Comme le révélait
France 3 Champagne-Ardenne, le médecin, qui possédait un cabinet à
Reims (
Marne) et un à
Saint-Quentin (
Aisne), aurait abusé de plusieurs de ses patientes. Il a été mis en examen ce mercredi 1er avril et placé en détention provisoire. De la vie quotidienne aux grands enjeux, recevez tous les jours les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "La Quotidienne Société". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité Les enquêteurs de la police judiciaire de
Reims (
Marne) ont contacté l'ensemble des 665 patientes identifiées du Dr
Brahim Kharij. Et le portrait qui se dégage du psychiatre fait froid dans le dos. Âgé de 51 ans, il a été arrêté ce lundi 30 mars à la mi-journée et placé en garde à vue par les enquêteurs à l’hôtel de police de
Reims. Deux jours après, il a été mis en examen pour un viol, cinq faits d'agression sexuelle et dix faits de harcèlement sexuel.
Brahim Kharij possédait un cabinet à
Reims et exerçait également à l’Etablissement de santé mentale de la cité des Sacres. L'enquête a débuté il y a plusieurs mois, le 12 mai 2025, après un signalement de l’ordre des médecins de la
Marne à la justice, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale.Une enquête a ensuite été ouverte. Il s'agit alors de faits de nature sexuelle sur au moins cinq patientes, "dont un fait pouvant être qualifié de viol" , selon le procureur de la République de
Reims,
François Schneider. "Le 28 août 2025, une autre plainte était déposée auprès des gendarmes de
Reims" class="entity-link entity-location" data-entity-id="87600" data-entity-type="location">Witry-lès-
Reims pour des faits d’agression sexuelle de la part de ce même praticien, évoquant un baiser forcé dans le cou, ce qui était confirmé par une amie de la plaignante, qui indiquait que celle-ci lui avait confié être régulièrement victime de tels faits, ainsi que de caresses sur les fesses et le dos sans consentement."Lorsqu’elle se réveillait, elle était victime d’un viol par ce même médecin.
François Schneider, procureur de la République de
Reims Les 665 patientes sont alors contactées. "Certaines parlaient d’avances qui leur avaient été faites, de caresses dans le dos et sur les cuisses non consenties. D’autres évoquaient un discours sexualisé avec des compliments sur leur physique parfaitement déplacés, leur posant de nombreuses questions sur leur sexualité"."À une reprise, il a proposé à une patiente des services de chirurgie esthétique dans la clinique qu’il possèderait au Maroc, et plusieurs patientes se voyaient prescrire des médicaments de type anxiolytiques, hypnotiques ou antidépresseurs, à forte dose et sans justification médicale, ceux-ci ayant de graves effets sur leur quotidien, ce qui les poussait d’ailleurs à arrêter d’elles-mêmes", écrit le procureur.Encore plus grave, une patiente expliquait "avoir fréquenté le cabinet de ce praticien, subissant l’attitude ambiguë dans ses propos et ses gestesi. Lors d’une consultation tardive, elle expliquait que le médecin lui aurait fait prendre un anxiolytique, qui l’avait fait se sentir mal, puis perdre conscience, et lorsqu’elle se réveillait, elle était victime d’un viol par ce même médecin." Les faits reprochés à
Brahim Kharij se déroulaient dans son cabinet. • © Laurent Vilain,
France Télévisions Le mis en cause nie en bloc l'ensemble des faits qui lui sont reprochés. Les investigations vont également se poursuivre à
Saint-Quentin, dans l'
Aisne, où
Brahim Kharij possédait un autre cabinet, aujourd'hui fermé.Sur internet, les avis laissés sur le psychiatre laissent entrevoir une personnalité pour le moins trouble. "Je suis mineur, et il a fait des allusions sexuelles à mon père, et bien d'autres choses. N'y allez pas, c'est horrible", note l'un d'eux. "Pose des questions extrêmement déplacées sur ma sexualité lorsque ce n'est pas le sujet, parle tout seul sans me laisser dire ce que j'ai sur le cœur, pose un "diagnostic" (faux évidemment) au bout de 15 min de conversation seulement et un traitement médicamenteux non adapté", écrit un autre.Une troisième patiente évoque son recours abusif aux médicaments : "son attitude tout au long de la consultation était également condescendante et dédaigneuse. Il semblait pressé de prescrire des médicaments de manière automatique et standard classifiés "Stupéfiant", sans tenir compte des effets secondaires ou de l’adaptation nécessaire aux besoins de chaque patient afin de les faire revenir régulièrement pour des recharges de médicaments potentiellement addictifs."Plus troublant encore, ce témoignage d'une quatrième patiente : "Durant ce RDV, il me demande des détails très déplacés sur ma vie intime (détails bien précis, fantasmes, etc.) et me demande si à l’instant T j’ai envie « de le séduire, de le prendre dans mes bras, de l’embrasser ou si je me vois avoir un rapport intime avec lui » et si j’étais même attirée par des personnes de son âge (nous avons minimum 20 ans de différence : je pourrais être sa fille)".
Brahim Kharij se retrouvera de nouveau devant la justice le mercredi 8 avril pour un débat contradictoire sur son maintien ou non en détention provisoire.