Dossier En Tanzanie deux rapports de commissions présidentielles, mises en place fin 2024 à l’initiative de la présidente
Samia Suluhu Hassan, confirment la volonté des autorités de déplacer les Massaï de leurs terres ancestrales du
Ngorongoro. Selon les autorités tanzaniennes, ce déplacement de population permettra une meilleure protection de l’écosystème de ce site classé au patrimoine mondial de l’
UNESCO et réputé pour sa faune exceptionnelle. Publié le : 01/04/2026 - 12:46Modifié le : 01/04/2026 - 12:47 2 min Temps de lecture Un membre de la tribu Massai se tient sur les pentes menant au volcan Ol Doinyo Lengai dans la zone de conservation du
Ngorongoro, dans le nord de la Tanzanie, le 30 août 2007. (Image d'illustration) © Joseph Eid / AFP En direct sur Youtube et face à la présidente
Samia Suluhu Hassan,
Gérald Ndika, président de la commission présidentielle sur le déplacement des Massaï du
Ngorongoro, est allé droit au but : « Les études montrent qu’à partir de l’an prochain, les gnous, antilopes et girafe pourraient disparaître de la zone de conservation du
Ngorongoro. Ces disparitions d’animaux sauvages sont liées à l’augmentation de l’activité humaine. »Les conflits entre hommes et animaux sont, selon le gouvernement tanzanien, le cœur du problème. Les deux rapports publiés pointent du doigt la population massaï dans la zone de conservation du
Ngorongoro, connue pour son fameux cratère, lieu emblématique des safaris en Tanzanie. L’un, publié ces jours-ci, concerne l’usage des terres dans la zone de conservation du site, situé au nord-est du pays. L’autre revient sur la politique de déplacement des Massaï, mise en place depuis 2021.Selon le gouvernement, cette communauté, dont la population et le bétail prennent toujours plus d’importance, met en danger les écosystèmes de la zone. Ces publications suggèrent donc de continuer les départs soi-disant volontaires des Massaï vers d’autres régions du pays.Des rapports dénoncés par des organisations des droits de l’homme. Pour
Joseph Oleshangay, avocat et défenseur de la communauté massaï dont il fait partie, « le conflit que nous avons au
Ngorongoro, à
Loliendo et dans d'autres lieux, n'a rien à voir avec la vie sauvage et le pastoralisme ». Lui, comme d’autres défenseurs des droits humains, estiment que ces évictions n’ont d’autre but que la construction d’infrastructures touristiques au cœur d’une zone connue des amoureux de safari. « Ils utilisent la conservation, la vie sauvage et la nature comme un prétexte pour faire ce qu'ils veulent et prendre nos terres », poursuit l’avocat.Fin janvier, la ministre tanzanienne des Ressources naturelles et du tourisme proclamait vouloir quasiment doubler le nombre de lits disponibles dans la zone de conservation. Selon
Joseph Oleshangay, cette politique sert « des personnes qui ont des intérêts dans le tourisme ou dans la chasse, qui veulent notre terre pour faire leur business ou construire leurs hôtels ». Le conflit que nous avons au
Ngorongoro, à
Loliendo et dans d'autres lieux, n'a rien à voir avec la vie sauvage et le pastoralisme. C'est à propos de personnes qui ont des intérêts dans le tourisme ou dans la chasse, qui veulent notre terre pour faire leur business ou construire leurs hôtels. Ils utilisent la conservation, la vie sauvage et la nature comme un prétexte pour faire ce qu'ils veulent et prendre nos terres. Nous résistons mais la Présidente veut nous voir partir, donc quiconque allait se pencher sur ce sujet allait par extension dans le sens des intérêts de la Présidente. Personne n'est tenu responsable, on ne peut pas aller en justice, on ne peut rien exposer, les médias sont contrôlés et il n'y a pas d'opposition. 00:48
Joseph Oleshangay, avocat et défenseur de la communauté massaïÉlodie Goulesque