Le 1 avril 2026 à 08h10 L’entreprise du milliardaire
Larry Ellison a procédé, ce mardi, à une vague de licenciements d’ampleur. En cause : sa réorientation stratégique vers l’intelligence artificielle. Passer la publicité Passer la publicité Un e-mail laconique, envoyé aux aurores. Ce mardi 31 mars, des milliers de salariés d’
Oracle ont découvert, avec stupeur, que leur poste avait tout bonnement été supprimé. Le géant de l’informatique à distance (cloud), fondé par le milliardaire
Larry Ellison et basé à Austin (Texas), a en effet procédé à une vague de licenciements d’ampleur, qui toucherait près de 10.000 personnes selon un employé interrogé par la
BBC. L’entreprise, qui comptait 162.000 salariés en mai 2025 d’après un document déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), justifie ces départs par «les besoins actuels de l’entreprise». Le message adressé aux licenciés, révélé par
Business Insider, ne laisse aucune place à l’ambiguïté. «Après un examen attentif des besoins actuels d’
Oracle, nous avons pris la décision de supprimer votre poste dans le cadre d’une réorganisation plus large. Par conséquent, aujourd’hui est votre dernier jour de travail», peut-on y lire. Passer la publicité Les employés congédiés ont été informés que leur accès aux outils informatiques, à leur messagerie et à leurs fichiers serait désactivé dans les heures suivantes. Ils se sont, par ailleurs, vu proposer une indemnité de départ équivalente à un mois de salaire, selon la
BBC. Investissements massifs dans l’IA D’après les publications LinkedIn d’employés remerciés, les réductions d’effectifs concernent plusieurs départements :
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Oracle Health, Ventes, Cloud, Customer Success et
NetSuite.
Michael Shepard, cadre supérieur non touché par le plan, a précisé sur LinkedIn que des «ingénieurs seniors, architectes, responsables opérationnels, chefs de programme et spécialistes techniques» figuraient parmi les licenciés. Il a insisté sur le fait que cette «coupe significative des effectifs» n’était pas liée à la performance individuelle. «Les personnes concernées n’ont pas été licenciées en raison de ce qu’elles ont fait ou n’ont pas fait (...) Ceci est la fin d’un chapitre, pas de votre histoire», a-t-il ajouté. Sollicité par la presse américaine,
Oracle se refuse pour l’heure à tout commentaire. Il n’empêche, ces suppressions de postes interviennent alors qu’
Oracle investit massivement dans l’intelligence artificielle (IA). Cette année, l’entreprise prévoit de consacrer au moins 50 milliards de dollars (43,2 milliards d’euros) au développement de ses infrastructures IA. L’objectif ? «Pouvoir répondre à la demande qu’il a déjà contractée auprès de clients tels que Nvidia, Meta Platforms, TikTok, OpenAI, xAI d’Elon Musk et le fabricant de puces Advanced Micro Devices», nous apprenaient nos confrères du Wall Street Journal en février.
Oracle est par ailleurs partenaire du projet Stargate, une initiative à 500 milliards de dollars lancée aux côtés d’OpenAI, de SoftBank et de MGX, un fonds d’investissement soutenu par le président Donald Trump, et destinée à développer les capacités de centres de données aux États-Unis. Wall Street applaudit, la Silicon Valley tremble En interne, l’IA transforme déjà les méthodes de travail. «L’utilisation d’outils de codage par IA au sein d’
Oracle permet à des équipes d’ingénieurs plus réduites de fournir des solutions plus complètes à nos clients, plus rapidement», déclarait Mike Sicilia, co-directeur général d’
Oracle, au début du mois. Passer la publicité En attendant, la Bourse de Wall Street a réagi favorablement. L’action
Oracle a ainsi progressé de 2,5% mardi à la mi-journée, une éclaircie pour un titre qui a perdu plus de 27% depuis le début de l’année, note Forbes .
Oracle n’est pas un cas isolé. Ces licenciements s’inscrivent dans une tendance du secteur de la tech aux États-Unis. En janvier, Amazon avait annoncé la suppression de 16.000 postes. La conséquence d’une nouvelle stratégie consistant à «réduire les niveaux hiérarchiques et à supprimer la bureaucratie». Tandis qu’on apprenait encore la semaine dernière que Meta songeait à licencier au moins 20% de ses effectifs. La maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp - qui emploie 79.000 personnes dans le monde - chercherait à compenser l’augmentation de ses investissements en IA et à se préparer aux changements d’organisation apportés par les assistants conversationnels. «Aujourd’hui est votre dernier jour» :
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