Le 1 avril 2026 à 09h57 «Il ne peut rien me reprocher», rétorque
Bruno Retailleau à
David Lisnard, niant les accusations d’ambiguïté du maire de
Cannes. François Bouchon /
Le Figaro Le président du parti explique qu’il ne «comprend pas» la décision de celui qui vient de démissionner de LR et avec qui il partage pourtant «les mêmes convictions». «Il a créé sa boutique, je ne suis pas dupe.» Passer la publicité Passer la publicité Le maire de
Cannes David Lisnard a acté cette semaine son départ des Républicains, dont il déplore les «ambiguïtés», mais
Bruno Retailleau assure qu’il finira par revenir. «Je pense que David nous rejoindra. Nos chemins se recroiseront», a affirmé le président du parti ce mercredi au micro de
Europe1/CNews. Les deux hommes avaient rendez-vous mardi après-midi au siège des Républicains et le premier a remis sa lettre de démission au second, comme l’a révélé
Le Figaro. «C’est un ami, je ne dirai pas de mal de lui. Mais je le lui ai dit, sa décision, je ne la comprends pas», répond
Bruno Retailleau. «Je pense qu’il l’avait préparée des semaines ou des mois. Il a créé sa boutique (le parti Nouvelle Énergie, NDLR). Je ne suis pas dupe.»
David Lisnard a confirmé mardi soir sur
France 2 qu’il était désormais bien candidat à la présidentielle, expliquant claquer la porte de LR «parce que le parti n’a pas quitté tout simplement ses ambiguïtés et la macronie». Le président de l’
Association des maires de France déplore également le maintien de ministres LR au gouvernement de
Sébastien Lecornu alors que celui-ci a décidé de suspendre la «réformette des retraites». Passer la publicité «On a les mêmes convictions» «Il ne peut rien me reprocher», rétorque
Bruno Retailleau, qui nie les accusations d’ambiguïté, des arguments «prétextes», et jure n’avoir «rien à voir avec la macronie». «J’ai été un ministre de l’intérieur de combat. Un ministre qui n’a rien cédé, ni au président de la République sur l’immigration, ni sur l’
Algérie. Quand j’ai vu que le premier ministre était en train de faire des accords de boutiquier avec
Olivier Faure, je suis parti du gouvernement.» Et sur le plan de l’économie, «depuis quand n’y a-t-il pas eu un président à la tête de LR aussi libéral que moi ?», poursuit l’ancien sénateur, conscient de toucher, avec le libéralisme, une corde sensible chez
David Lisnard. «Je pense qu’on va se rejoindre, parce qu’on a les mêmes convictions», conclut-il. Il y a toutefois un grand point de divergence entre les deux hommes : le mode de départage du candidat à la présidentielle. Favorable à une primaire ouverte qui irait du centre-droit jusqu’à Sarah Knafo, le maire de
Cannes s’est insurgé contre la décision d’un bureau politique de LR de soumettre le 11 avril à ses adhérents trois options: désigner directement
Bruno Retailleau comme candidat ; passer par une primaire réservée aux adhérents; ou une primaire plus ouverte et élargie aux sympathisants. «Autant d’avis que de formes de primaires» La primaire ? «Je ne dis pas “Non, pas question”. Mais quand on me parle de primaire, je constate qu’il y a autant de gens “pour” que de gens “contre”. Et parmi les “pour”, il y a autant d’avis que de formes de primaires. C’est la zizanie !», déplore
Bruno Retailleau, qui rappelle l’«engagement» pris pendant la campagne pour la présidence de LR de faire trancher les adhérents. «C’est donc inscrit dans nos statuts, j’entends respecter cette règle démocratique. [...] On est une famille politique, il faut déjà qu’on clarifie les choses dans notre propre famille politique où il ne vous a pas échappé qu’il y a des ambitions.» S’il entend bien être investi par les siens pour la course à la présidentielle, l’ancien ministre de l’Intérieur n’en appelle pas moins à l’union, affirmant que «la France est à droite», mais regrettant que la droite «aime autant les querelles gauloises» quand la gauche a «toujours le réflexe du collectif». Union, oui, mais laquelle ? «Je suis pour l’alliance des électeurs de droite dans les urnes. Je crois en la majorité nationale. Je parle souvent de France des honnêtes gens. Je pense qu’un électeur qui a voté pour Édouard Philippe au Havre pourra parfaitement rejoindre mon projet. Un électeur qui a voté pour Robert Ménard à Béziers pourra aussi me rejoindre.» Et chez Renaissance, le parti présidentiel, «il y a des électeurs de droite». Pas question, pour autant, de se rassembler sans projet. Alors que quelque 90 personnalités politiques de droite et du centre ont appelé à «un sursaut d’unité» et à une «candidature unique» en 2020 dans La Tribune Dimanche,
Bruno Retailleau soutient que «vouloir un candidat unique simplement pour avoir comme projet de battre les extrêmes, que ce soit Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, c’est court». «Le rejet ne fait pas un projet. Ce qui est important, ce sont les idées», martèle-t-il, dans la lignée de la tribune publiée dans les colonnes du Figaro. «Nos chemins se recroiseront» :
Bruno Retailleau pense que
David Lisnard finira par le «rejoindre» S'ABONNER
Bruno Retailleau : « Un rejet ne fait pas un projet, le refus des extrêmes ne suffit pas à justifier une candidature unique » TRIBUNE - Alors que 90 élus de droite et du centre appellent à « un sursaut d’unité » et à une candidature unique, le patron des Républicains estime, au contraire, qu’« après une décennie de revirements impuissants, le temps n’est plus aux synthèses molles, mais à la rupture avec la politique de gribouille et de tambouilles qu’a été le macronisme ». Immigration : ce que prépare Édouard Philippe pour la présidentielle 2027 EXCLUSIF -
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