Le ministère de l'Economie à
Bercy, le 5 juin 2023 - AFPLe déficit public s'est établi à 5,1% du PIB en 2025, selon l'
Insee, contre une prévision de 5,4%. De son côté, la dette a reculé à 115,6%, soit 1,6 point de mieux que fin septembre.Une bonne nouvelle pour
Bercy. Le déficit public de la
France a été moins élevé qu'attendu en 2025, équivalent à 5,1% du produit intérieur brut, contre une prévision de 5,4%, selon des chiffres publiés ce vendredi par l'
Insee."Les recettes accélèrent en 2025: elles sont en hausse de 3,9%, après +3,2 % en 2024", relève l'institut de la statistique. En particulier, "les impôts courants sur le revenu et le patrimoine accélèrent fortement", de 6,6% en 2025. De leur côté, "les dépenses ralentissent: elles augmentent en euros courants de 2,5%, après +4,0% en 2024". Pour autant, "leur croissance reste légèrement supérieure à celle du PIB en valeur en 2025 (+2,0%)", si bien qu'en volume, elles ont augmenté de 0,9%.Cette amélioration du déficit a permis de faire baisser le ratio de la dette publique, descendu à 115,6% du PIB fin 2025, soit 1,6 point de mieux que fin septembre."Quand on tient une ligne simple — sérieux, stabilité, maîtrise — les comptes s’améliorent sans brutalité. Des résultats, pas des promesses ou de la communication politique inutile. La méthode paie. Mais la stabilité politique aussi. On continue — avec prudence — pour passer sous les 5 % en 2026. La situation géopolitique jouera, mais notre volonté collective aussi", a réagi sur X le Premier ministre
Sébastien Lecornu."C’est évidemment une bonne nouvelle. Le déficit public s’élevait à 5,8% (en 2024), le budget prévoyait une baisse à 5,4% et c’est mieux qu’espéré. C’est autant d’argent qu'il n'y aura pas à rembourser et ça montre que les efforts collectifs commencent à payer. Ce n'est pas le fruit du hasard, cela montre que l'État a tenu la ligne même si 5,1% ça reste bien trop élevé", a pour sa part déclaré sur
TF1 le ministre des Comptes publics,
David Amiel.Objectif 5% en 2026La publication de ces chiffres sera l'occasion d'une réunion ce vendredi matin à
Bercy, présidée par le Premier ministre.
Sébastien Lecornu entend en profiter aussi - moins de deux mois après l'adoption du budget 2026 - pour engager les premiers travaux sur la préparation du prochain budget.Les débats s'annoncent déjà périlleux à quelques mois de la présidentielle, alors que le gouvernement se trouve sous forte pression pour réduire le déficit public, le plus élevé de la
zone euro, dont l'ampleur inquiète les marchés financiers.Il a fixé pour objectif de ramener le déficit à 5% en 2026, avant un retour sous le plafond européen de 3% en 2029.Le chiffre meilleur que prévu de 2025 rend à cet égard "la cible du déficit de 2026 atteignable", explique Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade, mais "sous réserve de l'évolution de la situation au Moyen-Orient".Quel impact de la guerre au Moyen-Orient pour les caisses publiques?Une grosse inconnue pèse en effet sur les finances publiques: la guerre au Moyen-Orient et son potentiel effet sur la croissance notamment. Pour François Ecalle, spécialiste des finances publiques, malgré la bonne surprise de 2025, "le 5% pour 2026 n'est pas acquis", car "on a ce choc pétrolier et gazier qui a déjà commencé et risque d'être plus important que l'effet de ces bonnes nouvelles".Signe des premières conséquences du conflit sur l'économie, l'
Insee a revu en baisse mardi ses prévisions de croissance pour le premier et le deuxième trimestres, à 0,2% du PIB contre 0,3% avant, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures.Pour Maxime Darmet, "il y a plusieurs choses qui vont peser sur le déficit en 2026 en relation avec la guerre au Moyen-Orient", notamment la façon dont "la croissance va être impactée" et les "revalorisations des prestations sociales" du fait de l'inflation qui "pèseront en 2027". "Le conflit pourrait avoir même plus d'impact sur les finances publiques de 2027 que de 2026", estime-t-il.Reste aussi la question de l'éventuel impact budgétaire de mesures de soutien pour le pouvoir d'achat ou les secteurs les plus touchés par la hausse des prix des carburants. Astreint à la discipline budgétaire, le gouvernement s'est limité à ce stade à pallier les difficultés de trésorerie des secteurs touchés, comme les agriculteurs, les transporteurs, les pêcheurs ou prochainement la chimie.