À l'occasion de la semaine de la presse et des médias dans l'école, l'émission "Infrarouge" propose mercredi soir un documentaire qui s'immerge au cœur d'un dispositif qui permet à des jeunes de lutter contre la désinformation. "La télé, c'est surtout de l'information lente, alors que sur le téléphone, c'est de l'information rapide." En quelques années, les pratiques de nombreux adolescents pour s'informer ont drastiquement changé, à la faveur de l'émergence des réseaux sociaux et des plateformes de vidéos en ligne. Un bouleversement décrypté par le documentaire Détecteurs de mythos, à l'attaque des fake news, réalisé par
Cécile Tartakovsky et
Simon Fichet, et diffusé mercredi 25 mars à 22h45 sur
France 2.Grâce à l'intervention d'une association de journalistes nommée
Fake off, qui tente de développer l'esprit critique d'élèves et de leur donner des outils, le film répertorie les sources d'information des jeunes et révèle les risques auxquels ils s'exposent sur les terrains des fake news, des théories du complot et de l'IA."En passant six mois avec eux, ce qui m'a marqué, c'est de constater que les jeunes ne se soucient pas de savoir si les informations sont vraies ou fausses, explique la réalisatrice
Cécile Tartakovsky à franceinfo. Ils ne mettent pas le curseur à cet endroit, contrairement à nous. Pour eux, ce qui importe, c'est l'émotion qu'ils ressentent lorsqu'ils regardent les contenus, que ce soit du rire, de la peur, de l'effroi... La véracité des faits est reléguée au second plan."
Mohamed,
Iris,
Zadig et
Saim ont 14 ans et sont élèves de troisième au
Collège Colonel-Fabien de
Montreuil (
Seine-Saint-Denis). Smartphone vissé au creux de la main, comme tous leurs camarades de classe, ils ne jurent que par Instagram, TikTok, Snapchat, Telegram... Et par des influenceurs qui prennent souvent, à leurs yeux, la place des journalistes. Rivés des heures durant sur des réseaux qui les abreuvent d'une multitude de contenus dans lesquels fleurissent les plus folles rumeurs, leur sens critique est souvent mis à rude épreuve : le rappeur
P. Diddy aurait tué Mickaël Jackson, la préhistoire n'aurait jamais existé, les pyramides n'auraient pas été construites par les hommes, les cartels mexicains mangeraient les gens...Afin d'aider cette jeunesse encore malléable à démêler le vrai du faux, deux journalistes de l'association
Fake off les confrontent à leurs croyances et leur apprennent à vérifier les sources de leurs informations. Grâce à une mise en situation, elles incitent les collégiens à percer à jour une rumeur récurrente qui s'est propagée sur les réseaux des mois durant : une femme d'origine roumaine, accompagnée d'un bébé, sillonnerait les gares de France et demanderait à des gens de lui acheter du lait en poudre... pour ensuite organiser un guet-apens afin de leur voler leurs organes. Les journalistes proposent alors aux élèves d'enquêter en profondeur sur cette histoire et les emmènent à la préfecture de police afin de vérifier si des plaintes ont été déposées. "On a assez peu de doutes pour dire qu'il n'y a pas de trafic d'organes en France", affirme dans le documentaire Loubna Atta, commissaire divisionnaire de police à Paris, qui rassure les adolescents et leur explique que ce n'est pas parce qu'une rumeur est persistante qu'elle est forcément vraie. Mais surtout, elle les met en garde sur les conséquences que peuvent avoir ces ragots. En l'occurrence, dans ce cas précis, sur la communauté des Roms, régulièrement discriminée.Des retentissements que mesurent difficilement ces jeunes tant ils sont noyés dans une masse informationnelle. "Difficile pour eux d'aiguiser leur esprit critique tant ils sont inondés d'infos, concède
Cécile Tartakovsky. Et en plus, le vrai, le faux, l'humour, le drame... Tout est tellement mélangé que leur cerveau n'est pas toujours en capacité de faire la part des choses dans tout ce qu'ils regardent. Les adultes ne pourraient pas le faire non plus d'ailleurs." Afin de protéger ces adolescents, une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans est examinée au Parlement depuis fin janvier. Le texte, soutenu par le gouvernement, proscrit également l'utilisation des téléphones mobiles dans l'enceinte des lycées. Afin de clore leur enquête, les élèves vont à Saint-Denis (
Seine-Saint-Denis) à la rencontre de Roms. Une façon de prendre conscience que, derrière les allégations fantaisistes, il y a des êtres humains qui souffrent d'être ainsi pointés du doigt sur les réseaux. "On a peur en fait, on ne sort plus, s'émeut Cassandra, membre de cette communauté. Les enfants qui sont dans les bidonvilles ne sortent même plus pour aller à l'école tellement ils ont peur. Pour justement ne pas être lynchés, ne pas être insultés et battus par les autres."Le documentaire Détecteur de mythos, à l'attaque des fake news, réalisé par
Cécile Tartakovsky et
Simon Fichet, est diffusé dans le cadre de l'émission "Infrarouge", mercredi 25 mars à 22h45 sur
France 2, et disponible sur la plateforme france.tv. Fiat contre Renault : quand l’Italie drague l'Algérie Visite de l'hôtel des Bleus à Boston, avant la Coupe du monde Melania Trump escortée par un robot à la Maison-Blanche Une femme chute d'une falaise et se retrouve coincée sur les rochers Flavel raconte son interpellation violente à Noisiel Mondial 2026 : la Nouvelle-Calédonie à deux matchs d'une qualification historique Protoxyde, rodéo urbain : le gouvernement durcit les sanctions Le combat d'une avocate pour les migrants qui ont fui les Etats-Unis Le 5 juillet 2001, Loana remportait la première saison de Loft Story Marseille : Une policière soupçonnée d'avoir vendu des informations confidentielles au grand banditisme Au moins 24 morts après la chute d'un bus au Bangladesh "Elle doit être durement sanctionnée", réagit Sébastien Chenu au sujet de la policière soupçonnée d'avoir vendu des informations au grand banditisme L'ONU qualifie la traite des esclaves africains de "crime le plus grave contre l'humanité" Addiction aux réseaux sociaux : Meta et YouTube condamnés Rupture amoureuse : 1 actif sur 3 utilise ses congés pour s’en remettre Gims interpellé dans une affaire de blanchiment en bande organisée Au cimetière, le Hezbollah glorifie ses combattants et l'Iran Disparus de l'Aveyron : les deux femmes retrouvées mortes