Anne Hidalgo laissera dimanche son fauteuil de maire de
Paris à
Emmanuel Grégoire. Elle compte s'investir à l'international.
Christian Estrosi et
François Bayrou souhaitent, eux, s'impliquer dans la prochaine campagne présidentielle. Publié le 28/03/2026 06:58 Mis à jour le 28/03/2026 09:53
Anne Hidalgo inaugure le jardin Jacques Martial à
Paris, le 27 mars 2026. (AMAURY CORNU / AFP) Comment se dire adieu ? C'est la question posée aux maires battus ou qui ne se sont pas représentés à l'occasion des élections municipales. Ils vont devoir passer la main, alors que partout en
France les nouveaux conseils municipaux ont commencé à désigner leurs nouveaux édiles, vendredi 27 mars, et vont continuer à le faire tout au long du week-end. Teintée d'amertume pour ceux qui ont subi une défaite, ou de nostalgie pour ceux qui ont arrêté de leur plein gré, cette dernière séance est forcément particulière. Notamment pour trois d'entre eux.
Anne Hidalgo va rester engagée sur les "enjeux climatiques"A
Paris,
Anne Hidalgo va emprunter une dernière fois les escaliers majestueux de l'hôtel de ville pour se rendre à son bureau qui offre une magnifique vue sur la Seine. La maire sortante ne s'était pas représentée après douze ans de mandat, mais elle est élue au Conseil de
Paris depuis 2001. Dimanche, elle va donc tourner le dos à 25 ans de vie politique dans la capitale.Depuis l'élection de son successeur,
Emmanuel Grégoire, le 22 mars, elle a multiplié les cérémonies d'adieux et de remerciements, recevant la médaille d'honneur de la préfecture de police de
Paris ou voyant son nom gravé sur l'un des vitraux du couloir de l'hôtel de ville, au-dessous de ceux de
Jacques Chirac,
Jean Tibéri et Bertrand Delanoë, ses prédécesseurs.Et vendredi, elle a tenu à ce que son dernier déplacement en tant que maire se déroule au
Mémorial de la Shoah et au jardin du souvenir pour saluer la mémoire des victimes des
Attentats du 13 novembre 2015. "Ces deux lieux font aussi partie de mon histoire. A jamais", écrit-elle sur son compte Bluesky. Elle a ensuite publié en début de soirée un dernier message à destination des Parisiens sur ses réseaux. "Je vais redevenir une Parisienne parmi les Parisiennes. Je vais vivre pleinement ma ville que j'aime tant. Et où que je sois, quoique je fasse, je resterai profondément attaché à vous", déclare
Anne Hidalgo.Quel peut-être son avenir ? "Elle restera fidèle à l'adage qui est le sien", témoigne auprès de franceinfo
Hervé Marro, qui fut son conseiller durant le premier mandat. "C'est un poème d'Antonio Machado, écrivain espagnol, qui dit ceci : 'Marcheur, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.'"
Anne Hidalgo, 66 ans, a fait campagne pour devenir haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), mais sa candidature n'a pas été retenue.L'international, "où elle est extraordinairement populaire", selon
Hervé Marro, reste son objectif. "Son engagement sur les enjeux climatiques sera au cœur de sa boussole d'action. Elle réfléchit encore à plusieurs possibilités", ajoute celui qui la suivit quand elle présida le C40, organisation qui réunit les maires des plus grandes villes du monde sensibles à l'écologie. "Tout ceci fait écho avec les combats qu'elle a portés à
Paris. Il y a une forme de continuité, y compris avec leurs retentissements à l'international. Cela fait sens", estime Colombe Brossel, sénatrice PS de
Paris, ancienne adjointe d'
Anne Hidalgo.Peut-elle replonger dans la politique nationale après sa cuisante défaite au premier tour de l'élection présidentielle de 2022 ? Elle avait obtenu 1,75% des suffrages. Elle restera encartée au Parti socialiste et tentera de faire valoir sa ligne sociale-démocrate d'opposante interne à Olivier Faure. "Elle va peser nécessairement à gauche", juge Colombe Brossel. "C'est une femme qui aura compté dans l'histoire de cette ville et donc un peu dans l'histoire du pays. Sa voix continuera à porter", poursuit la sénatrice. "C'est une voix libre. Nous avons besoin de son expérience de maire autant que de sa vie d'engagement à gauche. C'est précieux pour le débat démocratique", renchérit Michaël Delafosse, maire socialiste de Montpellier."Je pense que l'histoire reconnaîtra son bilan à la tête de
Paris. Elle peut naturellement apporter quelque chose au parti de part son expérience, même si dans son esprit et dans celui des militants, il ne peut être question qu'elle porte à nouveau la candidature socialiste à la présidentielle", tempère le député socialiste Romain Eskenazi, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale.
François Bayrou "va vouloir peser" d'ici 2027Battu de justesse à Pau dans une triangulaire,
François Bayrou ne siégera pas au conseil municipal, comme il l'avait annoncé jeudi. Le maire sortant n'était pas présent vendredi lors de l'assemblée qui a désigné son successeur, Jérôme Marbot, comme le nouvel édile de la ville des Pyrénées-Atlantiques. C'est la fin de sa carrière politique locale entamée en 1982, mais ce n'est pas la fin de sa carrière politique nationale."Il va bien. Il est très vite remonté sur son cheval", assure l'entourage de l'ex-Premier ministre à franceinfo. "Sa défaite est une déception, mais ce n'est pas une surprise. Matignon + Bétharram, ça faisait beaucoup. Il savait que ça allait être compliqué", poursuivent ces proches, en référence au scandale de violences physiques et sexuelles dans l'établissement privé catholique béarnais, qui a éclaté alors qu'il dirigeait le gouvernement. Pendant toutes les municipales, il s'est astreint à se tenir éloigné des joutes nationales. "Je suis concentré sur le local. Depuis le 8 septembre [et le vote de confiance qui l'a renversé], je me refuse à commenter la situation nationale. Un peu de viduité et de silence, ça ne fait pas de mal", confiait-il à franceinfo pendant la campagne. Sa période de réserve semble être terminée.
François Bayrou va s'atteler à finir l'écriture d'un livre et reste président du MoDem. "Il va vouloir peser sur les questions de fond pour l'élection présidentielle", promet son entourage, et considère "que face aux extrêmes, l'espace central mérite toujours d'être défendu". Même si à 74 ans, l'ancien Premier ministre semble avoir abandonné toute ambition présidentielle, en tant que chef de parti, le triple candidat malheureux à l'élection suprême reste incontournable dans les négociations qui auront lieu pour préparer la campagne législative qui devrait succéder à la course à l'Elysée."Est-ce qu'il est disqualifié par cette défaite ? Je ne le crois pas, juge Erwan Balanant, député MoDem du Finistère. Il va garder une influence dans ce qui va se passer l'an prochain. Ce n'est pas la fin de sa carrière politique."
Christian Estrosi s'accorde "un temps de méditation"A Nice, l'élection du maire a également eu lieu vendredi. Le sortant,
Christian Estrosi, n'était pas présent au conseil municipal, convoqué tôt le matin. Après trois mandats, il s'est ainsi évité le désagrément de remettre l'écharpe tricolore à son rival, Eric Ciotti, qui l'a battu au terme d'une campagne très violente entre les deux anciens amis."Je veux adresser un salut républicain à mon prédécesseur", a déclaré le nouveau maire UDR. Au lendemain de sa défaite,
Christian Estrosi, âgé de 70 ans, a annoncé son retrait de la vie politique niçoise, mais pas nationale. "Je vais mettre à profit cette période de recul pour réfléchir à l’avenir. Je ne peux pas voir mon pays subir l'année prochaine le même sort que ma ville. Mon expérience de cette élection servira à apporter ma part de réflexion pour empêcher cela au niveau national", a confié au Point celui qui est toujours vice-président du parti Horizons.
Christian Estrosi avait en cours l'écriture d'un livre qu'il va enrichir de l'expérience de cette campagne électorale. "J'entre maintenant dans un temps de méditation", conclut l'ancien maire de Nice, dans une promesse d'apaisement qui semble contredire l'âpreté de la bataille électorale. Au Liban, ils sauvent les animaux dans les zones de conflit Céline Dion à
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