La Bolivie a repris ses enquêtes conjointes avec l'agence antidrogue américaine (DEA) sur des affaires de narcotrafic, après dix-huit ans d'interruption, selon
Ernesto Justiniano, vice-ministre bolivien chargé de la lutte antidrogue. Publié le : 02/04/2026 - 08:39Modifié le : 02/04/2026 - 08:42 3 min Temps de lecture Le trafiquant de drogue présumé uruguayen
Sebastian Marset (3e à gauche) marchant après son arrestation par des agents de la DEA à l'aéroport Viru Viru de
Santa Cruz, en Bolivie, le 13 mars 2026. © Handout / Secretaria Nacional Antidrogas
Paraguay (SENAD) / AFP En Bolivie, le président bolivien de centre droit
Rodrigo Paz, arrivé au pouvoir en novembre après vingt ans de gouvernements socialistes, a opéré un virage radical de la politique extérieure bolivienne, renouant avec l'administration de
Donald Trump à des fins économiques et sécuritaires. C'est en 2008 que le président de gauche
Evo Morales (2006-2019) avait rompu les relations avec les Etats-Unis et expulsé les agences de coopération américaines, accusant Washington de soutenir un supposé complot contre son gouvernement. « Avec la DEA, nous menons des enquêtes, nous échangeons des informations », a déclaré l'actuel vice-ministre de la Défense sociale,
Ernesto Justiniano. « Nous espérons désormais que (les agents de la DEA) pourront de nouveau disposer d'un bureau permanent » en Bolivie, même si « c'est comme s'ils y étaient déjà, car il existe un travail conjoint et des enquêtes conjointes », a-t-il ajouté. En mars, le gouvernement bolivien a adhéré au
Bouclier des Amériques, une initiative des États-Unis visant à renforcer la coopération avec les pays d'Amérique latine et des Caraïbes dans la lutte contre la criminalité transnationale.
Donald Trump avait invité en Floride les présidents de droite de la sous-région afin, selon la terminologie officielle de la Maison Blanche de « rétablir la prééminence américaine sur l’hémisphère occidental ». Une initiative qui intervenait juste avant un déplacement - finalement reporté - de
Donald Trump à Pékin. À écouter aussi«
Bouclier des Amériques»: Washington veut réaffirmer «sa place dans la région» Arrestation du narcotrafiquant
Sebastian Marset Les premiers résultats de cette initiative se sont manifestés quelques jours plus tard, lorsque la police bolivienne, en coopération avec les États-Unis et des pays voisins, a arrêté à
Santa Cruz le narcotrafiquant uruguayen
Sebastian Marset, l'un des plus recherchés de la région. Âgé de 34 ans, il était en fuite en Bolivie depuis 2023. Arrêté une première fois en 2013 en
Uruguay, Marset y a purgé une peine jusqu'en 2018. Il est localisé ensuite au Moyen-Orient, se retrouve détenu en 2021 à Dubaï, parce qu'il voyage avec un faux passeport paraguayen. Fin juillet 2023, il est de retour en Amérique latine, à
Santa Cruz, dans l'est de la Bolivie, et le gouvernement lance alors une vaste opération policière pour tenter de le capturer. Mais le criminel réussit à échapper au raid des forces de sécurité avec sa famille et, dès lors, il tourne les autorités boliviennes en ridicule, rapportait alors notre correspondante à La Paz, Camille Bouju. Et ce, notamment, parce qu'il déclare avoir été prévenu, sûrement par les autorités elles-mêmes, pour prendre la fuite. Le département américain de la Justice, qui le soupçonne de blanchiment d'argent, offrait deux millions de dollars pour toute information menant à sa capture. Il est soupçonné par les autorités américaines d'avoir dirigé un réseau ayant acheminé au moins 16 tonnes de cocaïne vers l'Europe. M. Marset a été remis le jour même de son arrestation à des agents de la DEA, qui l'ont transféré par avion aux États-Unis, où il doit être jugé. L'initiative « fonctionne (...), il existe une volonté politique de travailler" de manière coordonnée, a affirmé le haut responsable bolivien. "Aujourd'hui, (...) il y a véritablement un échange », a ajouté
Ernesto Justiniano. Des tests de « fiabilité » pour les agents La Bolivie et les États-Unis poursuivent des discussions diplomatiques en vue de signer un accord comprenant le soutien de la DEA, le rétablissement des ambassadeurs et d'autres engagements de coopération. L'agence antidrogue américaine aide également le gouvernement bolivien à faire passer au détecteur de mensonges des policiers impliqués dans la lutte contre le narcotrafic. Quelque 250 agents ont déjà été soumis à ces tests de « fiabilité », selon M. Justiniano, qui n'en a pas révélé les résultats. La Bolivie est le troisième producteur mondial de coca et de cocaïne, derrière la Colombie et l'Equateur. À lire aussiLe torchon brûle entre l'Équateur et la Colombie, sur fond de lutte contre le narcotrafic Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail