Publié le 25/03/2026 05:35 Mis à jour le 25/03/2026 10:22
Côme Dunis, candidat du
Rassemblement National aux municipales, élu maire de
Montargis (
Loiret), le 23 mars 2026. (TOM HOLLMANN / FRANCEINFO) A 36 ans, cette ancienne figure des "gilets jaunes" a été élue au second tour des élections municipales. Une victoire qui marque l'implantation du parti de
Marine Le Pen et
Jordan Bardella dans les villes moyennes. Il est près de 10h30, dans les rues ensoleillées de
Montargis. Au lendemain de son élection au second tour des municipales,
Côme Dunis, 36 ans, le nouveau maire
Rassemblement National de la ville, est installé dans la permanence de Thomas Ménagé, le député RN de la circonscription.
Tom Collen-Renaux, un magistrat de 26 ans, tête de liste du parti d'extrême droite et élu à
Amilly, une petite commune limitrophe, est présent également derrière le rideau de fer couleur bleu marine. Les trois hommes savourent leur victoire : ils ont ravi deux communes à la droite traditionnelle. Une première dans ce département situé à 1h30 de route de la capitale et qui marque l'implantation du RN dans les villes moyennes. "L'élection a été serrée, mais notre victoire est légitime", commente
Côme Dunis en ce lundi 23 mars.La veille au soir, seuls 59 bulletins lui ont permis de battre son plus proche concurrent. Le candidat RN l'a emporté avec 34,64% des voix dans une triangulaire. La liste du maire sortant,
Benoît Digeon (LR), est arrivée en troisième position, avec 32,6% des suffrages, derrière celle de l'union de la gauche, portée par le communiste
Bruno Nottin. "Deux tiers des Montargois n'ont pas voulu de l'extrême droite", a réagi ce dernier auprès de
France 3 après le dépouillement. Le Républicain, lui, a dit "craindre que le sectarisme du RN vienne perturber le fragile équilibre social" de
Montargis. Entre les deux hommes, il n'y a eu ni poignée de mains, ni message de félicitations à l'issue de la soirée électorale.Dès le lendemain de sa victoire,
Côme Dunis est retourné au contact de ses administrés. Deux postiers au volant d'une camionnette jaune klaxonnent, tout sourire, lorsqu'ils aperçoivent le nouveau maire, qui agite le bras pour leur répondre. Costume bleu, chemise blanche et cravate à motifs, l'ancien commercial dans l'immobilier a les épaules larges, porte des grosses lunettes à monture carrée et une barbe poivre et sel soignée."Les Montargois avaient besoin d'un élu de terrain", explique l'élu d'extrême droite. "Le maire sortant a toujours refusé de nous parler, y compris au soir du premier tour. Nous, nous dirigerons sans sectarisme, main dans la main avec notre député et le nouveau maire d'
Amilly", ajoute-t-il, assurant que "les bonnes idées, qu'elles viennent de la droite ou des communistes, seront toujours bonnes à prendre"."Matraquage fiscal, gaspillage de l'argent public, insécurité, lutte contre le trafic de drogue..." Malgré son ouverture affichée à l'opposition, les priorités affichées de
Côme Dunis pour
Montargis sont bien celles poussées par le
Rassemblement National."Nous allons renforcer les effectifs de la police municipale et créer des brigades nocturnes. Ici, il n'y a que la police nationale qui patrouille la nuit, et elle est partagée entre quatre communes."
Côme Dunis, nouveau maire de
Montargisà franceinfo"La journée, il fait bon vivre, mais personne ne sort le soir à
Montargis. La majorité se prive de ses libertés à cause d'une minorité de personnes", abonde un membre de son équipe de campagne, qui évoque, pêle-mêle, "les agressions, les rodéos urbains et le trafic de drogue".Sur la terrasse de la Licorne – un petit établissement aux fenêtres encadrées de briques rouges tenu par un colistier de
Côme Dunis – les quelques clients sont tous des partisans du nouveau maire. "Ici, on ne respecte pas le drapeau français et on bloque les rues pendant le ramadan, il faut remettre de l'ordre dans tout ça", assure Serge Diot, un ancien militaire à la retraite de 57 ans, venu boire un café avec ses deux amis, Jean-Marc, 66 ans, et Philippe, 68 ans. "On n'est pas racistes, hein", se sentent-ils obligés d'ajouter, devant la mine gênée du directeur de campagne de
Côme Dunis, qui s'empressera de préciser que ces gens n'ont rien à voir avec son candidat. Serge, Jean-Marc et Philippe, trois sympathisants du maire RN
Côme Dunis, sont attablés à la terrasse de la Licorne, à
Montargis (
Loiret), le 23 mars 2026. (TOM HOLLMANN / FRANCEINFO) Il y a aussi des figures modérées, comme Anthony Chapat. A 31 ans, l'éducateur socio-sportif pour la municipalité n'a pas hésité à voter pour
Côme Dunis, qu'il assure connaître depuis de nombreuses années. "Il faut casser les clichés, aussi bien sur le RN que sur LFI", estime cet ancien boxeur professionnel, qui "veut juste aider les jeunes, peu importe les étiquettes"."Côme, c'est un gars proche des gens, qui veut vraiment aider, y compris dans les quartiers."Anthony Chapat, éducateur à
Montargisà franceinfo"Lui, il s'intéresse à nous au moins. Je suis ici depuis onze ans, et l'ancien maire, il n'est jamais passé nous voir", renchérit le tenancier de L'Amiral, un bar-tabac du centre-ville. Anthony Chapat, éducateur socio-sportif de 31 ans, à
Montargis (
Loiret), le 23 mars 2026. (TOM HOLLMANN / FRANCEINFO) Le nouveau maire de la "Venise du Gâtinais" – surnommée ainsi pour ses canaux sinueux, ses nombreux ponts et passerelles – n'a pas toujours été connu comme un adhérent du
Rassemblement National. En 2018, il était une des figures locales du mouvement des "gilets jaunes". Habitué du rond-point "Cacahuète", il avait même symboliquement muré le centre des impôts avec des parpaings. Huit ans plus tard, il ne se renie pas, mais assure "que ce passé de lutte est derrière". "Il n'a pas toujours été d'extrême droite, il a changé", regrette un commerçant du centre-ville, présent sur une liste citoyenne éliminée dès le premier tour.A quelques minutes du centre-ville, dans le quartier populaire de La Chaussée, où s'enchaînent les barres d'immeubles, on dresse un constat mitigé, entre indifférence et consternation. "Ça ne me fait ni chaud ni froid", assure Maxime Barrera, un jeune serveur de 29 ans, qui passe par là avec sa mère."Forcément, un maire RN, c'est inquiétant, mais il faut voir ce qu'il va faire, il y a besoin de sécurité ici."Maxime Barrera, serveur à
Montargisà franceinfo"Ce n'est pas mon bord politique, mais je ne peux pas vraiment en dire grand-chose : je n'ai pas voté", ajoute-t-il. Comme dans le reste de la
France, l'abstention a été forte à
Montargis, où seulement 3 910 des 7 386 inscrits se sont déplacés aux urnes.Attablé à la terrasse d'une brasserie dans les allées du centre commercial, Farid Brigui, 54 ans, arbore fièrement sa carte d'électeur. Cet ancien employé du secteur hospitalier en arrêt pour invalidité a voté pour la liste de gauche au second tour. "Forcément, je suis un peu déçu", concède ce Français d'origine algérienne. "Mais la ville a besoin de changement, surtout pour les jeunes, et ces gens-là [le RN] ont parfois de bonnes idées."Craint-il la montée du racisme ? "Hier encore, on m'a traité de bougnoule. Le racisme, il était déjà là", dit-il en haussant les épaules. Jean-Patrick Nguessan, un cariste de 43 ans en jogging gris, affiche au contraire clairement son inquiétude : "Le RN était déjà fort ici. Mais j'ai peur que ça dédiabolise le racisme pour de bon." Farid Brigui, 54 ans, ancien employé du secteur hospitalier, à
Montargis (
Loiret), le 23 mars 2026. (TOM HOLLMANN / FRANCEINFO) "Le RN, qu'il soit à
Montargis ou dans le sud de la
France, c'est la préférence nationale. Et ça, ça ne peut qu'instaurer un climat de haine", regrette à son tour Pierre Tartakowsky. Cet habitant de
Montargis croisé devant l'école élémentaire Girodet est également président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme. "Il y a peu, j'ai entendu des cris de singe sur le passage d'un jeune dans le centre-ville", témoigne-t-il, encore atterré.De nombreux habitants rencontrés dans les rues de
Montargis estiment que les émeutes de 2023 liées à la mort de Nahel à Nanterre ont joué un rôle important dans la montée du vote RN. Des dizaines de jeunes avaient alors envahi la rue Dorée – l'artère principale du centre-ville –, saccagé de nombreux commerces et incendié une pharmacie. "C'est le genre d'événements qui vous convainc qu'il y a besoin d'un gros, gros, serrage de vis", juge une commerçante, qui avait vu la vitrine de sa boutique de prêt-à-porter brisée ce jour-là.Chloé Juillot, une jeune maman de 28 ans venue chercher ses deux enfants à l'école, ne décolère pas. "C'est quand même fou, on va finir par représenter le RN ici", s'agace cette responsable d'animation, qui en veut beaucoup au maire sortant "de ne pas s'être emparé des sujets qui comptent, comme la jeunesse ou l'emploi". La jeune femme craint surtout que la prise de
Montargis par le RN ne soit un signe avant-coureur pour la présidentielle de 2027. Questionné à ce sujet dans les rues du centre-ville, le député RN du
Loiret, Thomas Ménagé, ne veut pas mettre la charrue avant les bœufs. Mais esquisse un sourire : "Il y a une dynamique évidente, mais ça reste une élection locale." Une femme chute d'une falaise et se retrouve coincée sur les rochers Flavel raconte son interpellation violente à Noisiel Mondial 2026 : la Nouvelle-Calédonie à deux matchs d'une qualification historique Protoxyde, rodéo urbain : le gouvernement durcit les sanctions Le combat d'une avocate pour les migrants qui ont fui les Etats-Unis Le 5 juillet 2001, Loana remportait la première saison de Loft Story Marseille : Une policière soupçonnée d'avoir vendu des informations confidentielles au grand banditisme Au moins 24 morts après la chute d'un bus au Bangladesh "Elle doit être durement sanctionnée", réagit Sébastien Chenu au sujet de la policière soupçonnée d'avoir vendu des informations au grand banditisme L'ONU qualifie la traite des esclaves africains de "crime le plus grave contre l'humanité" Addiction aux réseaux sociaux : Meta et YouTube condamnés Rupture amoureuse : 1 actif sur 3 utilise ses congés pour s’en remettre Gims interpellé dans une affaire de blanchiment en bande organisée Au cimetière, le Hezbollah glorifie ses combattants et l'Iran Disparus de l'Aveyron : les deux femmes retrouvées mortes Gims en garde à vue pour soupçon de blanchiment d'argent