Le 31 mars 2026 à 15h37 Après la conquête à quelques voix près par les insoumis des mairies de
Vaulx-en-Velin,
Vénissieux et Saint-Fons, des recours ont été déposés dans ces communes pour contester les résultats. Passer la publicité Passer la publicité Un bastion communiste depuis 80 ans qui bascule pour 25 voix. La prise retentissante de la mairie de
Vénissieux par le député insoumis
Idir Boumertit s’est jouée sur le fil. Si bien qu’elle pourrait être remise en question. Un recours a en effet été déposé, non pas par l’édile PCF sortante,
Michèle Picard, mais par le candidat centriste
Pascal Dureau. Ce dernier vise
Quentin Taïeb, candidat étiqueté à l’extrême droite par la préfecture, placé en garde à vue à quelques jours du scrutin. Une enquête a en effet été ouverte pour des suspicions d’inscription frauduleuses sur les listes électorales de sa part et celle de son entourage. De quoi fausser les résultats, selon
Pascal Dureau, notamment ceux du premier tour. Quatre listes s’étaient maintenues pour le second tour à
Vénissieux, le centriste (20,44%) arrivant cependant loin derrière la maire PCF sortante (33,90) et l’insoumis vainqueur (34,11%). Dans la commune voisine de Saint-Fons, l’écart en faveur de LFI est à peine plus élevé, avec 126 voix d’avance pour
Hadi Mebarki (40,75%) sur le centriste
David Debat (37,12%). Là encore c’est un candidat au score plus faible qui conteste la sincérité du scrutin. Le maire sortant
Christian Duchêne (DVG) pointe en effet l’annulation de ses bulletins par la préfecture au matin du premier tour, à cause de l’absence de mention de la nationalité d’une de ses colistières, qui est étrangère. Même cas de figure à
Vaulx-en-Velin où les bulletins de la centriste
Christine Bertin ont été annulés au matin du second tour cette fois. Celle qui se serait bien vue en arbitre du duel entre la maire socialiste sortante
Hélène Geoffroy (49,51%) et le vainqueur insoumis
Abdelkader Lahmar (50,49%) estime y avoir perdu de possibles sièges au conseil. Elle a vu ses voix comptabilisées nulles. Au total plus de 700 bulletins nuls ont été recensés à Vaulx pour ce second tour, contre une centaine au premier. L’élection du maire LFI s’est, elle, jouée à 124 voix. Passer la publicité Des annulations rarissimes L’issue de ces différents recours ne sera pas connue avant la fin de l’été. Dans les villes de plus de 9000 habitants, ils doivent être traités dans un délai légal de trois mois après la validation des comptes de campagne par la commission dédiée, qui dispose elle-même de deux mois. Compétent sur plusieurs départements, le tribunal administratif de Lyon indique avoir enregistré 171 protestations électorales, dont 105 déférés préfectoraux. «Ce nombre est à ce stade comparable à l’année 2020», indique-t-il. Dans le département du Rhône, les communes de Genas, Givors, Grigny, Saint-Priest, Bron ou Rillieux-la-Pape font aussi l’objet de recours. Mais les écarts y ont été si importants que la sincérité du scrutin ne devrait pas être remise en question. À lire aussi « Il a été mis sous bulle et déconnecté » : Jean-Michel Aulas, autopsie d’un naufrage municipal à Lyon Quand bien même des irrégularités peuvent apparaître, le conseil constitutionnel ne prévoit d’annulation d‘une élection qu’en cas d’atteinte à cette «sincérité». On comprend dès lors que l’écart en voix constitue un critère important. Le recours déposé à Lyon par Jean-Michel Aulas apparaît ainsi peu gagnable au vu des 2762 voix de retard sur le maire écologiste sortant Grégory Doucet, réélu avec 50,67% des suffrages. «Une avance infime», selon l’ancien patron de l’OL qui avait évoqué dès la sortie des urnes de «nombreuses irrégularités», croyant par exemple avoir décelé des différences de teinte de couleur sur certains bulletins de son adversaire. Dans tous les cas, la décision du tribunal administratif peut être contestée devant le conseil d’État. Les cas d’annulations d’élections restent très rares Autour de Lyon, l’élection des maires LFI pourrait être remise en cause après des recours électoraux S'ABONNER Municipales : deux tiers des maires sortants réélus, l’alternance dans une ville sur six ANALYSE - Sur les 455 villes de plus de 20.000 habitants, 154 ont changé de maire dont 72 ayant aussi changé de couleur politique. La proportion de femmes maires a reculé. «La gravité, c’est de retirer le droit de vote à quelqu’un» : à Clichy, un recours déposé pour des soupçons de fraudes aux procurations lors des municipales Après la réélection dans un mouchoir de poche du maire (LR) Rémi Muzeau, la candidate PS Julie Martinez a déposé un recours pour faire annuler le scrutin. Des captures de mails et SMS auxquelles nous avons eu accès alimentent le doute. L’édile en place, lui, nie en bloc. « Une poussée, pas un raz de marée » : la droite minimise les acquis du RN dans le Sud-Est aux municipales En comparant les derniers scrutins aux législatives précédentes, LR et centristes assurent ne pas s’inquiéter outre mesure, sur fond de course présidentielle. Guillaume Tabard : « L’implacable feuille de route des mélenchonistes » CONTRE-POINT - Les Insoumis disent ce qu’ils pensent et ils font ce qu’ils disent. Au lendemain du second tour des municipales, cela se vérifie. Notamment sur deux points. 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