L’Italie, battue aux tirs au but par la Bosnie-Herzégovine mardi, va manquer une
Coupe du Monde pour la troisième fois consécutive. Publié le 01/04/2026 17:28 Mis à jour le 01/04/2026 17:31 Les joueurs italiens abattus après leur défaite aux tirs au but en match de qualification pour la
Coupe du Monde, contre la Bosnie-Herzégovine, le 31 mars 2026. (EMMANUELE MASTRODONATO / AFP) Le ciel est de nouveau tombé sur la tête des Italiens. Après le troisième échec aux portes du Mondial de la Squadra Azzurra, "une catastrophe loin d’être imprévisible, qui semble être devenue la norme" selon la Gazzetta dello Sport, le football italien doit faire son introspection. "Ce résultat négatif n'est pas dû à une erreur individuelle, à un but manqué, à un carton rouge non sifflé, ni à la malchance. Il indique que les fondements, les règles, les procédures ou la mentalité qui sous-tendent le projet sont défaillants", pointe le Corriere dello Sport. "Depuis une quinzaine d’années, il y a une forme de léthargie, observe auprès de franceinfo: sport
Andrea Chazy, journaliste spécialiste du football italien pour So Foot, auteur du dossier "Alerte Nazionale" publié en mars dans le magazine. Que ce soit au niveau des infrastructures, avec des stades qui commencent à être retapés en vue de l’Euro 2032 mais qui ne l’avaient pas été depuis le Mondial 1990. Mais aussi au niveau du jeu qui est proposé, qui est un jeu dépassé et sans idée. Sauf que 90% des joueurs de l’équipe nationale viennent de
Serie A, et si le championnat est faible, la sélection l’est aussi"."Notre philosophie est de bien défendre en espérant qu’il se passe quelque chose devant : mais c’est comme ça depuis 15 ans maintenant, déplorait l’ancien milieu de terrain italien
Antonio Cassano en mars, dans une interview au Corriere Della Sera. Cela ne fonctionne plus, le football a considérablement évolué. Et au-delà des grandes équipes, nous sommes également derrière les Pays-Bas, le
Portugal, la Norvège et l’
Uruguay".Selon les suiveurs du foot italien, le problème débute dès la formation des joueurs. "L’Italie n’a pas trouvé de solution à la disparition du foot de paroisse, qui a construit les champions italiens quand ils étaient enfants, laissés sous la surveillance des curés et qui jouaient au foot toute la journée. La religion est moins présente aujourd’hui et il y a moins de foot de rue", explique
Andrea Chazy. Et une fois dans les centres de formation, "le football est resté bloqué dans les années 1990", affirmait Nemanja Matic, joueur serbe passé par l’AS Rome et qui évolue aujourd’hui à Sassuolo, à la Gazzetta dello Sport mi-mars. "Je l’ai constaté avec mon fils : en Angleterre et en France, les centres de formations sont bien plus performants. On y apprend à s’amuser, à dribbler, on y développe sa technique. La tactique est importante certes, mais elle a une influence excessive en Italie. Beaucoup d’équipes jouent avec une défense à trois et n’attaquent pas beaucoup", déclarait-il par ailleurs. "Les coachs ne laissent pas de place à l’instinct des gamins et ils se retrouvent avec des joueurs offensifs stéréotypés, pas créatifs, qui ne font plus de différence", ajoute
Andrea Chazy. L’Italie dispose pourtant d’un bon vivier, avec une équipe U20 vice-championne du monde en 2023, et une équipe U17 championne d’Europe en 2024. Mais ces jeunes joueurs ne trouvent ensuite pas leur place dans les équipes de
Serie A. Sur les 21 finalistes du Mondial U20 de 2023, seulement neuf évoluent aujourd’hui en première division italienne. Et deux ont été appelés en équipe nationale A : Pio Esposito et Niccolo Pisilli.Le cas de Samuele Ricci, titulaire contre la France lors de la victoire italienne à Paris en septembre 2024, est assez symptomatique du foot italien. Joueur prometteur du Torino, il a été recruté par l’un des clubs de premier plan, l’AC Milan, où il passe désormais la majorité des rencontres sur le banc car la formation lombarde a également recruté Luka Modric et Adrien Rabiot à son poste."Chez les dirigeants italiens, il y a tout un processus pour qu’un jeune puisse jouer en
Serie A. Il faut d’abord être passé par la Serie C, la Serie B… Alors qu’en France, un Désiré Doué ou un Kylian Mbappé ont débuté en Ligue 1 à 16 ans, ça n’arrive jamais en Italie, souligne
Andrea Chazy. Le foot italien a été habitué à attirer les stars quand il était le championnat de référence, et ils n’ont pas fait le deuil de cela. Plutôt que d’essayer de créer eux-mêmes des stars, ils s’attachent à faire venir des stars en fin de carrière, comme Luka Modric ou Kevin De Bruyne".Manager général de l’Inter Milan en 2023, Giuseppe Marotta déclarait à l’époque : "Avec seulement des jeunes, on ne gagne rien". Résultat de ce manque de confiance envers la jeune génération : en 2022, la
Serie A était le championnat européen avec le moins de joueurs formés au club parmi les effectifs de ces clubs (8,4%). En parallèle, le pourcentage de joueurs étrangers ne cesse de grimper dans le championnat italien, avec 68,5% en 2025-2026 (contre 62% en France). Symbole de ce football italien en déclin : le club de Côme, quatrième du classement actuel de la
Serie A, en lice pour se qualifier pour la Ligue des champions, ne fait jouer aucun joueur transalpin, à l’exception d’Edoardo Goldaniga, qui n'a disputé que 14 minutes de jeu depuis le début de la saison.4 - List of players born in
Italy who have appeared in a World Cup match over the last 10 years:Marcus Thuram 🇫🇷Nicola Zalewski 🇵🇱Thiago Alcántara 🇪🇸Walid Cheddira 🇲🇦Basta. pic.twitter.com/HwW7u2K62w— OptaJean (@OptaJean) April 1, 2026 Et l’Italie, qui compte moins de joueurs binationaux que la France ou l’Espagne, manque les occasions d’en attirer certains pour garnir les rangs de la Squadra Azzurra. "Récemment, il y a eu le cas de Nicolo Tresoldi, l’attaquant de Bruges, qui pouvait choisir entre plusieurs sélections, dont l’Allemagne et l’Italie. Ce n’est pas non plus le crack de l’année, mais c’est une révélation en Ligue des champions [3 buts en C1, 13 buts en championnat belge]. Il a affirmé qu’il n’avait même pas été contacté par la fédération italienne, alors que le foot italien ne regorge pas de buteurs. Donc il y a aussi des failles dans le repérage de ces joueurs", note
Andrea Chazy.Pour tenter de mettre fin à cette mauvaise blague pour le football italien, le ministre des Sports Andrea Abodi a demandé, mercredi 1er avril, un "renouvellement de la direction de la FIGC" (la Fédération italienne de football). Les Italiens frappés par la malédiction du Mondial
Coupe du Monde 2026 : sans l’Italie mais (peut-être) avec l’Iran "Désastre", "malédiction"... l'Italie à nouveau privée du Mondial de football "Personne ne fait une transition pour faire du sport à haut niveau", clame Julie Tétart, basketteuse à Monaco 1 pays, 3 équipes : l'effectif français impressionne Vente du Parc des Princes : "Nous souhaitons clôturer les discussions au plus tard à la fin de l'été", assure Emmanuel Grégoire, maire de Paris Une course de chaises de bureau, en relais, au Japon Le champion du monde Ilia Malinin embrase le gala des Mondiaux de patinage artistique Majestueux ! Fournier Beaudry et Cizeron sacrés champions du monde de danse sur glace Les supporters du Sénégal revendiquent et fêtent la victoire à la CAN au Stade de France Le Sénégal, déchu, présente son titre de champion d'Afrique au Stade de France Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry brillent et battent leur record sur la danse rythmique aux Mondiaux Traversée des Alpes : le projet fou d'un champion hors normes Les réactions des Bleus après leur victoire sur le Brésil Il marque 106 points dans un match de basket, dont 33 paniers à 3 points Visite de l'hôtel des Bleus à Boston, avant la
Coupe du Monde Mondial 2026 : la Nouvelle-Calédonie à deux matchs d'une qualification historique Lou Jeanmonnot et la Fédération de la lose, un divorce heureux Patinage artistique : comment apprend-on les sauts ? Le président Volodymyr Zelensky a reçu les athlètes ukrainiens médaillés aux Jeux paralympiques de Milan Cortina Kylian Mbappé : "toutes les rumeurs sur ma blessure, c'était bidon !" Esports Nation Cup : la
Coupe du Monde des jeux vidéo Préparer son "summer body", est-ce bien conseillé ? Les athlètes français pensent-ils déjà aux Jeux de 2030 ? Saut Hermès : dans les coulisses d’un ballet d’exception Les athlètes français pensent-ils déjà aux Jeux de 2030 ?