un financement durable."Hervé Martini, secrétaire général d'Addictions Franceà franceinfoIl incite à intervenir auprès des mineurs dans les établissements scolaires et en milieu festif, pour "expliquer qu'on est là pour eux s'ils ont une sensation de mal-être". Mais également pour apprendre aux jeunes à "résister à la pression du groupe et savoir dire : 'Non, ce ne sont pas mes valeurs'".Je n'ai pas eu le temps de tout lire, pouvez-vous me faire un résumé ?Le protoxyde d'azote est un gaz notamment utilisé dans les siphons en cuisine, mais aussi par les médecins, comme antidouleur ou anesthésiant. Or il possède aussi des effets euphorisants. Son usage récréatif s'est accentué ces dernières années, notamment auprès des jeunes, ce qui inquiète les autorités de santé. Car cette substance peut provoquer des troubles neurologiques, neuromusculaires, voire psychiatriques ou cardiaques.La vente de ce produit est légale, mais elle est interdite aux mineurs depuis 2021. Le "proto" reste cependant facile à se procurer via les réseaux sociaux. Une proposition de loi, en cours d'examen au Parlement, propose de pénaliser plus durement la consommation détournée de cette substance, sans pour autant en interdire la vente aux particuliers. En attendant, les maires et les préfets multiplient les arrêtés pour tenter de restreindre l'accès et/ou la vente du produit. "Mes parents se demandaient ce que j'allais faire de ma vie" François Damiens En Angleterre, une vaste campagne de vaccination contre la méningite Comment les koalas ont réchappé à la consanguinité et réussi à perpétuer leur espèce ? 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Keywords & salience

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protoxyde d'azote
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gaz hilarant
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