Aucun des 31 pesticides étudiés dans leurs recherches n'était classé comme cancérogène avéré par l'OMS. Pourtant, au terme de six années de recherches, ils ont constaté que "le risque de développer un cancer était en moyenne 150% plus élevé" dans les zones où les habitants étaient plus exposés à leur dispersion. Un agriculteur répand des pesticides sur un champs d'oignons au Pérou. (Milton Rodriguez / Moment Unreleased RF / VIA GETTY) Une nouvelle étude scientifique, publiée mercredi 1er avril dans la revue
Nature Health et que franceinfo a pu consulter, révèle "un lien solide entre l’exposition aux pesticides agricoles présents dans l’environnement et le risque d’apparition de cancers". Cette étude est le fruit d'années de travail de chercheurs français et péruviens. Ils ont d'abord choisi un terrain d'étude, le Pérou, un pays "marqué par une agriculture intensive dans certaines régions, une grande diversité de climats et d’écosystèmes, ainsi que de fortes inégalités sociales et territoriales", expliquent les auteurs de cette étude. "Le cancer y est devenu une priorité de santé publique et les niveaux de contamination corporelle par les pesticides sont préoccupants."Les chercheurs ont modélisé la dispersion de 31 pesticides dans l'environnement pendant six ans, ce qui permet d'avoir une cartographie particulièrement précise des risques d'exposition à ces substances. Ils ont ensuite croisé cette carte avec les données de 150 000 patients atteints de cancer et "diagnostiqués entre 2007 et 2020". Les scientifiques ont pu identifier des zones "où les populations sont à la fois plus susceptibles d’être exposées aux pesticides dans l’environnement et davantage touchées par certains cancers". "Dans ces territoires, le risque de développer un cancer était en moyenne 150% plus élevé", atteste l'étude."C’est la première fois que l’on peut relier, à l’échelle nationale, l’exposition aux pesticides et des perturbations biologiques suggérant un risque accru de cancer", explique
Stéphane Bertani, directeur de recherche en biologie moléculaire à l’
Institut de recherche pour le développement (IRD), au sein du laboratoire Pharma-Dev (
Université de Toulouse). C'est la première étude à montrer un tel lien en conditions réelles.En général, on examine chaque pesticide, un à un séparément, afin de fixer des seuils de dangerosité et les risques sur la santé. Or, cette étude prend en compte les différentes substances auxquelles nous pouvons être exposées dans notre environnement, ce qui représente une nouveauté. Les résultats remettent donc en question "les approches toxicologiques classiques, basées sur l’évaluation de substances isolées et la fixation de seuils considérés comme sûrs. Ils montrent l’importance de prendre en compte les mélanges de pesticides, l’exposition environnementale et les contextes socio-écologiques réels", insistent les chercheurs. Cette méthodologie permet de prendre en compte ce qu'on appelle "l'effet cocktail" ou comment plusieurs substances peuvent interagir entre elles et provoquer des effets nocifs supplémentaires.Aucun des 31 pesticides étudiés dans ces recherches n'est classé comme cancérogène avéré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), mais les résultats montrent pourtant bien un lien avec l'apparition de cancers. Les résultats de cette étude doivent amener la communauté scientifique et les autorités sanitaires à réévaluer la manière dont nous évaluons les risques de nos jours. Les auteurs appellent à revoir les politiques publiques sur les pesticides au Pérou. Mais cela peut aussi s'appliquer en
France, parce que cet effet cocktail n'est pas aujourd'hui suffisamment pris en compte.Les analyses à l'échelle moléculaire menées chez des Péruviens montrent que les pesticides perturbent le fonctionnement des cellules, la manière dont s'expriment nos gênes (notre ADN), et donc la manière dont la cellule fait son travail. Les scientifiques parlent "d'altérations biologiques" qui apparaissent avant le développement d'un cancer, une altération "silencieuse" selon leur mot, ce qui rend les cellules plus vulnérables. "Des horreurs, des faits graves, on ne s'habitue jamais à cela", confie Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur Coupe du monde 2026 : sans l’Italie mais (peut-être) avec l’Iran "Désastre", "malédiction"... l'Italie à nouveau privée du Mondial de football Images impressionnantes d'un mur de sable au Sahara Propos racistes sur CNews : le maire de Saint-Denis appelle à un rassemblement Bruno Retailleau - "La droite est plus individualiste que la gauche. Nous, on est querelleurs" Deliveroo, Uber eats : les chiffres chocs sur la santé des livreurs Israël : une peine de mort pour les "terroristes" palestiniens Elle a eu un faux conseiller bancaire au téléphone Tout juste élu, le maire de Carcassonne retire les drapeaux européens de la mairie Une femme meurt après une injection esthétique clandestine L'Eurovision lance une déclinaison du concours de chanson, Eurovision Asie, qui sera diffusé en novembre prochain "Personne ne fait une transition pour faire du sport à haut niveau", clame Julie Tétart, basketteuse à Monaco Céline Dion : "Ce n’est pas forcément mon style de musique, mais je comprends que beaucoup l’apprécient", répond Sophie Binet Attentat déjoué : le commanditaire présumé interpellé Casques bleus tués dans des bombardements au Liban L'émotion de Thomas Jolly après l'annonce du grand retour de Céline Dion La joie des fans après l'annonce du retour de Céline Dion