podcast (Nouvelle fenêtre) flux rss (Nouvelle fenêtre) Protoxyde d'azote ou "gaz hilarant", le gouvernement présente mercredi son projet pour faire de la consommation détournée du protoxyde d'azote un délit puni par la loi. Actuellement, seule la vente aux mineurs est interdite. franceinfo s'est rendu en
Seine-Saint-Denis, pour suivre un contrôle de
Police dans une épicerie de
Villetaneuse. Publié le 25/03/2026 10:28 Mis à jour le 25/03/2026 12:41 Un contrôle de
Police dans une épicerie de
Villetaneuse en
Seine-Saint-Denis, mars 2026. (MARC BERTRAND / FRANCEINFO) La berline de la
BAC s'arrête devant une rangée de garages, en ce mois de mars. Il y a de la lumière sous un rideau de fer à moitié fermé. À l'intérieur, c'est une véritable épicerie. Des sodas, de l'alcool, des conserves, s'étendent jusqu'au plafond. "C'est une sorte de commerce de proximité, explique un policier. On est en train de vérifier s'il a bien les autorisations adéquates et donc s'il ne vend pas de produits prohibés."Les policiers se mettent à retourner le stock. Derrière une palette de canettes, le commissaire montre un carton de ballons de baudruche. "Ça, dit-il, ce sont les ballons qui servent à extraire le protoxyde d'azote. En général, quand il y a des ballons, il y a du protoxyde". Effectivement, les agents trouvent plusieurs dizaines de bonbonnes de protoxyde. Devant le commissaire, la lieutenant retire de grandes bonbonnes noires, cachées sous le comptoir. Dans ses mains, un "tank", une bonbonne de quatre kilos, siglée "
Creamy Deluxe" goût pastèque. "C'est du 3,3 litres. C'est énorme, explique-t-elle. Généralement, il y a même des designs qui sont assez attrayants pour les jeunes avec des motifs type GTA, ce qui montre bien que ce n'est pas à usage culinaire." Au total, les policiers trouvent une trentaine de bonbonnes. Elles se vendent entre 50 et 60 euros pièce. L'homme à la caisse jure qu'il n'est pas le propriétaire. Il assure qu'il était dans l'épicerie pour attendre un ami et n'était pas du tout au courant de la présence de bouteilles de protoxyde d'azote dans le magasin.Le gouvernement présente mercredi 25 mars en conseil des ministres son projet de loi Ripost, sur la sécurité du quotidien, qui contient un volet pour faire de la consommation détournée du protoxyde d'azote un délit puni par la loi. La
Police a très peu de moyens de lutter contre ce phénomène. Ce jour-là, dans cette épicerie de
Villetaneuse, les policiers doivent le laisser partir. Il n'y a actuellement pas de loi qui interdit de vendre du protoxyde d'azote, seulement un arrêté préfectoral qui prévoit une simple amende. "On applique juste l'arrêté préfectoral qui interdit la détention, l'acquisition, la vente ou le transport de ce type de produit", détaille le commissaire. Les policiers ne peuvent donc pas procéder à des arrestations. "Ça reste une contravention, poursuit-il. Cette situation laisse la possibilité de retirer les produits du marché, mais ne permet pas de mettre des personnes en gardes à vue ou de faire des enquêtes plus poussées. Il n'y a pas de trafic puisque ce n'est pas un produit illicite."* Les bonbonnes de protoxyde d'azote sont de plus en plus massives, mars 2026. (MARC BERTRAND / FRANCEINFO) Pourtant, la lieutenant voit le "proto" déferler dans les rues. Quelque 900 bonbonnes ont été saisies en trois mois rien qu'à
Villetaneuse et Épinay. "C'est un vrai fléau de santé publique pour les jeunes, avance-t-elle, avec des conséquences qui peuvent être graves au niveau du cerveau. Ça devrait sûrement être considéré comme un produit stupéfiant à l'heure actuelle".La dangerosité du gaz hilarant pousse le gouvernement à agir. Ce gaz peut mettre vos enfants dans une chaise roulante. Il y a de plus en plus d'intoxications, des jeunes surtout, qui deviennent accros. Ils en consomment énormément, et le gaz s'attaque au système nerveux. Les premiers symptômes sont des fourmillements dans les mains, ou les pieds, des troubles de l'équilibre, mais les effets peuvent aller jusqu'à la perte de l'usage de ses jambes. Il y a eu 522 cas graves recensés en 2025 en
France, un chiffre qui a été multiplié par quatre en quatre ans.En région parisienne, certains consommateurs sont des jeunes de 18, 19 ans, qui sortent entre copains. Chacun achète sa bonbonne pour la soirée. Ils "font des ballons", comme ils disent, dans leur voiture, à la sortie d'une boîte de nuit ou posés sur un parking de centre commercial. Évidemment, c'est extrêmement dangereux de conduire sous protoxyde d'azote. On ne se rend pas du tout compte de sa vitesse, par exemple. Ils ont 19 ans et ne pensent absolument pas au danger. Un contrôle de
Police dans une épicerie de
Villetaneuse en Seine-St-Denis, en mars 2026. (MARC BERTRAND/ FRANCEINFO) "C'est la drogue de notre génération, explique un de ces jeunes. Quand vous rentrez à la maison, vous ne sentez pas l'alcool ou le cannabis, vous n'avez pas les yeux rouges, les parents ne se rendent compte de rien et surtout ce n’est pas cher et hyper accessible." Au début, seules de petites cartouches à chantilly argentées de huit grammes circulaient. Aujourd'hui, on trouve plutôt des bonbonnes de 650 grammes, vendues 20 euros pièce. Elles sont vendues dans les épiceries. Il y a aussi des vendeurs sur les réseaux sociaux qui livrent, comme pour la drogue, avec les ballons offerts en cadeau. Pire, il y a des "drive" en région parisienne. Dans ce cas, les vendeurs sont carrément sur le bord de la route. À Bagnolet, en
Seine-Saint-Denis, par exemple, le "patron" d'un de ces "drive" raconte qu'il a commencé en livrant de l'alcool dans les soirées clandestines pendant le covid. Puis, on lui a réclamé du protoxyde d'azote, alors il en a fait son business.Il n'y a pas de chiffres pour estimer la consommation, mais une entreprise qui recycle les bonbonnes de protoxyde d'azote explique qu'elle en recevait cinq tonnes par mois au début du Covid et qu'elle en reçoit désormais 40 tonnes. Les quantités continuent d'augmenter.Aujourd'hui, il n'y a pas de loi pour encadrer le protoxyde d'azote, en dehors du texte de 2021 qui interdit la vente aux mineurs. En attendant, les préfets prennent des arrêtés pour interdire la consommation sur la voie publique, mais la
Police peut simplement confisquer les bonbonnes et mettre une amende.Le projet de loi du gouvernement veut durcir la législation contre l'usage détourné du protoxyde d'azote, considéré comme un fléau dangereux, avec notamment la création de trois délits punissant sa consommation et son transport. Inhaler le produit deviendra un délit, passible d'une peine d'un an de prison et de 3 750 euros d'amende, avec la possibilité d'une amende forfaitaire de 200 euros. Le transport du produit sans motifs légitimes sera passible de deux ans de prison et 7 500 euros d'amende et la conduite sous son emprise de trois ans de prison et 9 000 euros d'amende. Enfin, un commerce le vendant illégalement fera l'objet d'une fermeture administrative.Des mesures qui vont sans doute freiner certains consommateurs, mais le protoxyde d'azote se vend déjà par les mêmes canaux que la drogue, donc, quelque part, les vendeurs sont déjà prêts à passer dans l'illégalité. Patinage artistique : comment apprend-on les sauts ? Pâtes, chocolat, céréales... Alerte sur une surexposition au cadmium Fusillade près d'une école : un homme abattu à Montélimar Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump propose un plan de paix Ces avions américains qui partent d’Angleterre pour bombarder l’Iran La Russie lance près de 1000 drones sur l'Ukraine en 24 heures Supermarché incendié : une adolescente de 12 ans reconnaît les faits Un maire peut-il cumuler son mandat et celui de député ou de ministre ? Les données personnelles de centaines de milliers d'enseignants volées Normandie : le toit d'une école explose violemment Une baleine bloquée depuis plus de 24h sur une côte allemande Présidentielle : course d'obstacles pour la droite et le centre Le président Volodymyr Zelensky a reçu les athlètes ukrainiens médaillés aux Jeux paralympiques de Milan Cortina Prix des carburants : des mesures exceptionnelles pour les entreprises "On assiste à une sorte de jour sans fin à gauche", lance Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement Le monde a accordé à Israël "un permis de torturer les Palestiniens"