Depuis trois mois, les élèves de CM1 de l’école Jeanne d’Arc subissent l’absence de leur professeur titulaire, remplacé de manière aléatoire. Parents et enfants ont organisé une "classe de rue" devant l’
Inspection académique pour dénoncer le manque criant de remplaçants. Une situation loin d'être unique en Île-de-
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France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "La Quotidienne Société". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité Munis de chaises d'école, des parents d'élèves et leurs enfants âgés de 8 à 9 ans se sont donné rendez-vous ce mardi matin devant l'école élémentaire Jeanne d'Arc avant de prendre la direction de l'
Inspection académique pour y organiser une manifestation symbolique et insolite. Une "classe de rue" pour dénoncer le manque de professeurs remplaçants dans l'une des classes de leur école.Voilà trois mois que ces élèves de CM1 subissent une situation scolaire jugée "chaotique" par ces parents mobilisés. Le professeur titulaire de leur classe est absent et il n’est remplacé que de manière épisodique et aléatoire."Les enfants voient des têtes différentes, doivent se réadapter, ont des professeurs qui n’ont pas du tout les mêmes méthodes. Et ça contribue finalement à un déséquilibre. Il n'y a aucune continuité pédagogique", déplore
Claudia Guichard, mère d'un élève. "Dernièrement, on a eu un remplacement pendant trois semaines. Brutalement il a dû être affecté à une autre école et on ne connaît pas la raison", s'indigne-t-elle. Les parents d'élèves devant l'
Inspection académique dans le 5e arrondissement. • ©
Jean Forneris France TV Devant les portes closes de l'
Inspection académique dans le 5e arrondissement, la "classe de rue" improvisée prend forme sur le trottoir. Sous le regard attentif de leurs parents, une douzaine d'élèves, assis sur leurs chaises disposées en rangées, brandissent sagement des ardoises scolaires. "On veut un remplaçant !" peut-on y lire. "On n'a plus de maître et c'est plus possible. On est très déjà trop en retard dans notre programme", explique
Camille, élève de CM1. "On s'ennuie et quand on est dispersé dans les classes, on est jamais avec nos copains", souligne amèrement
Liliana."On sollicite l'
Inspection académique depuis le mois de janvier et en fait, on n'a jamais de réponse. On voit nos enfants comme ça s'enfoncer et qui se sentent de plus en plus mal", regrette ce parent d'élève."Sur les bases actuelles de leur programme, ils n'ont fait qu'une moitié d'année scolaire. Ils n'ont pas encore eu une leçon d'histoire de l'année. C'est dire la vacuité pédagogique dans laquelle on les laisse et ça c'est insupportable. Pas une seule leçon d'histoire. On est dans une démocratie et c'est central pour comprendre le monde. Pour nous parents, c'est insupportable", dénonce-t-il.Sollicitée, l'
Inspection académique n'a pas pour l'instant répondu à notre demande d'entretien.En l'absence d'un enseignant attitré, les élèves de CM1 de l'école Jeanne sont répartis par groupe dans d'autres classes les surchargeant un peu plus. À l'école Elémentaire Clémenceau A au Perreux-sur-Marne dans le Val-de-Marne, un scénario similaire se joue.Depuis le 16 janvier, une maîtresse titulaire de la classe de CE2 est absente pour maladie. Après trois semaines de remplacement avant les vacances d’hiver, les 27 élèves de cette classe se retrouvent sans encadrement pédagogique. Un remplacement de trois jours est bien prévu cette semaine, mais au-delà, les parents sont encore dans l'incertitude.Des enfants commencent à être déjà tous démotivés d'aller à l'écoleCheida André, parent d'élève"Il n'y a pas de cours, pas de pédagogie. Moi, j’habite au Perreux-sur-Marne et je travaille à
Paris. Je ne peux pas consacrer deux heures le soir pour faire bosser mon enfant et le faire avancer sur son programme. Je ne peux pas me substituer à l'Education nationale", explique Cheida André, mère d'un élève."On leur a dit : 'mais donnez-nous des cahiers d'activités à leur niveau pour les faire bosser". On nous dit : 'mais on n'a pas le budget photocopies'. À un moment donné, il y a quand même un problème !", s'offusque-t-elle.Ce 31 mars, les syndicats de l'Éducation nationale ont appelé à une grève générale contre les suppressions de postes, pour la revalorisation des salaires, et contre les fermetures de classes. Une classe de l'École Jeanne d'Arc du 13e arrondissement comme 151 autres à
Paris pourraient être fermées dans la capitale à la rentrée prochaine d'après le rectorat.