Un décret paru ce mercredi au
Journal officiel augmente, à compter du 2 avril, de 50% le montant restant à la charge des bénéficiaires d’une formation financée via le compte personnel de formation (CPF).Vous former ou vous reconvertir vous coûte désormais plus cher. Un décret paru ce mercredi au
Journal officiel augmente, à partir du 2 avril, de 50% le montant restant à la charge des actifs souhaitant suivre une formation financée par leur compte personnel de formation (CPF). La somme restant à leur charge s'élève donc à 150 euros.Cette mesure émane de la dernière loi de finances pour 2026, votée en février par le
Parlement après d’âpres débats qui ont retardé son adoption (en temps normal, les textes budgétaires sont examinés puis promulgués avant le 1er janvier).Pour rappel, ce reste à charge, aussi appelé "participation forfaitaire", a initialement été mis en oeuvre depuis le 2 mai 2024 - avant les actifs pouvaient suivre une formation financée à 100% par leur CPF, s'ils avaient les fonds suffisants.D'un montant de 100 euros à l'origine, cette somme indexée sur l'inflation, et donc revalorsiée tous les 1er janvier de quelques euros. Ainsi, avant d'être portée à 150 euros ce mercredi, la participation forfaitaire des bénéficiaires d'une formation financée par le CPF avait déjà augmenté en début d'année 2026, passant de 102,23 à 103,2 euros.250 millions d'euros d'économies visées sur la formationCe n'est pas la première fois que le
Gouvernement serre la vis sur le CPF. Dans l'objectif de réaliser pas moins de 250 millions d'euros d'économies, il a également mis en oeuvre un plafonnement des fonds mobilisables pour financer une formation.Un décret paru le 25 février dernier au
Journal officiel plafonne ainsi à 1.500 euros le financement de formations enregistrées au répertoire dit "spécifique": comme les langues étrangères, la soudure, les habilitations requises pour l'exercice d'un métier ou les certifications informatiques transversales par exemple. Pour les actifs en quête d'une reconversion professionnelle, le financement du bilan de compétences est désormais plafonné à 1.600 euros. De même, la prise en charge du permis de conduire via les fonds du CPF ne peut excéder 900 euros.CPF: pourquoi le
Gouvernement souhaite-t-il réduire le financement des bilans de compétences?2:45Et ce, alors même que chaque année, les titulaires d'un compte CPF, qui travaillent au moins à temps partiel, voient leur compte crédité de 500 euros, dans la limite d'un plafond fixé à 5.000 euros. Le compte CPF est même alimenté de 800 euros par an, dans la limite de 8.000 euros au total, pour les salariés moins qualifiés ou souffrant d’un handicap.Autrement dit, même si vous avez les fonds nécessaires sur votre compte CPF pour financer l'intégralité d'une formation du catalogue, si son prix excède les plafond mis en oeuvre par décret, alors il vous faudra régler vous-même la différence.Prenons l'exemple d'un salarié qui souhaite améliorer son anglais et dispose de 3.500 euros sur son CPF. Il choisit une formation au tarif de 2.000 euros. En raison du plafonnement des fonds mobilisables, le financement via le CPF s'élève à 1.500 euros, ce qui laisse un reste à charge final de 500 euros pour le salarié. À noter que cette somme inclut la participation forfaitaire de 150 euros.En revanche, si la formation en anglais était moins onéreuse, par exemple à 1.200 euros, alors le financement via le CPF s'élèverait à 1.050 euros. Dans ce cas-ci, le tarif n'excède pas le plafond, certes, mais le salarié doit malgré tout s'acquitter des 150 euros de participation forfaitaire.