Le 27 mars 2026 à 16h48
Johanna Rolland, vendredi 27 mars, élue maire de
Nantes pour un troisième mandat.
Ludovic Failler - Ville de
Nantes Vendredi matin, la maire a été reconduite à la tête de la sixième ville de France, recueillant les voix des neuf insoumis «opposants» qui ont fait leur entrée au conseil municipal. La droite et le centre ont continué de pointer du doigt cette large union de la gauche. Passer la publicité Passer la publicité Après une campagne municipale agitée à
Nantes, la maire sortante
Johanna Rolland (PS) a été réélue pour un troisième mandat. Vendredi matin, elle a été adoubée par 53 élus sur 69, incluant les neuf insoumis qui se trouvaient sur sa liste d’union de second tour. La socialiste avait remporté le scrutin dimanche soir avec 52,18% des voix après un accord mené avec LFI, précisant que le parti mélenchoniste siégerait dans l’opposition au conseil municipal. «Je le dis, j’assume tout de cette campagne», a fait savoir
Johanna Rolland, lors de son discours solennel. Son alliance, vivement débattue, avait notamment conduit son premier adjoint
Bassem Asseh à se retirer. «Je serai la maire de l’humanisme nantais, d’une démocratie apaisée, d’une sérénité retrouvée au service des habitants. Avec mon équipe, je continuerai à cultiver ce chemin de rassemblement au service de nos valeurs», a insisté l’édile, indiquant vouloir «recoudre sans cesse et inlassablement une société par trop fracturée». Outre la culture et les associations, l’élue a notamment salué «la coopération avec les acteurs économiques», dont une partie s’était inquiétée pendant la campagne. Ils «participent au dynamisme de
Nantes, créent l’emploi local, inventent la prospérité et l’économie de demain. Ils sont nos partenaires», a-t-elle insisté. J’ai entendu ces dernières semaines des critiques. J’en ai trouvé certaines injustes, d’autres justifiées
Johanna Rolland Passer la publicité Élue à 5411 voix près,
Johanna Rolland, qui s’était retrouvée au coude-à-coude avec son adversaire LR
Foulques Chombart de Lauwe au premier tour, s’est dit à l’écoute. «J’ai entendu ces dernières semaines des critiques. J’en ai trouvé certaines injustes, d’autres justifiées. Peu importe, notre responsabilité va être de traduire ces messages, ces impatiences, ces désespoirs, ces colères, dans des actes». «Les élus de l’opposition seront naturellement respectés et considérés», a-t-elle aussi ajouté, face à
Foulques Chombart de Lauwe, nouveau patron de l’union de la droite et du centre dans l’hémicycle. Ce dernier, après avoir félicité son opposante, n’a pas tardé à retomber dans les attaques. «Le jeu politique a été clarifié puisque LFI a décidé de voter pour
Johanna Rolland comme maire», a tancé l’ex-candidat au sortir du conseil, regrettant le peu de temps de parole alloué à son groupe. «Au début du conseil municipal, on présente une candidature. [...] M. Aucant (LFI) n’a pas souhaité être candidat. Ça veut dire qu’ils [les insoumis] approuvent la majorité de
Johanna Rolland. L’accord technique n’était qu’un accord tactique, dont la visée était d’embarquer avec eux, comme un kangourou, les gens de LFI. Voilà, ils ont réussi. Ils sont rentrés.» «Cela faisait partie de l’accord», confie une élue à propos de ce vote LFI octroyé à la maire PS. «C’est le respect démocratique de cette fusion démocratique qui a placé la liste “La gauche unie” en tête. Nous avons fait partie de cette alliance. Aujourd’hui, nous sommes un groupe d’opposition, nous sommes distincts de la majorité, nous n’avons pas envie de nous mêler des affaires qui concernant la majorité», a répondu William Aucant, chef de file des insoumis, au Figaro. Le responsable de LFI au conseil municipal n’a pas hésité à renvoyer l’ascenseur des critiques. «La bordélisation vient des rangs de la droite. Ils n’ont eu pour mot que LFI,LFI,LFI … Si nous sommes leur cauchemar, ça les regarde». Se décrivant comme une «force de rupture, de contrôle et de proposition», le groupe n’a en revanche pas voté la délibération de nomination des nouveaux adjoints de
Johanna Rolland.
Nantes : officiellement réélue maire, la socialiste
Johanna Rolland tente de jouer l’apaisement S'ABONNER Luc Ferry : « Les Français ont le sentiment que les mœurs politiques n’ont rien à voir avec la morale » CHRONIQUE - Si, au lendemain des élections municipales et des alliances entre partis politiques, nos concitoyens ont l’impression que les mœurs politiques n’ont plus grand-chose à voir avec la morale, il est au contraire nécessaire de distinguer les deux. «Pour la sécurité et surtout contre LFI» : Brest, cette forteresse socialiste qui a basculé à droite aux municipales REPORTAGE - À l’issue du second tour des élections municipales dimanche 22 mars, le deuxième port militaire français derrière Toulon a élu un maire divers droite, pour la première fois depuis 1989. Municipales 2026 : à Paris, un équilibre territorial inchangé ANALYSE - L’analyse des résultats par bureau vote montre qu’Emmanuel Grégoire a bénéficié d’un vote utile à gauche tandis que Rachida Dati n’a pas récupéré toutes les voix de Pierre-Yves Bournazel. Municipales 2026 : comment le RN est passé de 22 à 74 mairies DÉCRYPTAGE - Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella compte désormais des élus municipaux dans 84 départements, une première pour cette famille politique. Rachida Dati au Figaro : « La division du centre et de la droite a été mortifère » EXCLUSIF - Après une campagne des municipales qu’elle juge « ni propre ni digne », l’ex-ministre, battue dimanche à Paris, dénonce « la division des forces du centre et de la droite » entretenue par Pierre-Yves Bournazel et Gabriel Attal. Jérôme Jaffré : « Le problème du bloc central, c’est qu’il n’est pas assez un “bloc” et pas assez central » ENTRETIEN - Malgré la poussée de LFI et du RN, il reste un vaste espace politique qui va potentiellement du centre gauche à la droite. Or ce dernier n’a pas encore d’unité politique, de base sociologique large ou encore de dynamique, analyse le politologue*. Municipales 2026 : les alliances avec LFI ont plus réveillé les électeurs de droite qu’elles n’ont dissuadé ceux de gauche ANALYSE - Là où le PS ou les Verts ont fusionné avec les Insoumis, la participation a nettement progressé. Et le nombre de suffrages blancs et nuls ont fortement augmenté. Où est passé le réservoir de voix de Rachida Dati ? Les leçons du vote aux municipales à Paris par arrondissement DÉCRYPTAGE - Emmanuel Grégoire a été largement élu dimanche à Paris face à Rachida Dati, totalisant 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre. Quartier par quartier, plusieurs enseignements peuvent être tirés des résultats. Derrière la victoire d’Édouard Philippe aux municipales, le bilan mitigé de son parti, Horizons Alors que l’ex-premier ministre a fait de l’implantation locale une priorité, il enregistre l’échec de son vice-président Christian Estrosi, à Nice. Sa formation, reconduite au Havre, à Reims et à Angers, fait basculer plusieurs villes et compte plus d’élus que Renaissance et le MoDem. «La ville va être divisée entre les racailles et ceux qui ont peur» : escorté par la police après sa défaite, le maire sortant LR du Blanc-Mesnil veut déposer un recours Le sénateur Thierry Meignen, élu au Blanc-Mesnil depuis 2014, n’a pas vu venir «le front républicain» porté par le candidat de gauche Demba Traoré. Il dénonce à présent «des irrégularités majeures» dans la campagne.