Un épisode de gel est attendu en fin de semaine en
Bourgogne. Face au phénomène, certains vignerons restent en alerte et réfléchissent à protéger leurs vignes à l'aide de différents dispositifs. Chaque jour, un tour d’horizon des principales infos de toutes les régions. France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "L’actu des régions". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité Les prochains jours pourraient être décisifs pour le millésime 2026. Depuis ce mercredi 25 mars, une perturbation traverse l'ensemble de la
Bourgogne, marquée par des pluies faibles et des températures basses. Mais le temps pourrait se gâter en fin de semaine, avec un épisode de gel attendu par les météorologues. Pas franchement l'idéal pour les vignerons bourguignons. À
Charnay-lès-Mâcon en
Saône-et-Loire,
Marine Ferrand suit avec attention la météo, non sans inquiétude. "Ça m’inquiète. Le problème de cette année, c’est que c’est beaucoup trop en avance et les bourgeons sont sortis trop vite. On se rend compte qu’on peut avoir des épisodes de gel jusqu’au mois de mai."On serre les fesses, on annonce -3°C en ressenti. Il ne faut pas que ça descende en dessous de -1°C, et il ne faut surtout pas de pluie avant. Si c’est mouillé, ça risque de cramer complètement les bourgeons.Marine FerrandResponsable communication du domaine FerrandLa responsable communication confie que le domaine est actuellement en pleine réflexion pour protéger son domaine de 11,5 hectares. "On ne va pas se mentir, économiquement c’est coûteux de mettre en place des bougies, que ce soit entre l’achat et l’installation. Si on décide de mettre des feux de paille, il faudra faire une demande au préfet." L'allumage de bougies est un des outils pour protéger les vignes contre le gel. • © HLEGUELLEC / MAXPPP Inquiet pour sa vigne lui aussi,
Laurent Lignier s'est entretenu avec la chambre d'agriculture de Côte-d'Or ce mercredi 25 mars. L'organisme est préoccupée pour la
côte de Beaune. "Les chardonnays sont sortis et ça peut faire des dégâts, notamment pour des vignerons de
Meursault,
Chassagne ou
Puligny." Installé sur la
côte de Nuits, le vigneron s'attend à "10 à 15 % de dégâts" sur son domaine de neuf hectares, "mais pas plus, ça devrait rester raisonnable. On peut avoir quelques bourgeons de touchés mais beaucoup ne sont pas encore sortis donc ça devrait résister."
Laurent Lignier compte quand même limiter les dégâts et n'écarte pas l'idée d'utiliser des bougies pour protéger ses vignes, même s'il n'est pas entièrement convaincu par le dispositif. "On va peut-être en mettre sur les parcelles les plus avancées. On va attendre demain matin pour voir ce qui se passe. Les bougies coûtent très cher, 13 euros HT à l'unité. Il faut environ 400 bougies à l’hectare, c’est utile une fois ou deux, ça a une durée de 6 à 8 heures. S’il faut remettre le lendemain, imaginez le coût que ça représente."L'épisode de gel ne concerne pas que la
Saône-et-Loire. À Irancy dans l'Yonne, Christophe Ferrari a déjà fait le tour de plusieurs sites météo. "Ça m’inquiète parce qu’ils annoncent toutes les conditions favorables au gel et on est sur deux années consécutives où on n’a pas fait trop de vin. Là aujourd’hui, ça a bien poussé. Si on ne prend pas d’averses et qu’on reste secs, on devrait sauver notre peau. Quand il n’y a pas d'humidité, la vigne supporte des températures un peu plus basses. Mais s’il y a une averse froide qui arrive quand le soleil se couche, c’est là où ça gèle." (Illustration) Des vignes gelées. • © THIERRY GACHON / MAXPPP Vendredi matin, ce qui va être déterminant c’est l’humidité qu’on aura dans la nuit. Si on prend une averse le soir ça risque de faire mal. Il y aura juste à attendre le lendemain pour voir ce qu’il s’est passé.Christophe FerrariViticulteur à Irancy (89)Dans de telles conditions, le viticulteur est bien conscient qu'il ne pourra pas se munir d'aucun dispositif pour protéger sa vigne. "On a des parcelles trop petites pour avoir des méthodes de lutte contre le gel. Quand ce sont des petites parcelles, ça demande beaucoup d’investissement financier et du temps. Sur Irancy, il n’y a pas de point d’eau pour faire de l’aspersion. Les fils électriques en termes d’alimentation, ce n’est pas évident ici."