Le 30 mars 2026 à 11h19 Bien que les étrangers soient moins exposés, des soldats présents aux points de contrôle ou sur des lieux de reportage pointent fréquemment leurs armes en direction de journalistes. (Image d’illustration) Ronen ZVULUN / REUTERS Jeudi, des journalistes de
CNN couvraient les suites d’une attaque de colons et l’installation d’un avant-poste près du village palestinien de
Tayasir (nord-est), lorsqu’elle a été prise pour cible par des soldats israéliens, d’après l’Association de la presse étrangère (FPA). Passer la publicité Passer la publicité L'
Armée israélienne a annoncé lundi suspendre un bataillon de réserve après la récente agression et détention d'une équipe de journalistes de la chaîne américaine
CNN en
Cisjordanie occupée. Jeudi, des journalistes de
CNN couvraient les suites d'une attaque de colons et l'installation d'un avant-poste près du village palestinien de
Tayasir (nord-est), lorsqu'elle a été prise pour cible par des soldats israéliens, d'après l'Association de la presse étrangère (FPA). Bien qu'ils se soient «clairement identifiés», selon l'association, les journalistes et des civils palestiniens ont été menacés, les soldats pointant leurs armes et ordonnant l'arrêt du tournage. «Un soldat s'est approché par derrière du photoreporter de
CNN, l'a saisi à la gorge, l'a projeté au sol et a endommagé son matériel. L'équipe ainsi que d'autres Palestiniens présents ont ensuite été détenus pendant environ deux heures, les empêchant délibérément d'exercer leur travail», avait affirmé la FPA, dénonçant une «attaque directe à la liberté de la presse». Le porte-parole international de l'armée, le lieutenant-colonel
Nadav Shoshani, avait assuré qu'une enquête serait menée, ajoutant que ces actes ne «représentaient pas l'
Armée israélienne» et allaient à l'encontre de ce qui est attendu de ses membres. Depuis le 7 octobre, 60 journalistes palestiniens emprisonnés par
Israël Passer la publicité «À la lumière des conclusions de l'enquête (...), le déploiement opérationnel actuellement assuré par le bataillon de réserve sera suspendu», a indiqué l'armée dans un communiqué tôt lundi. «Le bataillon restera en service de réserve et suivra un processus visant à renforcer ses fondements professionnels et éthiques. Il reprendra ses activités opérationnelles à l'issue de ce processus, sous réserve de la décision du commandant du
Commandement central», a-t-elle ajouté. Les journalistes en
Cisjordanie, territoire occupé par
Israël depuis 1967, ont, à de nombreuses reprises, été détenus, harcelés ou battus, avec une nette augmentation de ces faits depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, selon des organisations de défense des droits humains. D'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins 60 journalistes palestiniens ont été détenus ou emprisonnés par les forces israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Bien que les étrangers soient moins exposés, des soldats présents aux points de contrôle ou sur des lieux de reportage pointent fréquemment leurs armes en direction de journalistes. Selon le recensement des journalistes emprisonnés publié par le CPJ en 2025,
Israël figure parmi les principaux pays emprisonnant des journalistes depuis 2023.
Israël suspend un bataillon de réservistes après l’agression et la détention d’un journaliste de
CNN en
Cisjordanie S'ABONNER Guerre en Iran : après un mois de conflit, quel bilan ? Les réponses de notre spécialiste du Moyen-Orient à vos questions VOS QUESTIONS À LA RÉDACTION - Georges Malbrunot, grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient a répondu aux questions des internautes. Les armées occidentales au défi des « guerres d’endurance » ANALYSE - La suprématie militaire ne suffit pas pour gagner la guerre, dont l’enlisement profite souvent aux régimes autoritaires, moins dépendants de l’opinion et susceptibles de faire appel aux démons guerriers pour se renforcer. C’est peut-être ce qui guette Donald Trump en Iran. Sarah Fainberg : « Nous sommes dans le brouillard, celui de la guerre et des intentions de Trump » GRAND ENTRETIEN - La chercheuse au centre Elrom d’études spatiales de l’université de Tel-Aviv revient sur la « guerre préventive » qu’
Israël mène en Iran, où Tsahal se confronte tant à la résilience de la capacité de frappe iranienne qu’aux soubresauts de Washington. Près d’un mois après le début de la guerre, les boucliers américain et israélien à la peine face aux missiles et aux drones de l’Iran ? DÉCRYPTAGE - Si Tsahal affirme avoir «intercepté» 92% des missiles balistiques tirés par Téhéran, la multiplication des projectiles qui s’écrasent sur le sol israélien pose la question de la robustesse et de l’endurance des systèmes défensifs israélo-américains. « Le pire est à venir » :
Israël s’empare du Sud-Liban pour éradiquer le Hezbollah RÉCIT - Malgré les annonces de négociation avec l’Iran,
Israël accentue sa pression au Liban, affirmant s’inspirer de son expérience, revendiquée, à Gaza. « Même les rats se font tuer » : la banlieue sud de Beyrouth prise en étau dans la guerre entre
Israël et le Hezbollah REPORTAGE - Dahiyé est pilonnée sans relâche depuis trois semaines. Fief du Hezbollah, son histoire a épousé celle du parti-milice et de ses conflits avec l’État hébreu. «Dimona est censée être protégée» : l’Iran frappe à proximité du principal centre nucléaire militaire israélien REPORTAGE - À quelques kilomètres du cœur du programme nucléaire israélien, un missile iranien s’est abattu samedi soir sur un quartier résidentiel de Dimona, faisant des dizaines de blessés. Si l’installation stratégique n’a pas été touchée, l’attaque marque une nouvelle étape dans l’escalade. Immersion dans le centre de contrôle des opérations d’Air France en temps de guerre au Proche-Orient REPORTAGE - Suspensions de plusieurs lignes, menaces de drones et rapatriement en France pour nos concitoyens bloqués dans le Golfe persique... En période de crise, cette cellule a du pain sur la planche. Aux États-Unis, la guerre en Iran et le retour de l’antisémitisme redessinent l’influence des lobbys pro-
Israël DÉCRYPTAGE - La question du soutien à
Israël agit comme une ligne de fracture chez les Démocrates comme chez les Républicains et promet de peser sur les élections de mi-mandat de novembre prochain. « À Paris, je ne peux plus commander un Uber avec mon nom » : ces Français qui préfèrent rester en
Israël malgré les missiles iraniens REPORTAGE - À Netanya, dans « la capitale française d’
Israël », certains expatriés disent accepter la guerre comme un moindre mal, convaincus d’avoir perdu la France qu’ils ont connue.