A quelques semaines de leurs vacances, de nombreux Français qui avaient acheté un billet auprès de la compagnie aérienne low cost se retrouvent sans solution. Et les justifications passent mal.L'annonce est brutale et surtout tardive. En Bretagne, en Normandie, dans le Nord, en Charentes-Maritimes... Des centaines de personnes qui devaient voyager avec
Volotea pour les vacances de Pâques ont tous subi la même douche froide: leur vol est purement et simplement annulé à quelques semaines de leur départ. Plusieurs destinations comme la
Corse, l'Italie ou l'Espagne sont concernées. Rien qu'au départ de
Caen, 11 vols vers
Ajaccio sont supprimés, idem depuis
Brest.Auprès de ses clients, la compagnie low cost espagnole se justifie en mettant en avant "l’instabilité géopolitique persistante au Moyen-Orient, nous avons été contraints d’apporter des ajustements limités à notre programme de vols pour les mois d’avril et de mai. Ces ajustements sont nécessaires afin de garantir la stabilité de nos opérations à court terme et de maintenir un service fiable, tout en réduisant au maximum les perturbations".Pourtant,
Volotea ne dessert que l'Europe et les explications sont peut-être à aller chercher du côté de la flambée du coût du kérosène dont le prix a doublé ces dernières semaines. Certaines compagnies aériennes étaient couvertes (en ayant acheté du carburant en avance), d'autres augmentent leurs tarifs, d'autres encore annulent des vols."On nous met devant le fait accompli, je leur reproche cette façon de faire. Et le motif invoqué est faux,
Volotea ne desservant que l’Europe… N’est-ce pas plutôt lié au coût du carburant?", s'interroge ainsi
Alain, un Lillois qui devait se rendre en
Corse en avril, interrogé par Actu Lille."En me renseignant un peu, je me suis rendu compte que d’autres compagnies avaient anticipé cette augmentation du coût du carburant, mais
Volotea n’a rien fait…", enrage Frédéric auprès de La Liberté, un Normand qui devait également se rendre sur l'ïle de Beauté.L'annonce tardive de ces annulations met ses clients dans des situations délicates. "Je négocie actuellement avec mon hôtelier pour repousser ma réservation d’un an. Il m’a confirmé que je n’étais pas le seul dans cette situation. Là-bas, les professionnels du tourisme sont très remontés contre ces annulations qu’ils subissent de plein fouet", explique ainsi Frédéric.Pas d'indemnisationInterrogée par BFM Business,
Volotea a un peu fait évoluer sa communication en évoquant finalement le prix du kérosène."Pour des raisons opérationnelles liées à l'instabilité géopolitique résultant du conflit au Moyen-Orient et à la hausse très importante du prix du carburant à court terme, des ajustements de programme ont été nécessaires, entraînant l’annulation de certains vols. Face à cette situation exceptionnelle, nous avons analysé l’ensemble de notre réseau afin d’identifier les liaisons à ajuster, en tenant compte de multiples facteurs opérationnels et en évaluant l’impact global sur la connectivité de notre réseau. Ces ajustements sont nécessaires pour garantir la stabilité opérationnelle et continuer à offrir un service solide, tout en minimisant l’impact tant que durera le conflit"."Nos équipes contactent de manière proactive et en amont les passagers concernés afin qu'ils puissent réorganiser leurs plans de voyage et les informer des options disponibles, notamment modifier leurs vols sans frais supplémentaires ou demander un remboursement complet. Nous regrettons sincèrement tout désagrément que cette situation pourrait occasionner et restons engagés à offrir un service fiable et la meilleure expérience de voyage possible à nos passagers", poursuit la compagnie.Sur la compagnie assure qu'elle remboursera les vols annulés, il ne faudra pas compter sur un dédommagement quelconque. "Si les passagers sont prévenus dans un délai supérieur à 14 jours avant le vol, la compagnie aérienne a la possibilité de modifier les billets sans que l'indemnisation soit due aux passagers", indique Anaïs Escudié, fondatrice du site Retardvol.fr.