Le 26 mars 2026 à 13h33 À
Mayotte, la préfecture a annoncé l’arrivée de deux navires pétroliers dans les prochains jours pour «garantir les stocks de l’ensemble du mois d’avril». (Image d’illustration) ADOBE STOCK Le quasi-blocage par l’
Iran du détroit d’Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d’environ 60% des cours du brut. Passer la publicité Passer la publicité Les préfectures de
La Réunion et de
Mayotte ont annoncé jeudi des hausses des prix des carburants à compter du 1er avril, conséquence de la flambée du baril liée au conflit au Moyen-Orient, tout en assurant que l'approvisionnement des deux territoires de l'océan Indien était garanti. Les préfectures de
Guyane, de
Guadeloupe et de
Martinique doivent également s'exprimer jeudi au sujet des conséquences du conflit dans le golfe Persique sur le prix des carburants. Dans les DROM (
Guadeloupe,
Guyane,
Martinique,
Mayotte et
La Réunion), les prix de l'essence et du gazole sont régulés par un système de plafonds fixés mensuellement par les préfets pour tenir compte des particularités de ces territoires, notamment l'étroitesse des marchés et leur dépendance aux importations. Passer la publicité À
La Réunion, le préfet
Patrice Latron a pris la parole au Port (ouest), sur le perron de la Société réunionnaise des produits pétroliers (SRPP), pour annoncer une hausse des prix à la pompe à partir du 1er avril. «C'est une hausse que nous n'avons pas connue depuis longtemps, avec une augmentation de plusieurs dizaines de centimes pour l'ensemble des carburants», a-t-il déclaré. Des «solutions alternatives» Questionné par l'AFP, le préfet a dit ne pas vouloir donner «avant lundi» le futur tarif mais celui-ci devrait approcher les deux euros le litre, niveau jamais atteint depuis l'invasion russe de l'
Ukraine en 2022.
Patrice Latron s'est toutefois voulu rassurant sur l'approvisionnement, le carburant étant importé depuis Singapour et sécurisé par des contrats de livraison. Malgré cela, les Réunionnais se sont rués vers les stations-service dès l'annonce du préfet. À
Mayotte, la préfecture a annoncé l'arrivée de deux navires pétroliers dans les prochains jours pour «garantir les stocks de l'ensemble du mois d'avril». Ces livraisons font partie des «solutions alternatives» mises en place face aux perturbations au Moyen-Orient. D'autres approvisionnements sont prévus en mai dans l'archipel. La préfecture assure qu'il n'y aura «aucune rupture dans les prochains mois», mais précise que les prix mahorais seront également révisés au 1er avril. Actuellement, les prix-plafonds fixés à
Mayotte s'élèvent à 1,68 euro le litre de sans-plomb, 1,44 euro le litre de gazole. Le quasi-blocage par l'
Iran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d'environ 60% des cours du brut. En France, les prix du gazole ont ainsi bondi de 29% depuis le 27 février, veille de l'attaque israélo-américaine sur l'
Iran, selon un calcul AFP à partir des données de quelque 9600 stations. Guerre au Moyen-Orient : des hausses des prix de carburants «de plusieurs dizaines de centimes» annoncées au 1er avril en Outre-mer S'ABONNER Prix des carburants : quelles sont les stations-service les plus chères de France ? Selon les données officielles du gouvernement, il était possible, en début de semaine, de trouver le litre de gazole à 2,80 euros à certains endroits, et le litre de SP95-E10 à plus de 2,50 euros. Baisse de la TVA, gel des prix, taxe flottante... Que peut vraiment faire l’État face à la flambée des carburants ? L’État est sous le feu des critiques pour son absence d’aide aux automobilistes face à la hausse des prix à la pompe. Alors que les oppositions réclament des mesures, certaines semblent juridiquement inapplicables, ou très coûteuses pour les finances publiques. En Corse, le blocage des dépôts de carburant provoque un début de pénurie dans les stations-service Dans l’île, où les supermarchés ne vendent pas d’essence, les distributeurs indépendants protestent contre les prix plafonnés de TotalEnergies, qu’ils dénoncent comme de la concurrence déloyale. «Elles subissent les effets de la flambée du kérosène» : la guerre en
Iran pousse les compagnies aériennes à augmenter les prix des billets DÉCRYPTAGE - Chez Air France et KLM, un aller-retour en classe économique sur un long-courrier coûte désormais 50 euros de plus. D’autres transporteurs français, comme Air Caraïbes et Air Austral, ont aussi revu leurs tarifs à la hausse. Carburants: la hausse de production demandée aux raffineurs peut-elle vraiment faire baisser les prix à la pompe ? Le gouvernement a demandé lundi aux raffineurs d’évaluer la capacité de leurs sites «à augmenter rapidement et temporairement la production en produits raffinés». L’exécutif espère, par ce moyen, «alléger la tension sur les marchés des produits raffinés en Europe». Jean-Pierre Robin : «Les carburants, vache à lait fiscale des États mis en demeure de les subventionner» CHRONIQUE - Un accord tacite s’est établi entre l’opinion publique et les gouvernements : les énergies sont certes lourdement taxées, mais en contrepartie il paraît légitime que « l’État protecteur », comme il aime à se proclamer, en lisse les à-coups. Carburants : les certificats d’économies d’énergie accentuent-ils la flambée des prix à la pompe ? Alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix à la pompe, cette «quasi-taxe» est accusée de gonfler discrètement la facture des consommateurs. Baisse des prix à la pompe : pourquoi la France n’a pas les moyens d’imiter Giorgia Meloni ANALYSE - L’Italie a décidé de réduire les taxes sur les carburants pour en faire baisser le prix de 25 centimes à la pompe. Un luxe désormais inabordable pour la France. Flambée des carburants : l’essence et le gazole coûtent-ils moins cher chez nos voisins ? Si de nombreux frontaliers se rendent à l’étranger pour faire leur plein, dans l’espoir de faire des économies, la hausse des prix des carburants touche toute l’Europe. Combien coûtent l’essence et le gazole chez nos voisins ? Le Figaro fait le point. « Le gagnant, c’est la Russie » : ces pays qui peuvent tirer bénéfice de la guerre en
Iran DÉCRYPTAGE - Les producteurs de pétrole profitent de l’envolée des prix, alors que le baril de brent oscille entre 90 et 100 dollars, contre 60 dollars avant le début du conflit au Moyen-Orient. Mais peu ont les moyens de mettre plus de pétrole sur le marché.