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TUE · 2026-03-31 · 03:57 GMTBRIEF NSR-2026-0331-44354
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NSR-2026-0331-44354News Report·FR·Economic Impact

"Synergies", "vision 360°", "scaler en mode agile"... Les salariés qui adorent ce jargon managérial sont aussi les moins performants dans leur travail, selon une étude

Une étude menée par Shane Littrell de l'Université Cornell révèle que les employés qui adhèrent le plus au jargon managérial ("corporate bullshit") sont moins performants. L'étude a utilisé un générateur de discours creux pour créer des phrases vides de sens, présentées à 1000 salariés.

BFM TV EconomieFiled 2026-03-31 · 03:57 GMTLean · Center-RightRead · 4 min
"Synergies", "vision 360°", "scaler en mode agile"... Les salariés qui adorent ce jargon managérial sont aussi les moins performants dans leur travail, selon une étude
BFM TV EconomieFIG 01
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883words
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2cited
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6entities
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Briefing Summary

AI-generated
NEWSAR · AI

Une étude menée par Shane Littrell de l'Université Cornell révèle que les employés qui adhèrent le plus au jargon managérial ("corporate bullshit") sont moins performants. L'étude a utilisé un générateur de discours creux pour créer des phrases vides de sens, présentées à 1000 salariés. Les participants devaient évaluer ces phrases et ensuite résoudre des problèmes. Les résultats ont démontré que ceux qui trouvaient ces phrases inspirantes étaient moins aptes à prendre des décisions éclairées et à résoudre des problèmes efficacement. L'étude définit le "bullshit" d'entreprise comme un style de communication vide et déroutant utilisant un jargon obscur. Les chercheurs d'HEC soulignent que ce phénomène a des implications importantes sur la performance et le bien-être au travail.

Confidence 0.90Sources 2Claims 5Entities 6
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Article analysis

Model · rule-based
Framing
Economic Impact
Human Interest
Tone
Mixed Tone
AI-assessed
CalmNeutralAlarmist
Factuality
0.60 / 1.00
Mixed
LowHigh
Sources cited
2
Limited
FewMany
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Key claims

5 extracted
01

People sensitive to corporate jargon tend to choose the worst solutions to problems.

quoteShane Littrell (Le Guardian)
Confidence
0.90
02

Employees who believe in corporate jargon perform worse in problem-solving and decision-making tests.

factualShane Littrell (Cornell University)
Confidence
0.90
03

Employees sensitive to corporate jargon show less open-mindedness, intelligence, and conflict detection ability.

factualShane Littrell
Confidence
0.80
04

Corporate bullshit is defined as meaningless communication using trendy words and obscure jargon.

factualAn unnamed study
Confidence
0.80
05

A study links sensitivity to managerial jargon with lower analytical thinking.

factualNumerous scientific publications
Confidence
0.70
§ 04

Full report

4 min read · 883 words
"L'isolement relationnel de centaines de milliers de salariés n'est pas seulement un problème de bien-être au travail ou de performance. C'est un fait politique", estiment trois économistes d'HEC - Yann Halgan, Antonin Bergeaud et Camille Frouard - dans une étude publiée lundi 9 mars. - PexelsUn chercheur a présenté des phrases vides de sens générées automatiquement pour sonner (faussement) inspirantes. Les employés qui croyaient le plus à ce "barratin d'entreprise" sont aussi ceux qui performaient le moins bien lors de tests de résolution de problèmes et de prise de décision."Dans une logique agile et afin de muscler notre proposition de valeur, on doit co-construire une solution innovante dans une vision 360° et embarquer les équipes dans une dynamique de transformation en activant des quick wins pour créer un écosystème vertueux."Vous n'avez rien compris? C'est normal. Vous utilisez parfois ce genre de formule? Aïe... Vous êtes probablement victime de "corporate bullshit" intensif.Véritable fléau dans les entreprises, ce bullshit (ou "baratin" en français) d'entreprise est défini comme "un style de communication vide de sens et souvent déroutant dans les contextes organisationnels, qui utilise des mots à la mode et un jargon d'entreprise obscurs d'une manière qui induit en erreur", selon une étude qui a tenté d'analyser le phénomène.Plus précisément, cette étude réalisée par le docteur en psychologie cognitive Shane Littrell à la Cornell University montre que les salariés qui croient le plus au "bullshit" d'entreprise sont aussi ceux qui sont les plus mauvais pour prendre de bonnes décisions ou résoudre des problèmes. En somme: de bons petits soldats... mais de mauvais employés.Un générateur de discours creuxPour tester l'impact de ce jargonnage managerial sur les travailleurs, Littrell a développé un générateur de discours creux, qui propose des phrases comme celle-ci par exemple: "Nous allons créer une entreprise mondiale hyperconnectée, sans friction et axée sur l'impact."Ces messages générés de manière aléatoire étaient présentés à 1.000 salariés qui devaient les évaluer et dire s'ils les trouvaient inspirants et pertinents. Ensuite, ces employés étaient confrontés à des situations de travail ou à des problèmes à régler et ils devaient indiquer quelle décision ils prendraient dans ces différents scénarios.Et le résultat est sans appel:"Les personnes les plus sensibles aux discours creux des entreprises avaient tendance à choisir systématiquement les pires solutions à ces problèmes", explique Shane Littrell, cité par Le Guardian.Les employés sensibles à cette novlangue d'entreprise étaient aussi ceux qui démontraient le moins d'ouverture d'esprit, d'intelligence et de capacité à détecter les conflits.Faible pensée analytiqueCe résultat va dans le sens de nombreuses autres publications scientifiques qui ont établi le lien entre la sensibilité à ces discours managériaux un peu creux et un niveau plus faible de pensée analytique, de perspicacité, de culture générale et de métacognition. Ce phénomène se traduit également par une plus grande propension à diffuser eux-mêmes des fausses informations ou des théories du complot.Plus surprenant encore, les employés qui rapportent que le verbiage managérial est très courant dans leur entreprise sont aussi ceux qui tombent le plus facilement dans le piège. Pire, ce sont eux qui sont les plus enclins à eux-mêmes développer et propager des discours creux. Un résultat que l'auteur qualifie même d'"'ironique".Une des explications possibles avancées par le chercheur est qu'ils ne mettent pas la même définition derrière le mot bullshit et que ce qu'ils voulaient exprimer était plutôt du cynisme, de la frustration ou du rejet de l'entreprise, plutôt que l'identification de phrases vides de sens. Une autre explication est que les employés qui perçoivent leur entreprise comme prompte aux discours creux peuvent avoir tendance à anticiper les attendus et à se fondre dans le moule.Une pratique contreproductive ?"La propagation effrénée du 'blabla d'entreprise' au sein d'une organisation peut se retourner contre elle de plusieurs façons", estime Shane Littrell. Ainsi le chercheur conclut que les employés qui se montrent plus réceptifs au bullshit d'entreprise peuvent, individuellement ou collectivement, nuire à l'efficacité organisationnelle et à la performance.Par ailleurs, les salariés les plus qualifiés, qui détectent le mieux ces discours obscurs, risquent de quitter l'entreprise. Le bullshit crée aussi une communication floue, qui ne permet pas de transmettre un message clair aux employés ou vis à vis de l'extérieur.Enfin, le texte explique que les employés utilisent ce language pour avoir l'air impressionnant dans des contextes où ils se sentent inférieurs. Ainsi l'auteur ne voit pas la fin du bullshit de sitôt puisque "la nécessité de soigner l'image que l'on renvoie aux autres existera sans doute toujours chez ceux qui aspirent à gravir les échelons".Se laisser séduire par des discours creux n’a pas forcément que des effets négatifs. D'autres études montrent que les personnes réceptives à ce type de langage en entreprise ont tendance à percevoir leurs supérieurs comme plus charismatiques et "visionnaires". Elles sont aussi davantage enclines à se sentir inspirées par la mission de leur organisation et à éprouver une certaine satisfaction au travail.Shane Littrell souligne que les participants à son étude étaient issus de milieux très qualifiés en ressources humaines, comptabilité, marketing ou finance et détenaient pour des diplômes élevés, parfois jusqu’au doctorat. Cela indique que le phénomène ne peut pas se réduire à une simple question de niveau d’intelligence."N’importe qui peut se laisser berner, et nous sommes tous susceptibles, selon les circonstances, de nous laisser berner par des mensonges présentés de manière à flatter nos préjugés", conclut le chercheur Shane Littrell.
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Entities

6 identified
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Keywords & salience

8 terms
jargon managérial
0.90
bullshit d'entreprise
0.80
performance au travail
0.70
discours creux
0.60
prise de décision
0.60
communication vide de sens
0.50
résolution de problèmes
0.50
bien-être au travail
0.40
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Topic connections

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