L'usine de production de Gaz naturel liquéfié (GNL) de
Karratha est à l'arrêt depuis le passage du
Cyclone tropical Narelle vendredi. Deux autres sites, appartenant à
Chevron, ont aussi été touchés. L'
Australie est le deuxième pays exportateur de GNL dans le monde. Une énergie dont ont plus que jamais besoin les pays d'
Asie, après l'arrêt des approvisionnements en provenance du
Qatar, en raison de la guerre au
Moyen-Orient.Cette nouvelle perturbation tombe mal pour les pays d'
Asie, déjà en proie à d'importantes difficultés d'approvisionnement en hydrocarbures depuis le début de la guerre au
Moyen-Orient le 28 février. Un des plus grands sites de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, situé en
Australie, reste à l'arrêt ce dimanche, deux jours après le passage du
Cyclone tropical Narelle le long de la côte ouest australienne qui a également touché deux autres sites gaziers, a indiqué dimanche le géant de l'énergie
Woodside.Ce site de
Karratha, situé sur la côté ouest du pays, traite le gaz provenant de l'une des plus importantes exploitations gazières offshore du monde. Deux jours après le passage du cyclone, dimanche, le site reste toujours à l'arrêt, a confirmé le groupe."Nous avons commencé à remobiliser nos employés sur certaines installations offshore et les procédures et le calendrier de redémarrage dépendront des inspections menées", a expliqué un porte-parole de Woodsite. "La production reprendra quand cela pourra être fait en toute sécurité", a-t-il ajouté.L'
Australie, deuxième exportateur mondial de GNL, juste devant le QatarJeudi, deux autres sites exploités par le groupe
Chevron en
Australie ont également été touchés. Ils représentent, à eux deux, 5% du GNL mondial selon l'entreprise.Plus largement, l'
Australie est le principal fournisseur de gaz liquéfié aux pays d'
Asie. Canberra se situe aussi au deuxième rang des pays exportateurs de GNL en 2024, avec 19,5% des volumes mondiaux (soit 79,2 millions de tonnes), derrière les Etats-Unis (21,5%) et juste devant le
Qatar (19,3%), la
Russie (8,3%) et la Malaisie (6,8%).Contacté dimanche par l'AFP, le géant
Chevron n'avait pas répondu dans l'immédiat sur le niveau de production de ses sites australiens de GNL de
Gorgon et
Wheatstone. Le groupe avait précisé vendredi que l'usine de
Gorgon, la plus grande des deux, continuait de fonctionner, mais à capacité réduite.Le
Cyclone tropical Narelle a fait souffler, en fin de semaine, des vents allant jusqu'à 200 kilomètres à l'heure le long de l'
Australie. Dimanche, plus de 1.400 foyers restés privés d'électricité.Les exportations australiennes de GNL, "plus que jamais essentielles" selon l'AIECette perturbation" arrive "au pire moment" car elle vient réduire encore davantage les approvisionnements en carburant déjà mis à rude épreuve par la guerre au
Moyen-Orient, a expliqué à l'AFP Josh Runciman, analyste du secteur gazier. Cet événement "ne contribue guère à rassurer les importateurs de GNL quant à la fiabilité de l'approvisionnement en GNL".Les prix du GNL dans certains pays d'
Asie, qui dépendent fortement des importations de carburants, notamment de l'
Australie, ont plus que doublé depuis le début du conflit fin février. Par exemple, 40% du GNL du Japon provient d'
Australie, selon l'Association asiatique du gaz naturel et de l'énergie.Le
Qatar, sur le podium des exportateurs mondiaux de GNL derrière les Etats-Unis, a également vu ses exportations chuter avec le conflit entamé depuis près d'un mois, les méthaniers évitant le détroit d'Ormuz fermé de facto.Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a déclaré que les exportations australiennes de GNL étaient devenues "plus essentielles que jamais". "Mais l'
Australie ne pourra pas, à elle seule, compenser l'intégralité du manque de GNL en provenance du
Moyen-Orient", a-t-il déclaré lors d'un déplacement à Canberra en début de semaine.Alors que les bénéfices de l'industrie du GNL devraient augmenter dans le sillage de la crise, des médias australiens ont rapporté que l'
Australie envisagerait d'instaurer une nouvelle taxe sur les bénéfices exceptionnels des exportateurs.