BFM-EconomiePublié aujourd'hui à 19h05 Lire dans l'appEnfoui à plus de 5.000 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama,
Filo del Sol apparaît comme un trésor minier colossal au cœur d’une ruée mondiale portée par les groupes
Lundin Mining et
BHP, mais dont l’exploitation, extrêmement difficile et risquée, cristallise déjà un choc entre ambitions économiques, contraintes extrêmes et enjeux environnementaux majeurs.C’est un trésor enfoui à plus de 5.000 mètres d’altitude, dans l’un des environnements les plus hostiles de la planète. À cheval entre le Chili et l’Argentine, le gisement de
Filo del Sol pourrait bien rebattre les cartes de l’industrie minière mondiale. Niché dans le désert d’Atacama, déjà considéré comme l’un des plus riches réservoirs de cuivre au monde, ce site attire aujourd’hui toutes les convoitises, comme l'explique le site Popular Mechanics.Et pour cause: le groupe canadien
Lundin Mining et l'australien
BHP pourraient avoir mis la main sur un véritable jackpot. L’estimation publiée en 2025 évoque jusqu’à 13 millions de tonnes de cuivre, mais aussi des quantités spectaculaires d’or et d’argent. Un pactole bien supérieur aux attentes initiales, au point de parler d’un gisement cinq fois plus riche que prévu.Surtout les foreurs ont fait une découverte clé: les profondeurs du site regorgent de métal. Les 400 nouveaux forages ont mis en évidence une minéralisation bien plus dense que celle observée en surface. Autrement dit, plus on creuse, plus le trésor s’épaissit. Et les géologues n’ont pas encore fini d’explorer les limites du site."
Filo del Sol est l'une des découvertes les plus importantes de ces 30 dernières années et une aventure extraordinaire pour tous ceux qui y ont participé, a déclaré
Jack Lundin, PDG de
Lundin Mining, dans un communiqué de presse. L'estimation initiale des ressources minérales a mis en évidence le potentiel de l'un des projets de cuivre à ciel ouvert non exploités les plus riches au monde et de l'une des plus importantes ressources mondiales d'or et d'argent."Bref, une mine à ciel ouvert hors norme, avec en prime des réserves massives d’or et d’argent. Une combinaison rare, qui place déjà le site au cœur des stratégies industrielles globales.Milei est intéresséMais ce trésor a un prix. Et pas seulement financier. Car accéder à
Filo del Sol relève de l’expédition. À près de 5.000 mètres d’altitude, l’oxygène se raréfie de moitié. Le froid est mordant, les vents sont violents, et les conditions météo peuvent basculer en quelques heures. Le mal des montagnes guette les travailleurs, les machines perdent en performance, et chaque opération devient un défi logistique, comme l'explique l'AFP. Acheminer du matériel lourd nécessite des infrastructures quasi inexistantes, sur des terrains escarpés et instables.À ces contraintes s’ajoute un autre enjeu majeur: l’environnement. L’exploitation de ce trésor andin pourrait fragiliser un écosystème déjà sous pression. Les glaciers, qui alimentent en eau une grande partie de l’Argentine,sont directement menacés. Or, l’industrie minière est extrêmement gourmande en eau. Un paradoxe de taille à l’heure où ces métaux sont justement indispensables à la transition énergétique.Les industriels tentent de verdir leur image, avec des projets d’alimentation en énergie renouvelable pour limiter le recours au diesel. Mais les critiques persistent. Certaines ONG accusent déjà les opérateurs de contourner les lois environnementales, notamment celles protégeant les zones glaciaires.En tout cas, ce trésor ne laisse pas indifférent la présidence argentine. Sous l’impulsion du président
Javier Milei, l’Argentine accélère pour transformer son sous-sol en levier économique majeur. Avec des réformes pro-investisseurs et le dispositif RIGI, qui offre des avantages fiscaux sur 30 ans, Buenos Aires attire massivement les géants miniers comme
BHP, Glencore et Rio Tinto. Plus de 30 milliards de dollars de projets en lice, dont les trois quarts dans les mines, avec le cuivre en tête. Au cœur de cette ruée, le district de Vicuña -qui inclut
Filo del Sol- pourrait représenter à lui seul une opportunité de près de 47 milliards de dollars d’ici 2040.