Le parti réclame au gouvernement de baisser la TVA sur le carburant de 20% à 5,5%. Une mesure rejetée par l'exécutif. En réalité, les conséquences de la crise au
Moyen-Orient sur les finances publiques ne sont pas du tout compensées par les recettes fiscales perçues sur le carburant.
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du
Rassemblement National, prononce un discours lors d'un débat sur la situation au
Moyen-Orient à l'
Assemblée Nationale, à
Paris, le 25 mars 2026. (ALAIN JOCARD / AFP) Un "Etat profiteur de crise" qui "fait des recettes indues" grâce à l'augmentation des prix à la pompe ? L'attaque a été proférée par
Marine Le Pen, mardi 24 mars, à l'issue de la réunion hebdomadaire des chefs de groupe à l'Assemblée. La présidente des députés du
Rassemblement National (RN) reproche au gouvernement son refus de baisser la TVA sur le carburant. Un refrain repris à l'envi par les membres du parti d'extrême droite. "L'Etat, en ce moment, profite de cette hausse de prix, l'Etat s'en met plein les poches", a jugé à son tour le vice-président du RN
Sébastien Chenu, au micro de franceinfo, jeudi 26 mars."Jamais l'Etat ne s'est enrichi sur le dos d'une crise ou lors de chocs pétroliers", a démenti
Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'Energie, lors des questions au gouvernement à l'
Assemblée Nationale, mardi 24 mars. La ministre a mis en avant les conséquences des crises énergétiques et de la hausse des prix sur la "croissance", sur "les volumes vendus" et sur la "consommation". "In fine, c'est toujours très mauvais pour les finances", a-t-elle insisté. Franceinfo démêle le vrai du faux.Environ 60% du montant payé à la pompe par les consommateurs correspondent effectivement à deux principales taxes prélevées par l'Etat : l'accise et la TVA. L'accise est payée par les professionnels qui gèrent la production, l'importation et le stockage du pétrole. Son coût est directement répercuté sur le prix du carburant. Cette taxe est fixe, car inscrite dans la loi de finances chaque année. L'Etat ne peut donc pas agir sur son montant, qui représente environ 36% du prix du gazole et 39% du sans-plomb 95 (SP95).La TVA sur les produits énergétiques est, quant à elle, une obligation européenne. En
France, elle correspond à 20% du prix du pétrole. "Quand le cours du pétrole augmente, la TVA perçue par l'Etat augmente aussi", explique
Xavier Timbeau, directeur de l'
Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Pour autant, "il est faux de dire que l'augmentation du prix à la pompe est liée uniquement à l'augmentation de la TVA, car elle représente en réalité une toute petite partie de cette hausse", affirme l'économiste. Illustration avec les semaines passées. La veille du déclenchement de la guerre au
Moyen-Orient, le 27 février, le prix du litre de SP95 s'élève à 1,708 euro par litre. Sur ce montant, l'Etat a prélevé 95,5 centimes de taxes, dont 28,5 centimes de TVA, selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip). La semaine du 20 mars, après trois semaines de blocage du détroit d'Ormuz, le prix du litre de SP95 s'élève à 1,945 euro, soit 23,7 centimes supplémentaires. Ce prix comprend 99 centimes de taxes, dont 32 centimes de TVA, d'après les données de l'Ufip. Entre le 27 février et le 20 mars, l'Etat a donc prélevé 3,5 centimes supplémentaires de TVA par litre de carburant acheté.Les recettes de l'Etat augmentent dans un premier temps. Mais cette hausse a été de courte durée. La semaine du 23 février, avant le début du conflit, les taxes sur le carburant ont rapporté 743 millions d'euros de recettes publiques, selon les calculs du JT de 20 heures de
France 2. Une semaine plus tard, le détroit est bloqué et les prix augmentent. Un milliard d'euros entrent alors dans les caisses de l'Etat. Mais, face à la hausse des prix, les Français diminuent leur consommation de carburant. Dès la semaine du 9 mars, les recettes descendent ainsi à 843 millions d'euros, selon les estimations de
France Télévisions. La consommation de carburant en
France diminue encore de 24% entre le mercredi 11 et le vendredi 20 mars, selon le comité professionnel du pétrole, cité par Le Parisien. Cet accroissement des recettes publiques sur le carburant, réel dans un premier temps, est donc à relativiser par la baisse de la consommation.Surtout, loin de s'enrichir et de "profiter" de la crise, comme l'affirme le RN, "l'Etat s'appauvrit lorsqu'il y a une augmentation du prix du pétrole", rappelle
Xavier Timbeau. Dans pareille situation, "le déficit public se creuse", développe-t-il. Le pouvoir d'achat des Français diminuant, la consommation baisse et les recettes issues de la TVA aussi. L'activité économique se retrouve ralentie, ce qui "impacte lourdement" les entreprises, relate l'économiste de l'OFCE. Entre la baisse de la consommation et des coûts de production plus élevés, dus à la hausse du prix des carburants, leurs marges diminuent. Par ricochet, les recettes fiscales de l'Etat, qui prélève un impôt sur les bénéfices, diminuent. En parallèle, les dépenses publiques augmentent, car certaines entreprises se retrouvent en faillite. Des emplois peuvent également être supprimés dans ce contexte, faisant augmenter les dépenses d'indemnités chômage.Face à la crise des carburants, l'Insee a d'ailleurs revu ses prévisions de croissance à la baisse et annoncé un "net regain d'inflation, qui franchirait les 2% au cours du printemps". Les dépenses liées aux prestations sociales, indexées sur l'indice des prix à la consommation, vont donc mécaniquement augmenter. "Quand on dresse le bilan, l'ensemble de ce qui augmente du côté des dépenses et baisse du côté des recettes publiques est bien plus important que le petit surplus de TVA que l'Etat perçoit sur les carburants", conclut
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