Réuni autour de
Sébastien Lecornu, le gouvernement veut financer l’électrification grâce aux recettes des carburants, une stratégie vivement critiquée par
40 millions d’automobilistes qui dénonce une fiscalité écrasante, tandis que l’exécutif reconnaît qu’une hausse des prix de l’énergie dégrade à la fois l’économie et les finances publiques.Réuni ce mercredi 1er avril autour du Premier ministre
Sébastien Lecornu, le gouvernement tente d’apporter des réponses à la flambée des prix des carburants, qui continue de peser lourdement sur le budget des ménages.
Matignon a donné "instruction" mercredi à ses ministres d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures importés, en suggérant notamment de les financer par les "surplus" de recettes fiscales sur les carburants.Mais pour l’association
40 millions d’automobilistes, qui représente les usagers de la route, c'est une confirmation que l'Etat engrange des recettes fiscales supplémentaires. "Nous l’avions dit il y a un mois: si rien n’était fait sur la fiscalité, les automobilistes seraient les premiers à payer la facture, affirme le porte-parole de l'association
Pierre Chasseray. Les annonces de
Sébastien Lecornu confirment malheureusement que nous avions raison. Il est temps d’engager une refonte totale de la fiscalité sur les carburants: on ne peut pas continuer à écraser les Français de taxes!"Parmi les pistes envisagées, le gouvernement réfléchirait à utiliser les recettes fiscales supplémentaires liées à la hausse des carburants pour financer un plan d’électrification, notamment via des offres de location de véhicules électriques destinées à certaines professions fortement dépendantes de leur voiture. Une orientation qui suscite de vives critiques."Une fois de plus, le gouvernement empile des dispositifs absurdes mais ignore complètement la majorité des Français", déplore
Philippe Nozière, qui dirige l'association d’automobilistes. Selon lui, ces mesures ne permettront pas de faire baisser les prix à court terme, alors que c’est la priorité des ménages.Le porte-parole de l’association se montre encore plus critique face aux annonces gouvernementales, notamment celles visant certaines professions.Un impact négatif sur les finances publiques"Dire à des aides-soignantes qu’elles n’ont qu’à louer un véhicule électrique montre à quel point le gouvernement est déconnecté de la réalité du quotidien des automobilistes, s'agace-t-il dans un communiqué. En ce 1er avril, on a presque l’impression d’assister à un nouveau poisson d’avril signé
Sébastien Lecornu."Enfin,
40 millions d’automobilistes alerte sur les conséquences économiques d’un statu quo. Une fiscalité trop élevée pèserait directement sur le pouvoir d’achat, mais aussi sur la consommation et la croissance. L’association appelle ainsi à une refonte en profondeur de la fiscalité des carburants, estimant que l’inaction pourrait coûter bien plus cher à l'économie française à moyen terme.Du côté du ministère de l’Action et des Comptes publics on reconnaît que "pour l’État comme pour la France, une hausse du pétrole est une mauvaise nouvelle car elle pénalise l’économie et l’activité."Mais "l’expérience nous apprend que chaque choc sur les prix de l’énergie s’est traduit par une dégradation des finances publiques", assure-t-on.Autrement dit, il n'y a pas de "cagnotte cachée". Cet impact négatif sur les finances publiques s’explique par la baisse des recettes liée au ralentissement économique -malgré un effet temporairement positif de la TVA sur les carburants - et par la hausse des dépenses, notamment sociales, de chômage et de charge de la dette sous l’effet de l’inflation."Comme déjà annoncé, nous allons faire la transparence totale sur l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur l’économie et les finances publiques dès le prochain comité d’alerte sur les finances publiques, prévu le 21 avril, en rendant publiques les estimations d’impact de la hausse des prix de l’énergie sur la croissance économique, les recettes, les dépenses et le déficit", assure le ministère.