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"La vie n'est plus possible" : en Russie, les habitants de la région de Belgorod sous la menace des drones ukrainiens

Depuis l'invasion de l'Ukraine, la région russe de Belgorod, frontalière, subit quotidiennement des attaques de drones ukrainiens. Les habitants de Belgorod vivent dans l'angoisse, avec des infrastructures essentielles comme le chauffage, l'eau et l'électricité touchées.

Sylvain TronchetFrance InfoFiled 2026-03-31 · 08:48 GMTLean · CenterRead · 8 min
"La vie n'est plus possible" : en Russie, les habitants de la région de Belgorod sous la menace des drones ukrainiens
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Depuis l'invasion de l'Ukraine, la région russe de Belgorod, frontalière, subit quotidiennement des attaques de drones ukrainiens. Les habitants de Belgorod vivent dans l'angoisse, avec des infrastructures essentielles comme le chauffage, l'eau et l'électricité touchées. Bien que plus de 500 abris aient été installés, les habitants semblent s'habituer aux alertes, ne se mettant à l'abri que lors d'alertes aux missiles. Selon les autorités russes, près de 500 civils sont morts dans la région depuis le début de la guerre. La ville de Belgorod, avec ses 320 000 habitants, est située à 40 kilomètres de la frontière ukrainienne. Les frappes ukrainiennes sont présentées comme une riposte aux attaques russes sur les villes ukrainiennes.

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"I only take shelter when it's a missile alert."

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The governor of Belgorod starts his day with a message about the night's events.

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More than 500 concrete shelters have been installed in Belgorod to protect against air alerts.

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The Ukrainian army is retaliating to Russian strikes on a large city.

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Nearly 500 civilians have died in the region since the beginning of the war.

statisticRussian authorities
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Publié le 31/03/2026 09:51 Mis à jour le 31/03/2026 10:48 Plus de 500 abris en béton ont été installés dans la ville de Belgorod, en Russie, pour se protéger en cas d’alerte aérienne. (SYLVAIN TRONCHET / RADIO FRANCE) À la frontière avec l’Ukraine, la région russe de Belgorod, paie le prix de l’invasion décidée par le Kremlin. Visés quotidiennement, les habitants vivent dans l’angoisse, se sentent abandonnés, mais ne remettent jamais ouvertement en cause la politique de l’Etat. "Bonjour chers amis", dit d'une voix blanche face à la caméra de son téléphone, Viatcheslav Gladkov. Depuis quatre ans, la journée du gouverneur de Belgorod commence invariablement par ce genre de message enregistré dans son bureau ou parfois même dans sa voiture, dressant le bilan de la nuit. "La tension monte, les attaques lancées par l'Ukraine se poursuivent (…) nous déplorons malheureusement un grand nombre de logements endommagés et, pire encore, des blessés et des morts parmi la population civile" explique-t-il par exemple le 6 mars dernier. L'arrivée du printemps est un petit soulagement à Belgorod. Le système de chauffage urbain a été durement touché par les frappes de drones ces dernières semaines, ainsi que l'alimentation en eau et en électricité. Œil pour œil, l'armée ukrainienne réplique aux frappes massives russes sur la grande ville la plus à sa portée. À 40 kilomètres de la frontière, Belgorod et ses 320 000 habitants sont la victime expiatoire idéale vue de Kiev.En cette fin du mois de mars, sous le soleil, tout semble pourtant calme dans le centre-ville. Les enfants jouent dans les parcs, et Youri peut exposer ses peintures au soleil dans une rue piétonne où il a l'habitude de les vendre. "Nous nous sommes habitués, explique calmement ce sexagénaire quand on lui parle des frappes de drones. Regardez, les gens marchent autour de nous, et si la sirène se met à retentir, ils continueront encore probablement. Peu iront se mettre à l'abri." De fait, les sirènes que nous avons entendues sur place et les nombreux SMS "alerte drones" que nous avons reçus n'ont pas semblé semer la panique en ville. Youri, vendant ses peintures dans le centre de Belgorod, fin mars 2026. (SYLVAIN TRONCHET / RADIO FRANCE) "Je ne me mets à l'abri que lorsqu'il s'agit d'une alerte missile", nous explique un habitant. "Les drones tombent en général loin de la ville", affirme-t-il. D'après les autorités russes, près de 500 civils sont morts dans la région depuis le début de la guerre et plusieurs milliers ont été blessés dans ce que Moscou désigne comme des "actes terroristes". La ville a appris à vivre avec. On y croise désormais des abris en béton à tous les coins de rue, les magasins protègent leurs vitrines derrière des murs de parpaings et les centres commerciaux se sont couverts de filets anti-drones.Aux abords de la ville, on croise des batteries de défense antiaérienne, des pick-ups équipés de mitrailleuses, des véhicules militaires partout… La guerre se fait de plus en plus sentir à mesure que l'on s'approche de la frontière. Dans le village de Maslova Pristan, à une vingtaine de kilomètres de Belgorod, des ouvriers sont à l'œuvre sur de nombreux bâtiments. "Regardez, ici un nouveau toi, et là, et le bâtiment administratif ici, et sur le magasin, il est encore endommagé", nous explique Evgueni, qui nous accompagne. "Le risque que des drones tombent est plus élevé qu'à Belgorod, poursuit-il. La ville est bien protégée, mais là, ce sont des localités dispersées et on ne peut pas installer de défense antiaérienne partout." Alla, une retraitée sort du supermarché en regardant nerveusement le ciel. Le plafond est bas. "Quand il fait beau et clair, il y a plus de drones qui volent, mais même quand c'est couvert il y en a, soupire-t-elle. Quand je suis dans mon potager, je passe mon temps à regarder en l'air. C'est un cauchemar. Ils visent des civils, et tous les jours il y a des morts !" A l'autre bout du village, le centre sportif porte encore la trace des trois missiles qui l'ont percuté en octobre dernier. Deux morts.Pour lutter contre ces drones omniprésents dans la zone frontalière, les autorités russes utilisent des unités de réservistes, appelées "BARS", équipées de moyens de lutte électronique et d'armes automatiques. Sous couvert d'anonymat, un volontaire d'une de ces unités nous a raconté cette traque permanente. "Les drones sont partout à la frontière, explique-t-il. Ils changent souvent de fréquence et les moyens électroniques sont alors inefficaces. Parfois il y a des cas où il n'y a nulle part où se cacher. On se retrouve en plein champ. Ça ne sert à rien de t'échapper. Il ne reste plus qu'à tirer. Et là, soit c'est toi qui l'as, soit c'est lui qui t'a… Pour l'instant, on a eu de la chance", conclut l'homme. L'instant d'après, son détecteur se met à sonner. "Un drone FPV, nous dit-il, mais il est loin". De nombreux magasins se cachent désormais derrière des murs de protection en béton dans Belgorod, fin mars 2026. (SYLVAIN TRONCHET / RADIO FRANCE) En continuant sur la route, on arrive à Chebekino, une petite ville d'un peu plus de 40 000 habitants avant la guerre. Combien sont-ils aujourd'hui ? Impossible à savoir, mais ils sont nombreux à avoir quitté cette cité industrielle, connue depuis l'époque soviétique pour son usine de pâtes alimentaires. Dans le centre-ville, autour du monument aux morts de "l'opération militaire spéciale", on croise quelques passants dont une femme qui se hâte avec ses deux enfants qu'elle vient d'aller chercher à l'école. "La vie n'est plus possible ici, nous souffle cette quadragénaire qui n'a pas souhaité donner son nom. Si nous en avions les moyens, nous serions déjà partis. Je n'en peux plus des drones. Mes enfants ne veulent plus aller à l'école. Ils ont peur qu'un projectile leur tombe sur la tête."Dans les écoles, tous les matins les enfants ont dorénavant droit à un rappel des consignes de sécurité en cas d'attaque. Chebekino a été massivement bombardée à plusieurs reprises. En 2023, plusieurs milliers d'habitants avaient dû fuir après une incursion des troupes ukrainiennes en territoire russe. De nombreux bâtiments de la ville en portent encore les stigmates, malgré le soin des autorités à effacer les traces de ces attaques. Alexandre, le gardien du centre sportif de Maslova Pristan, endommagé par des missiles en octobre 2025. (SYLVAIN TRONCHET / RADIO FRANCE) Croisés dans le centre de Belgorod, Alexandre et Valentina font partie de ces "réfugiés". "Cela fera deux ans en juillet que nous vivons dans une résidence universitaire avec cuisine, douches et toilettes communes", se lamente la sexagénaire. Leur maison, à trois kilomètres de la frontière a été détruite. "On aimerait que les autorités nous rachètent la maison, partir dans une autre région, mais ils nous disent ‘on va vous la réparer, vous ne paierez pas, mais vous devez vivre ici', comme des boucliers humains donc !", s'étrangle Alexandre.Le couple a surtout l'impression d'être abandonné par l'Etat. "À la télévision, personne ne dit rien sur notre zone frontalière, poursuit Valentina. Chaque jour des gens meurent, chaque jour il y a des blessés, et c'est le silence total, comme si tout allait bien dans la région de Belgorod. Ils ne comprennent pas. J'ai des neveux qui vivent à Moscou, ils sont complètement déconnectés", peste Valentina.Dans un quartier périphérique, Svetlana et Maria se désolent devant le manque de clients face à leur étal de légumes. "La ville est devenue un peu morte, explique Svetlana. Beaucoup de gens sont partis. Ils ont abandonné leurs maisons, les appartements, et ils sont partis. Et on ne se sent pas aidés." Maria ajoute : "La camionnette de mon petit-fils a été détruite dans une attaque. Les autorités lui ont dit qu'elles ne rembourseraient pas, qu'il n'y avait plus d'argent. Il venait de contracter un crédit."Un constat partagé par Sacha, dans la cafétéria qu'il dirige dans un centre commercial. "Les drones volent, tout le monde reste chez soi, et les magasins ferment, lâche cet homme au franc-parler. Les clients que je perds sont, selon toute vraisemblance, des gens qui quittent la ville". Pour lui, la solution serait la fin de "l'opération militaire spéciale", qu'il désigne comme tout le monde par son acronyme russe, "SVO". "Mais à condition que les objectifs soient remplis", précise-t-il tout de suite. En clair, que la Russie en sorte victorieuse. Dans le centre de Chebekino, le monument aux morts de la guerre en Ukraine. (SYLVAIN TRONCHET / RADIO FRANCE) Le malaise - palpable - de nombreux habitants de la région ne les conduit cependant pas jusqu'à exprimer ouvertement une quelconque forme de contestation. Alexandre, de Chebekino, considère même que "les représailles de l'armée russe sont insuffisantes". Pestant contre les Ukrainiens "qui ont été rééduqués pour détester les Russes", selon lui, il déplore que "depuis quatre ans on n'arrive pas à les repousser suffisamment loin pour créer une zone tampon".Et surtout tous s'offusquent d'être devenus des cibles pour l'armée ukrainienne quand "l'armée russe ne vise jamais de civils", affirment-ils en chœur. À Maslova Pristan, Ivan un ancien volontaire revenu du front le jure : "J'ai participé à l'opération militaire spéciale, et j'ai vu comment les nôtres bombardaient. Jamais un civil n'est mort sous nos missiles. Alors que les Ukrainiens le font systématiquement...", assure-t-il. En Russie, les habitants de la région de Belgorod sous la menace des drones ukrainiens : le reportage de Sylvain Tronchet Apologie du terrorisme : l'eurodéputée Rima Hassan en garde à vue Collèges et lycées : pourquoi un classement ne suffit pas Autoroutes : bientôt un remboursement des péages ? Crise du pétrole : un surplus de recette pour l'État Rima Hassan placée en garde à vue pour apologie du terrorisme On a visité une salle adaptée au public autiste lors d'un match au Stade de France Qui est Balendra Shah, ce rappeur devenu Premier ministre du Népal ? 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