BFM-EconomiePublié aujourd'hui à 10h10 Lire dans l'appLa Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) juge que les mesures "cibles" de 70 millions d'euros annoncées par le gouvernement pour certains secteurs "vont dans le bon sens", mais restent "insuffisantes au regard de l'ampleur du choc". L'organisation plaide pour un élargissement des aides, en activant d'autres leviers comme des prêts à taux bonifiés, ou l'allongement de l'échelonnement du règlement des charges sociales et fiscales.La CPME, deuxième organisation patronale représentative, a demandé samedi au gouvernement d'élargir les mesures ciblées, jugées insuffisantes, qui ont été annoncées pour aider les secteurs les plus touchés par la flambée des prix du carburant."Nous soutenons (...) l'activation et l'élargissement de mesures exceptionnelles, urgentes et ciblées, simples et accessibles, en complément des premières dispositions décidées par le gouvernement pour le seul mois d'avril", indique la Confédération des petites et moyennes entreprises dans un communiqué.Pour elle, les annonces faites par le gouvernement vendredi "vont dans le bon sens, mais elles constituent un début insuffisant au regard de l'ampleur du choc"."L'enjeu est d'agir avec précision, pour soutenir celles et ceux qui sont frappés par la crise, sans davantage fragiliser nos finances publiques", ajoute la CPME. Elle cite notamment les transporteurs, mais aussi la logistique, les taxis, les voyagistes ou les services à la personne.Le gouvernement soutient qu'il "adaptera" les mesures "en fonction de l'évolution de la crise"En
France, le gouvernement a annoncé vendredi une aide d'environ 70 millions d'euros, ciblée et limitée au mois d'avril, au profit des secteurs de la pêche, de l'agriculture ou des TPE/PME des transports (voyageurs et marchandises). Pour ces derniers, un guichet dédié doit ouvrir, les modalités seront précisées ultérieurement. Le coût total de la mesure est estimé à 50 millions d'euros pour les transports."Nous avons demandé aux plateformes de VTC d'adapter les prix des courses afin de préserver les revenus des chauffeurs", a également indiqué le minsitre des Transports,
Philippe Tabarot vendredi soir. "Le risque que certaines petites entreprises de transport ne puisse plus fonctionner, même temporairement, existe", a-t-il insisté.Dans un entretien à La Tribune Dimanche, publié ce 29 mars, le ministre de l'Économie et des Finances
Roland Lescure a précisé que les mesures seraient examinées en fonction de la durée de la guerre."Nous les adapterons en fonction de l'évolution de la crise, qui demeure imprévisible dans la durée et l'intensité. Nous avons besoin d'agilité pour agir à bon escient", a-t-il indiqué.Pour limiter les prix à la pompe, "je rappelle qu'un encadrement des marges reste toujours possible. Pour l'instant, les prix ont évidemment grimpé, mais pas davantage qu'ailleurs, avec des marges contenues", a-t-il souligné.Taux bonifiés, dispositifs d'activité partielle, échelonnement du règlement des charges...La CPME propose notamment d'"accorder des prêts à taux bonifié aux secteurs les plus affectés pour surmonter les tensions de trésorerie", mais aussi d'"élargir les dispositifs d'activité partielle et les aides à la pompe à des filières encore exclues", ou encore d'"allonger les durées d'échelonnement du règlement de charges sociales et fiscales, et sans pénalités".Elle défend également "un "Plan Marshall" de l'électrification des usages et des modes de production". Comme vendredi le Medef, première organisation patronale, la CPME a également appelé les donneurs d'ordre publics et privés "à respecter les délais de paiement".Pour le président du Medef, première organisation patronale, Patrick Martin, l'enveloppe "modeste" d'environ 70 millions d'euros débloquées par le gouvernement signale qu'"aujourd'hui, la
France est en situation de fragilité. Le gouvernement est prisonnier du mauvais état des finances" publiques.Or, "il y a un risque de propagation à toute l'industrie, au travers de la hausse des taux d'intérêt, du coût de certains sous-composants et du fret maritime, mais aussi de l'énergie de manière durable", a-t-il avertit.